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Vers 0h30, samedi matin, soit peu de temps après les attentats, les utilisateurs français de Facebook ont reçu une étrange notification. Constatant un pic d'activité lié aux attentats, les équipes du réseau social ont activé l'outil "Safety Check". Grâce à ses données de géolocalisation, Facebook a demandé à tous ceux qui indiquent vivre à Paris et à ceux qui se sont identifiés dans la capitale de se signaler "en sécurité". Une initiative salutaire qui a eu le mérite de rassurer rapidement des milliers de personnes et de mettre fin à la cacophonie des appels aux nouvelles désorganisés qui se multipliaient jusqu'alors.
Mais rapidement, le sentiment d'un "deux poids deux mesures" s'est répandu chez de nombreux internautes. Pas pour remettre en cause le système mis en place par Facebook, mais pour demander des explications.
La veille, le réseau social n'avait pas activé son "Safety Check" pour les Libanais. Il aurait pourtant été fort utile. Le jeudi 12 novembre, soit vingt-quatre heures avant Paris, Beyrouth subissait elle aussi des attentats perpétrés au nom de l'Etat islamique. Deux opérations kamikazes en pleine ville, qui ont tué 44 personnes et fait plus de 230 blessés. Soit les attaques les plus meurtrières dans le pays depuis la fin de la guerre civile, il y a plus de vingt ans.
Tout est parti d'un message d'Anne Barnard, la correspondante du New York Times à Beyrouth. Dans un post sur sa page Facebook, la journaliste s'interroge:
Rapidement relayé sur les réseaux sociaux, le message a suscité de nombreux commentaires. "Je n'ai pas vu non plus Facebook suggérer d'afficher le drapeau libanais sur sa photo de profil", note un autre internaute, en référence à la vague de solidarité bleu-blanc-rouge qui déferle sur les photos de profil depuis samedi, à l'initiative du réseau social.
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Mark Zuckerberg lui-même n'a pas tardé à réagir. Le fondateur et PDG de la multinationale dit comprendre les critiques et a assuré que Facebook "tient à tout le monde de la même manière" :
Mark Zuckerberg explique que Safety Check a été développé après le tremblement de terre et le tsunami au Japon en 2011, pour aider à recenser la population après des catastrophes naturelles.
C'est la première fois que Facebook l'utilise suite à un acte terroriste. L'outil avait été activé pour la dernière fois en avril dernier, quelques heures après un tremblement de terre au Népal qui avait tué plus de 2.000 personnes dans la région.
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Sa réactivation pour les attentats de Paris a fait office de "test" pour le réseau social. Qui n'hésitera pas, désormais, à l'appliquer partout où un événement, quel qu'il soit, le justifie. "Nous désirons que cet outil soit disponible dès qu'il peut aider, a précisé Alex Schultz, le vice-président de l'activité Growth de Facebook. Nous apprendrons beaucoup des retours de cette expérience et nous continuerons à améliorer la manière dont nous pouvons aider les gens, comme nous l'avons fait pour Paris".
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