Pléthore de candidats à la présidence de l’Arcep

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Le mandat de Jean-Ludovic Silicani à la tête du gendarme des télécoms s'achève le 3 janvier et n'est pas renouvelable.
Le mandat de Jean-Ludovic Silicani à la tête du gendarme des télécoms s'achève le 3 janvier et n'est pas renouvelable. (Crédits : DR)
Une quinzaine de prétendants non officiels seraient prêts à remplacer Jean-Ludovic Silicani, dont le mandat s'achève le 3 janvier, à la tête du gendarme des télécoms. Pour la première fois, un cabinet de recrutement externe pourrait évaluer les compétences des candidats, la décision restant aux mains du Président de la République, sur proposition de Matignon.

Une quinzaine ! ça se bouscule aux portes de l'Arcep, le gendarme des télécoms, dont le président, Jean-Ludovic Silicani, quittera ses fonctions officiellement le 3 janvier, son mandat n'étant pas renouvelable. Quelques noms circulent déjà depuis quelques semaines, comme l'avait rapporté Le Figaro, notamment Jérôme Coutant (ESCP, 59 ans), ancien membre du collège de l'Arcep, désormais responsable du numérique à la Société du Grand Paris, seul candidat déclaré, mais aussi Joëlle Toledano (docteur en maths et en sciences éco, 61 ans), qui fut elle aussi membre du collège et a publié au printemps un rapport salué sur les fréquences, et deux membres du frère ennemi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Emmanuel Gabla (45 ans), bon connaisseur du secteur (X-Télécom), régulièrement cité pour rejoindre l'Arcep, et le président même du CSA, Olivier Schrameck (ENA, 63 ans).

« Une option a circulé un temps à l'Elysée de nommer un « bi-président » de l'Arcep et du CSA mais c'est finalement apparu juridiquement impossible » décrypte un proche du dossier.

D'anciens dir cab à recaser et des X-Télécom

De nouveaux noms émergent aujourd'hui et certaines sources bien informées évoquent «une quinzaine » de prétendants non officiels. Notamment plusieurs conseillers d'Etat, comme Jean-Ludovic Silicani, parmi lesquels Christine Maugüé (51 ans), l'ancienne directrice de cabinet de Christiane Taubira, et surtout Christophe Devys (58 ans), ex-conseiller de Jean-Marc Ayrault pour les questions sociales. Mais aussi Jean-Paul Faugère (58 ans), ancien directeur de cabinet de François Fillon à Matignon. Soit pas vraiment des spécialistes des télécoms.

« Le Conseil d'Etat trouverait cela logique que la présidence reste aux mains d'un de ses membres et essaie de mobiliser un maximum de candidats » commente un bon connaisseur du dossier.

Des profils clairement télécoms sont aussi sur les rangs : le nom d'Arnaud Lucaussy (X-Telecom, 49 ans), directeur de la réglementation chez TDF et ancien de SFR, circule, mais pas forcément pour la présidence, nuance une source. Celui d'un autre X-Télécom se murmure depuis une semaine, Sébastien Soriano (39 ans, également ingénieur en chef du corps des Mines), qui connaît bien la « maison » Arcep : l'actuel conseiller « spécial » de Fleur Pellerin au ministère de la Culture, qui fut son directeur de cabinet à l'Economie numérique, a dirigé l'unité Marchés mobiles puis la régulation haut débit chez le gendarme des télécoms avant de rejoindre l'Autorité de la Concurrence. Une candidature interne est aussi évoquée en coulisses, celle du discret Philippe Distler (60 ans), également X-Télécom et ingénieur des mines, passé de la direction générale de l'Arcep au collège, un cas rare. L'énarque et agrégé de physique Thierry Dahan (58 ans), vice-président de l'Autorité de la Concurrence, bien au fait des sujets télécoms, serait aussi sur les rangs.


« Transparence » promise des nominations

La nomination du futur président de l'Arcep incombe au Président de la République, tandis que les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat nomment chacun deux membres du collège, deux autres étant aussi nommés par l'Elysée. La nomination se fait sur proposition du Premier ministre, en concertation avec les ministres concernés, à savoir Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique et Axelle Lemaire, la secrétaire d'Etat au Numérique. Cette fois le processus devrait être moins opaque, a promis Axelle Lemaire :

« Je souhaite que la nomination du prochain président de l'ARCEP soit le fruit d'un processus public et transparent » avait déclaré la ministre en ouverture du colloque de l'Arcep en octobre.

Selon nos informations, Bercy aurait proposé de mandater un cabinet de recrutement extérieur afin d'évaluer les compétences des candidats selon une liste de critères précis, et ce dans le but d'objectiver la décision. Ce qui pourrait donner l'avantage aux candidats aux profils télécoms. Secoué par la guerre des prix et une vague de rachats, le secteur aurait besoin d'un vrai spécialiste qui ne découvre pas les dossiers, font valoir certains observateurs, tant du côté du gouvernement que des opérateurs. Une vision plus "politique", embrassant tous les enjeux (emplois, aménagement du territoire), et moins juridico-économique, serait aussi souhaitée à Bercy.

L'exécutif se prononcera avant la fin du mois mais l'audition, par les commissions parlementaires compétentes, du candidat retenu pourrait n'avoir lieu que début janvier, laissant une légère vacance de pouvoir à la tête de cette autorité administrative indépendante, qui emploie 170 personnes. De quoi alimenter les discussions lors de la cérémonie de départ de Jean-Ludovic Silicani qui a lieu le 18 décembre.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2014 à 11:47 :
Encore un comité Théodule a supprimer. Il n'y a pas de ministère des télécoms en France? Il faut arrêter l'étalage de gadgets étatiques pour placer des "amis" d'"amis".
Réponse de le 03/12/2014 à 14:52 :
Non, il n'y en n'a pas
Réponse de le 03/12/2014 à 14:56 :
Le ministère n'exerce plus que quelques fonctions résiduelles. La surveillance du marché est de la compétence de l'Arcep.
a écrit le 02/12/2014 à 20:09 :
L'administration publique à la manœuvre entre soi et pour soi avec la complicité active des politiques, pour un résultat bien bidouillé comme les aiment "l'anguille de l'Elysée", surtout si en plus un ministre à eu l'imprudence de dire que ce serait transparent... comme une porte blindée sans doute. On en rirait volontiers si ce n'était pas à pleurer de ridicule.
a écrit le 02/12/2014 à 19:30 :
On s'en fout tellement du recasage des hauts fonctionnaires de telle ou telle corporation. Pourquoi faire un article là dessus ? On le sait déjà, les hauts fonctionnaires fonctionnent en castes basées sur leurs résaux de diplômés; puis iront pantoufler chez Bouygues, SFR, Free ou Orange quelques années après la fin de leur régulation qui fait que nous avons des tarifs en France plus élevés qu'en Italie, qu'au Danemark... Ne vous affichez pas trop, quand ça pètera vous serez les premiers.
Réponse de le 02/12/2014 à 22:27 :
Vos informations concernant les prix sont fausses. C'est en France que les telecoms sont les moins chères. Par ailleurs pour faire de la régulation technico-économique il faut un minimum de diplômes et si possible dans les disciplines concernées.
Réponse de le 03/12/2014 à 11:02 :
J'ai habité au Danemark, et par rapport au salaire médians les prix sont plus bas...
Désolé.
Réponse de le 03/12/2014 à 15:22 :
Plus bas que 2€ pour 2H de com?????

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