Catherine Morin Desailly, pasionaria de la souveraineté numérique
Nathalie Jourdan
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D'Emmanuel Macron aux démocrates américains en passant par Thierry Breton, la question du démantèlement des géants de l'Internet s'est invitée bruyamment dans le débat politique, ces derniers temps. De quoi ajouter de l'eau au moulin de Catherine Morin Desailly. Voilà longtemps que la sénatrice de Seine-Maritime questionne l'hypertrophie des géants du web jusque dans les cercles internationaux où elle a son rond de serviette.
Ceux qui la connaissent ne seront pas étonnés de retrouver son patronyme dans l'organigramme du Ground International Comitee : un club d'élus fondé après l'affaire Cambridge Analytica par Damian Collins, député britannique pourfendeur des « gangsters du numérique » (l'intéressé dixit). Entre les deux parlementaires, le courant est vite passé. Question d'atomes crochus : sous des dehors aimables, la française cache aussi un tempérament batailleur.
C'est au début des années 2010 que cette geek -assumée- se découvre une passion pour les enjeux du numérique. Alors présidente de la commission des affaires culturelles du sénat, elle se trouve aux premières loges quand émergent les nouvelles formes de piratage dans la musique. « C'est dans la culture que l'ubérisation sans foi ni loi a commencé, rappelle-t-elle. C'est par ce biais que j'ai commencé à m'intéresser au sujet ». Le pli était pris.
Dès 2012, à la tête d'un groupe d'études, elle met en garde contre le risque de "colonisation numérique" du vieux continent. A l'époque, de l'autre côté de l'Atlantique, le gouvernement américain arme son écosystème digital à coup de millions de dollars pendant que l'Europe regarde ailleurs.
Nathalie Jourdan