Corruption en Corée du Sud : l'héritier de Samsung entendu pendant 22 heures

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L'héritier du géant sud-coréen Samsung, Lee Jae-Yong, est rentré chez lui vendredi après un interrogatoire marathon dans l'enquête sur le gigantesque scandale qui a valu à la présidente Park Geun-Hye d'être destituée. Vice-président de Samsung Electronics, fils du président du groupe Samsung Lee Kun-Hee et petit-fils de son fondateur, il a été entendu en tant que suspect pendant 22 heures sur des soupçons de corruption. Il n'est pas inhabituel en Corée du Sud que des suspects ou des témoins acceptent d'être entendus pendant de longues heures afin d'éviter des convocations à répétition.
Le bureau du procureur spécial se prononcera sous deux jours, d'ici dimanche donc, sur l'opportunité de délivrer ou non un mandat d'arrêt à l'encontre du dirigeant, a précisé son porte-parole. Lee Jae-Yong a démenti une partie des faits qui lui sont reprochés mais en a admis d'autres, a ajouté le porte-parole sans autre précision.
Le visage tendu par la fatigue, celui n'a pas répondu aux questions des journalistes en sortant du bureau de l'équipe spéciale d'enquêteurs chargée de l'affaire. Celle-ci avait annoncé mercredi que Lee Jae-Yong était considéré comme un suspect dans ce scandale à rebondissements centré autour de l'amie de 40 ans de Park Geun-Hye, Choi Soon-Sil.
Choi Soon-Sil est actuellement jugée pour avoir profité de ses relations avec Park Geun-Hye afin de soutirer des sommes astronomiques aux conglomérats sud-coréens qui ont versé des millions de dollars à des fondations privées créées par cette confidente de l'ombre.
Samsung, le premier chaebol de Corée du Sud, est celui qui s'est montré le plus généreux envers les fondations de Choi Soon-Sil. Le géant sud-coréen est également accusé d'avoir versé des millions d'euros à Mme Choi sous couvert de financer en Allemagne les entraînements sportifs de cavaliers sud-coréens, parmi lesquels la fille de la confidente.
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Cela fait des mois que les enquêteurs entendent Lee Jae-Yong et d'autres cadres dirigeants de Samsung pour déterminer si le groupe a soudoyé la présidente et son amie afin d'obtenir le feu vert du gouvernement à une fusion controversée en 2015. Cette fusion entre deux unités du groupe, Cheil Industries et C&T, était considérée comme une étape cruciale pour assurer une passation de pouvoir en douceur au profit de Lee Jae-Yong.
L'opération avait été vertement critiquée par certains actionnaires au motif que la valeur de C&T aurait été délibérément sous-estimée, mais la Caisse nationale de retraite (NPS), gros actionnaire de Samsung sous tutelle du ministère des Affaires sociales, avait donné son feu vert à l'opération.
Un ancien ministre des Affaires sociales a été arrêté en décembre, soupçonné d'avoir fait pression sur la Caisse de retraite pour qu'elle vote l'opération, tandis que les locaux du NPS ont également été perquisitionnés. Samsung a démenti avoir cherché à obtenir des faveurs auprès des pouvoirs publics.
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Le Parlement a voté le 9 décembre la destitution de Park Geun-Hye, accusée de collusion avec Choi Soon-Sil. La Cour constitutionnelle doit encore entériner ou non ce spectaculaire limogeage de la présidente qui dément ces accusations.
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