Bientôt du sang neuf chez les régulateurs Arcep et CSA

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Michel Boyon, le président du CSA, n'a finalement pas été prolongé. Copyright Reuters
Michel Boyon, le président du CSA, n'a finalement pas été prolongé. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
En attendant la création d'une structure commune, les deux régulateurs, des télécoms et de l'audiovisuel, doivent renouveler plusieurs de leurs membres courant janvier. Quelques noms circulent sur les candidats qui seront nommés par l'Elysée, le Sénat ou l'Assemblée. Revue de détails des dernières rumeurs.

Le président et deux membres du collège côté CSA, un voire deux membres côté Arcep : les deux régulateurs, de l?audiovisuel et des télécoms, vont connaître un important renouvellement courant janvier. Michel Boyon, le président du Conseil supérieur de l?Audiovisuel, ainsi que Rachid Arhab et Alain Méar voient leurs mandats arriver à échéance le 23 janvier : le successeur du président doit être désigné par l?Elysée, les deux autres nominations dépendent respectivement du président de l?Assemblée nationale et de celui du Sénat. A l?autorité de régulation des télécoms (voir la composition du collège de l'Arcep), le conseiller d?Etat Denis Rapone partira le 12 janvier, le choix de son remplaçant étant du ressort du président de la chambre haute. Quant à Jérôme Coutant, arrivé seulement il y a deux ans, après le départ de Patrick Raude à la Française des Jeux, son mandat qui se termine le 17 janvier est théoriquement renouvelable, par le Président de la République, sur proposition du ministre en charge des télécoms, en l?occurrence Fleur Pellerin. Si cet ancien de la Caisse des dépôts et du cabinet de Michel Mercier, à l?Aménagement du territoire, a le soutien de nombreux élus, « on voit mal l?Elysée se priver d?une nomination » fait valoir un haut fonctionnaire bien au fait du dossier?


Trautmann encore dans la course au CSA ?
Ce sont donc sans doute cinq personnalités à désigner dans un délai très court, et à la veille d?une réorganisation majeure des deux institutions, qu?il est prévu de rapprocher en créant une instance de travail commune, dont la présidence serait tournante d?une année sur l?autre. Le rapport de mission des trois ministres chargés de cette réflexion, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture et de la Communication , et Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l?Economie numérique, a bien été remis au Premier ministre mais n?a pas été rendu public, contrairement à ce qui avait été annoncé il y a dix jours. S?agissant du CSA, l?arrivée de Catherine Trautmann à la présidence a été démentie par l?entourage de l?Elysée. Mais l?eurodéputée socialiste de 61 ans, qui a été ministre de la Culture et de la Communication dans le gouvernement Jospin de 1997 à 2000, ne serait pas écartée de la course selon certaines sources. « Elle a le profil pour le job, ne s?en laisse pas compter, et c?est une femme? de gauche, qui plus est » relève un fin observateur du secteur. Les auditions auraient déjà commencé au Sénat et à l?Assemblée. Les profils recherchés seraient plutôt dans le secteur de la production audiovisuelle ou bien des journalistes, une tradition au CSA, de Michèle Cotta, à l?ex-Haute autorité, à Dominique Baudis, en passant aujourd?hui par Rachid Arhab, Françoise Laborde, Christine Kelly et Patrice Gélinet, soit 4 membres sur 9 dans l?actuel collège. « Audrey Pulvar cherche un job » persifle un familier du CSA. Il pourrait être judicieux d?ajouter un profil ayant « des compétences dans l?Internet » glisse un observateur du secteur.


Un ingénieur télécoms impérativement à l?Arcep
A l?Arcep, une des urgences est de combler un manque : « il n?y a plus du tout d?ingénieur télécoms au collège, mais quasiment que des conseillers d?Etat, il y a donc un vrai problème d?expertise » reconnaissent plusieurs sources dans la haute fonction publique. Mais le sujet est sensible car une personnalité trop marquée, ayant par exemple fait toute sa carrière dans l?appareil d?Etat ou chez France Télécom, serait prise « comme la nomination d?un commissaire du gouvernement qui ne dit pas son nom » prévient un proche du dossier. Des noms déjà entendus à l?expiration de mandats précédents se remettent à circuler : Henri Serres, 62 ans, ancien administrateur de France Télécom, ex patron de la Direction générale des systèmes d'information et de communication (DGSIC) et de la DGSE, ainsi que Guy Roussel, ancien parton d?Ericsson France. Mais à Bercy des voix s?élèvent pour dire « on en a un peu marre des retraités ! »


Wanted : une femme de gauche de plus de 50 ans
D?autres noms sont évoqués, celui d?Emmanuel Caquot, ancien de la Direction Générale de la Compétitivité, de l'Industrie et des Services (DGCIS) et actuel chef du service économique d?Oslo, et de Luc Rousseau, qui vient de quitter la direction de la DGCIS pour le Conseil général de l?économie, de l?industrie, de l?énergie et des technologies (CGEIET). Mais le cabinet de Fleur Pellerin se serait mis à la recherche de la perle rare : « une femme de gauche, de plus de 50 ans, au profil d?ingénieur » confie une source bien informée. D?autres évoquent des profils plus jeunes comme Cécile Dubarry, chef du service des technologies de l'information et de la communication à Bercy, ou Caroline Leboucher, la directrice de cabinet du ministre délégué à l?Agroalimentaire, Guillaume Garot. « Il faudra au moins une femme » sur les deux nominations, indique une source proche de Bercy ? il y en a "déjà" deux sur 7 membres du collège, Marie-Laure Denis et Françoise Benhamou. Un autre candidat potentiel bénéficierait de l?appui d?élus investis dans le numérique : Patrick Vuitton, délégué général de l?Avicca, l'Association des villes et des collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel. La prudence s?impose cependant à ce stade, car les surprises de dernière minute sont monnaie courante dans ce domaine, les premiers noms cités étant rarement les heureux élus?
 

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