Attentats : deux poids deux mesures entre Paris et Beyrouth ?

 |   |  672  mots
Jeudi, le réseau social n'a pas activé son Safety Check pour les Libanais, qui vivaient aussi dans la terreur suite à deux attentats commis au nom de Daech.
Jeudi, le réseau social n'a pas activé son "Safety Check" pour les Libanais, qui vivaient aussi dans la terreur suite à deux attentats commis au nom de Daech. (Crédits : Capture d'écran)
Sur les réseaux sociaux, de nombreux Internautes s’indignent que les attentats de Beyrouth, perpétrés le 12 novembre par Daech, n’aient pas suscité la même réactivité de la part de Facebook que ceux de Paris, le lendemain.

Vers 0h30, samedi matin, soit peu de temps après les attentats, les utilisateurs français de Facebook ont reçu une étrange notification. Constatant un pic d'activité lié aux attentats, les équipes du réseau social ont activé l'outil "Safety Check". Grâce à ses données de géolocalisation, Facebook a demandé à tous ceux qui indiquent vivre à Paris et à ceux qui se sont identifiés dans la capitale de se signaler "en sécurité". Une initiative salutaire qui a eu le mérite de rassurer rapidement des milliers de personnes et de mettre fin à la cacophonie des appels aux nouvelles désorganisés qui se multipliaient jusqu'alors.

Mais rapidement, le sentiment d'un "deux poids deux mesures" s'est répandu chez de nombreux internautes. Pas pour remettre en cause le système mis en place par Facebook, mais pour demander des explications.

La veille, le réseau social n'avait pas activé son "Safety Check" pour les Libanais. Il aurait pourtant été fort utile. Le jeudi 12 novembre, soit vingt-quatre heures avant Paris, Beyrouth subissait elle aussi des attentats perpétrés au nom de l'Etat islamique. Deux opérations kamikazes en pleine ville, qui ont tué 44 personnes et fait plus de 230 blessés. Soit les attaques les plus meurtrières dans le pays depuis la fin de la guerre civile, il y a plus de vingt ans.

Messages amers sur les réseaux sociaux

Tout est parti d'un message d'Anne Barnard, la correspondante du New York Times à Beyrouth. Dans un post sur sa page Facebook, la journaliste s'interroge:

"C'est peut-être pas grand-chose dans un tel contexte, mais [...] jeudi soir, quand des bombes ont tué à Beyrouth, j'aurais aimé que le nouvel outil de Facebook pour s'assurer de la sécurité des gens en cas d'urgence soit mis en place. [...] Je me demande comment Facebook décide qu'un désastre est suffisamment inhabituel (ou que les vies ont suffisamment de valeur) pour qu'il devienne intéressant de rassurer les proches".

Rapidement relayé sur les réseaux sociaux, le message a suscité de nombreux commentaires. "Je n'ai pas vu non plus Facebook suggérer d'afficher le drapeau libanais sur sa photo de profil", note un autre internaute, en référence à la vague de solidarité bleu-blanc-rouge qui déferle sur les photos de profil depuis samedi, à l'initiative du réseau social.

Facebook va étendre le dispositif

Mark Zuckerberg lui-même n'a pas tardé à réagir. Le fondateur et PDG de la multinationale dit comprendre les critiques et a assuré que Facebook "tient à tout le monde de la même manière" :

Facebook

Mark Zuckerberg explique que Safety Check a été développé après le tremblement de terre et le tsunami au Japon en 2011, pour aider à recenser la population après des catastrophes naturelles.

C'est la première fois que Facebook l'utilise suite à un acte terroriste. L'outil avait été activé pour la dernière fois en avril dernier, quelques heures après un tremblement de terre au Népal qui avait tué plus de 2.000 personnes dans la région.

Sa réactivation pour les attentats de Paris a fait office de "test" pour le réseau social. Qui n'hésitera pas, désormais, à l'appliquer partout où un événement, quel qu'il soit, le justifie. "Nous désirons que cet outil soit disponible dès qu'il peut aider, a précisé Alex Schultz, le vice-président de l'activité Growth de Facebook. Nous apprendrons beaucoup des retours de cette expérience et nous continuerons à améliorer la manière dont nous pouvons aider les gens, comme nous l'avons fait pour Paris".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 16/11/2015 à 16:36 :
Je ne souhaitais pas entrer dans ce genre de débats mais parfois, la lecture de commentaires nous donne la nausée. Mais reste d'autant plus intéressante et captivante.

Ainsi donc, c'est typiquement ce genre de polémique que l'EI utilise à son profit pour mettre en avant le côté navrant de notre système. Alors oui, nous pouvons ressentir une certaine honte à ne pas mettre en avant les horreurs qu'y se passent dans les autres pays, surtout ces pays touchés par la guerre et les conflits de pouvoir - non des conflits de religions car ils sont sortis de cette ligne depuis bien longtemps, la religion n'est plus qu'un argument, un objet de fuite et de facilité, bref.

Les médias nous permettent d'être au courant de tout ce qui se passe chez nous et ailleurs. Si vous voulez vraiment soutenir quelque chose, faites le de vous même, renseignez vous, participez à des événements en fonction de votre propre volonté et non celle des autres. Pourquoi donc attendre que cela soit retranscrit dans un quelque journal télévisé ou autre? Arrêtons l'hypocrisie. Arrêtons de blâmer les autres pour ce donner bonne conscience. Arrêtons de mesurer ce qui ne devrait jamais l'être. Est-ce normal d'aller compter le nombre de morts suite à une tragédie pour considérer qu'elle doit être prioritaire face à une autre catastrophe? Qu'y a t il d'humain là-dedans? Arrêtons les polémiques qui n'ont pas lieu d'être.

Ces événements, chez nous et ailleurs, sont à égalité en terme d'horreur, d'injustice, de malheur et c'est à nous de nous en rendre compte et d'être suffisamment intelligent et respectueux pour ne pas les rendre encore plus monstrueux. Mais surtout, c'est à nous de devoir ne pas alimenter la terreur et la haine.
a écrit le 16/11/2015 à 15:36 :
Les contextes n'ont rien à vis. Le liban est en guerre contre Israël, il abrite des groupes pro et anti-daesch
a écrit le 16/11/2015 à 13:57 :
Certains s'étonnent qu'il y ait eu tant de réactions face aux attentats de Paris et presque rien pour Beyrouth. Il est dit ici et là que l'on est plus concerné par ce qui se passe près de chez nous qu'autre part. Mais il ne faut pas oublier qu'à Beyrouth, l'attentat à ciblé le fief du hezbollah qui soutient le terrorisme et qui soutient le président syrien. Etait ciblés aussi des chiites par des sunnites. Cela ne justifie en rien les attentats mais on n'est pas étonné que Beyrouth soit touché, un pays qui refuse le droit d'exister à certains de ses voisins.
a écrit le 16/11/2015 à 11:44 :
Ces remarques sont légitimes mais surtout pertinentes. Cependant et j aimerai que ça s illustre autrement, notre pays, que ĺ on se plait à denigrer, représente quelque chose de particulier. Notre devise liberte égalité fraternite est un message universellement reçu et c est ca qu ils attaquent. Par ailleurs et là aussi je préférais que ce soit illustré autrement, Paris est une des quelques villes mondiales avec New York, Londres, Tokyio Rio, ou Shangai (....), la blesser touche énormément de gens à travers la planète. Enfin, ces lâches ont visé des bars, des restaurants, des rues, un stade autant de lieux ou des millions de gens peuvent se voir, ou voir leurs enfants. La vie d un libanais vaut autant que celle de n importe quel autre citoyen de cette planète, pour moi il n y a pas de discussion, mais il y a des raisons objectives pour expliquer la différence de traitement. L actualité étant en plus cruellement charge en ce moment qui parle aussi des 11 victimes du TGV? En temps normal c est la une de tous ls journaux pendant 1 semaine. 2015 avait mal commencé, on peut encore craindre sa fin, vivement qu on la referme.
a écrit le 16/11/2015 à 10:16 :
Rien à ajouter, tout est dit:
https://www.youtube.com/watch?v=Oz0WKTmmTxs
a écrit le 15/11/2015 à 20:09 :
A ce rythme la, on peut aussi faire des hommages pour les victimes d'accidents de la route, bien plus nombreuses, ou celles mortes d'attaques de chiens (25.000/an, sortez vos drapeaux)...
La situation au Liban est triste, mais çà fait plus de 40 ans que çà fait les gros titres dans le monde, et, malheureusement, le Liban est tombé dans la banalité.

Pourvu qu'on ne vive pas çà ici...
Réponse de le 16/11/2015 à 11:46 :
Comparer des victimes d attentat à des victimes d accident de la route, c est avoir une capacité d empathie d un moucheron...pathétique de lire des trucs pareil.
a écrit le 15/11/2015 à 19:17 :
Eh ben dites donc!
La veille des attentats de Charlie Hebdo il y a eu un attentat en Afrique qui a fait plus de 200 morts, mais personne n'en n'a parlé, et on nous traitait déjà de personne sans coeur quand on s'insurgeait contre ça. Comme quoi une personne qui meurt en France vaut plus que 10 personnes qui meurt en Afrique...
En Afrique nous sommes habitués que les morts soient passés sous silence.
a écrit le 15/11/2015 à 18:58 :
C'est un peu normal, les gens visés font partie du Hamas, un autre groupe terroriste qui ne se gêne pas non plus pour poser des bombes, donc entre "copains" mêmes méthodes.
Réponse de le 15/11/2015 à 21:28 :
hamas !!! hors sujet!
Réponse de le 15/11/2015 à 22:17 :
Vous êtes vraiment ......
Vérifiez vos informations avant de les balancer sur le net, si je raisonne comme vous je peux vous sortir des arguments et des références sur la France et Daesh qui peuvent vous choquer alors ....
Au lieu de sortir d'importe quoi, espérons que la paix règne peu importe le pays , Parce que les victimes à Beyrouth comme les victimes à Paris sont des innocents et les monstres qui ont assassiné ces innocents sont les même !
Réponse de le 16/11/2015 à 3:30 :
Pour commencer, avant de dire n'importe quoi, il ne s'agit pas du Hamas, mais du Hezbollah, ou plutôt d'un quartier d'implantation du Hezbollah.
Ensuite, quand bien même on critiquerait la position du Hezbollah, est-ce justifié de faire sauter des bombes dans un quartier civil ? Les habitants de ce quartier sont-ils tous des activistes du Hezbollah ?
En élargissant à peine ce type de raisonnement, il serait justifié de poser des bombes presque n'importe où sur terre ? Où que l'on aille il y aura toujours un con dont on ne regrettera pas, à tort ou à raison (et quelle raison ?) la disparition, et tant pis pour les innombrables autres innocents qui l'entourent... Ce type de raisonnement est navrant!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :