Quand la Commission européenne investit dans la fibre optique en France

Fibre optique déploiement
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« L'Union européenne nous aide, voilà un élément positif » a lancé avec une pointe d'ironie Arnaud Montebourg, le ministre de l'Economie, du Redressement productif et de l'Economie numérique, en participant mercredi à la signature de la première « obligation de projet » française, soutenue par la Banque européenne d'investissement (BEI), émise par la société Axione Infrastructures qui déploie des réseaux publics de haut et très haut débit dans des régions peu peuplées (lire « Le premier « project bond » français financera du très haut débit dans les campagnes »).
La BEI apporte en effet une garantie au nom de la Commission européenne à hauteur de 20% de l'émission obligataire de 189 millions d'euros, ce qui permettra à Axione de refinancer à un taux plus avantageux la dette des réseaux d'initiative publique qu'elle exploite (Finistère, Limousin, Hautes-Pyrénées, Charente-Maritime, Loire, Nièvre, etc), pour investir dans les réseaux de demain, la fibre optique. C'est aussi le premier « project bond » européen portant sur des infrastructures numériques (lire le communiqué de la BEI).
Elle a cependant appelé la France à mettre les bouchées doubles, en rappelant que « 3 Français sur 5 n'a pas accès au très haut débit. » Une récente étude de l'Idate a placé la France au septième rang mondial en la matière. le président de l'Arcep, le gendarme des télécoms, a assuré que la moitié des foyers français devrait être éligible à au moins 30 mégabits par seconde d'ici à la fin de l'année.
Arnaud Montebourg a fait valoir que nous nous trouvons « en période de disette budgétaire » et que « la France cotise à la BEI. » Avec le ministre de Finances Michel Sapin, également présent, il a estimé que « la mobilisation des instruments européens doit être amplifiée, en France et ailleurs en Europe. » Il a d'ailleurs exprimé son souhait d'une réforme de la BEI, « des excès prudentiels de la BEI. » Mais il a salué l'action de la banque européenne dans ce « project bond », dont l'intervention, « en garantissant une partie du risque lié au projet, rend possible son financement dans de bonnes conditions. »
Concrètement, cet emprunt obligataire piloté par Natixis, qui aurait été largement sursouscrit par des investisseurs institutionnels privés et publics européens, a permis à Axione de bénéficier d'un meilleur taux qu'un simple crédit bancaire et d'une maturité plus longue (onze ans).
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Un autre « project bond » français vient d'être approuvé hier par la BEI, a annoncé Philippe de Fontaine Vive, le vice-président de la Banque européenne d'investissement : celui de la concession de l'autoroute A45 qui reliera Lyon à St-Etienne. Fasciné par cet instrument innovant qui joue sur l'effet de levier et permet ainsi de « multiplier les petits pains », Arnaud Montebourg s'est dit encouragé à « imaginer une relance de l'investissement privé sous impulsion publique ou parapublique, une grande politique d'infrastructures », évoquant ses projets de barrages, de chaînes hôtelières, d'infrastructures portuaires. « Nous allons revenir vous voir ! Nous avons des projets qui dépassent plusieurs milliards d'euros, nous sommes candidats » a-t-il prévenu. Aux yeux de Michel Sapin, ce projet représente « l'hirondelle qui annonce un grand plan d'investissement, qui nous permettra au niveau européen et dans chaque pays de mettre en œuvre cette croissance durable dont nous avons besoin. »