Présidence de l’Arcep : conseiller d’Etat contre X-Télécom ?

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Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, a dressé hier le portrait-robot du futur président du gendarme des télécoms.
Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, a dressé hier le portrait-robot du futur président du gendarme des télécoms. (Crédits : DR)
Dernière ligne droite avant la nomination du successeur de Jean-Ludovic Silicani à la tête du gendarme des télécoms, qui pourrait être annoncée aujourd’hui. L’Elysée hésiterait entre un Conseiller d’Etat, Pierre Collin, et un X-Télécom, Sébastien Soriano, tous deux membres de cabinet ministériel.

La décision pourrait être annoncée dès aujourd'hui, ou ce week-end. Le Président de la République doit désigner le successeur du président de l'Arcep, le gendarme des télécoms, le mandat de Jean-Ludovic Silicani arrivant à terme le 3 janvier. Le sujet était au cœur des discussions jeudi soir à la Sorbonne où se tenait la cérémonie de départ du président Silicani, souvent critiqué par les opérateurs, mais qui a reçu des hommages appuyés hier, de la part d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, qui a salué son « intransigeance utile », son « courage » et son « amour de la République, et à la fin c'est tout ce qui compte. » a-t-il estimé, ainsi que de la part de parlementaires Christian Paul, député PS de la Nièvre, et Bruno Retailleau, sénateur UMP de Vendée, tous deux spécialistes des sujets numériques.

Emmanuel Macron a assuré ne pas avoir « d'informations d'initié » sur l'identité du futur président de l'Arcep... mais il a tout de même dressé le portrait-robot de celui qui devra mener plusieurs grands chantiers que sont l'appel d'offres des fréquences 700 Mhz du deuxième "dividende numérique", le très haut débit mobile (la 4G) outre-mer, la régulation du très haut débit fixe, l'essor de l'Internet des objets, bref un régulateur qui devra évoluer «dans ce monde qui est mouvant.»

« Par définition, [le futur président de l'Arcep] ne vous ressemblera pas » a déclaré Emmanuel Macron en se tournant vers Jean-Ludovic Silicani. « Il devra avoir plusieurs qualités, qui sont les vôtres : comprendre le secteur des télécoms, trouver de nouvelles sources revenus pour le secteur, avoir une vision des télécoms dans l'économie numérique et une capacité de dialogue et de concertation avec l'ensemble des acteurs. »

Un fiscaliste et un techno

Cela signifie-t-il que le prochain président de l'Arcep ne sera pas conseiller d'Etat ? Ce n'est pas sûr. Selon nos informations, l'Elysée hésiterait entre deux profils, un conseiller d'Etat et un X-Télécom, soutenu par Bercy. Le conseiller d'Etat qui tiendrait la corde serait Pierre Collin, co-auteur d'un rapport très remarqué sur la fiscalité du numérique, avec le plus médiatique Nicolas Colin, rendu public en janvier 2013: il est actuellement conseiller spécial fiscalité au cabinet de Michel Sapin, le ministre des Finances.

Le X-Télécom dont le nom était sur toutes les lèvres jeudi soir à la Sorbonne est Sébastien Soriano (voir sa bio), actuel conseiller spécial de Fleur Pellerin, la ministre de la Culture et de la Communication, dont il était le directeur de cabinet à l'Economie numérique l'an dernier. Egalement ingénieur en chef du Corps des Mines, il connaît bien le secteur et l'Arcep, où il a dirigé l'unité Marchés mobiles puis la régulation haut débit, avant de rejoindre l'Autorité de la Concurrence. Il a d'ailleurs le soutien de Bruno Lasserre, le président du gendarme de la concurrence, la référence des régulateurs Son seul handicap serait la (relative) jeunesse (39 ans), vue comme un point fort au contraire par certains proches du pouvoir !

D'autres noms continuent de circuler cependant : celui de Pascal Faure (51 ans), X-télécom et ingénieur général des mines, actuellement directeur général des entreprises depuis septembre 2014, à la carrière bien remplie de l'ex-CNET de France Télécom (sécurité, cryptologie) à différents cabinets, ainsi que celui d"une quadra, Cécile Dubarry, actuelle cheffe du service de l'économie numérique à Bercy, ingénieure générale des mines, ancienne élève de Normale Sup et diplômée de l'ENS des télécoms, déjà citée pour entrer à l'Arcep il y a deux ans. Son arrivée permettrait de féminiser davantage l'institution (deux femmes sur sept membres aujourd'hui), mais elle pourrait être sinon nommée membre du collège, en remplacement de Daniel-Georges Courtois. Impossible d'exclure cependant une surprise de dernière minute ...

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Commentaires
a écrit le 20/12/2014 à 13:38 :
Ca doit aller bon train sur les tractations diverses...
Gageons que l'heureux élu arrivera avec des tonnes de deals pré-vendus dans ses valoches :-)
a écrit le 19/12/2014 à 17:41 :
Toujours les mêmes élites. On connait la suite.
a écrit le 19/12/2014 à 15:23 :
la réglementation a tout va et les taxations du secteur ont encore un avenir radieux avec tout ce beau monde.

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