Cryptos : Ledger promet de la transparence pour calmer les craintes sur son service de stockage
Maxime Heuze
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Avec son service Recover, Ledger veut proposer à ses clients de chiffrer et stocker la phrase de récupération de leur portemonnaie sur les serveurs d'entreprises partenaires.
Ledger
La startup française, spécialisée dans la conservation des cryptomonnaies dans un portefeuille physique, avait annoncé la sortie de Recover, un service permettant à ses clients de récupérer leurs fonds crypto, en cas de perte de leur appareil. Une annonce qui est très mal passée auprès de la communauté crypto puisque les utilisateurs pensaient que Ledger n'avait en aucun cas accès à leurs données. Mais la fonctionnalité Recover prouve que la société peut avoir accès aux portefeuilles à distance.
Cela partait d'une bonne intention pour les propriétaires de crypto-actifs. Lorsque l'on possède des cryptomonnaies, il existe deux moyens de les conserver. Soit sur une plateforme en ligne, soit, et c'est la proposition de valeur de Ledger, de les stocker sur un petit appareil électronique similaire à une clé USB. Mais parfois, il arrive que l'on perde le précieux objet. Pour le spécialiste français, leader de ce segment, il fallait donc permettre aux clients de ne pas perdre l'accès à leurs fonds.
Lorsque cela se produit, le client se retrouve à l'étape dite de la « phrase de récupération ». Ainsi, si l'ancien appareil est cassé ou perdu, Ledger permet à l'utilisateur d'inscrire la phrase qui fait office de mot de passe dans le nouvel appareil.
Or, jusqu'ici, les détenteurs de cryptomonnaies (des actifs s'échangeant sur un réseau d'ordinateurs indépendants appelé blockchain) pensaient être les seuls à avoir accès à ses fonds, même en cas de perte de la phrase de récupération, et que Ledger lui-même n'avait pas accès à la phrase-sésame. Mais le 16 mai dernier, Ledger est venu ébranler cette certitude avec le lancement du service Ledger Recover.
Concrètement, non seulement Ledger accède à la phrase, mais elle propose de la découper en trois parties et de dispatcher chacun de ses morceaux entre trois sociétés Coin cover et EscrowTech, deux prestataires de sécurité informatique, et Ledger.
Cette proposition de sauvegarde conservée dans les serveurs d'entreprises extérieures a fait l'effet d'une bombe. En une semaine, la toile s'est enflammée et les tweets et vidéos d'internautes furieux contre la startup ont fusé.
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