Des milliers de salariés de Portugal Telecom protestent contre Altice

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Le groupe du magnat des télécoms et des médias Patrick Drahi a racheté Portugal Telecom en décembre 2014 à l'opérateur brésilien Oi pour 7,4 milliards d'euros.
Le groupe du magnat des télécoms et des médias Patrick Drahi a racheté Portugal Telecom en décembre 2014 à l'opérateur brésilien Oi pour 7,4 milliards d'euros. (Crédits : Philippe Wojazer)
Des milliers de salariés de Portugal Telecom ont participé vendredi à une journée de grève et manifesté à Lisbonne pour protester contre des transferts de postes vers d'autres entités du groupe français Altice, qui a repris l'opérateur historique portugais fin 2014.

La grogne s'intensifie. Des milliers de salariés de Portugal Telecom ont participé vendredi à une journée de grève et manifesté à Lisbonne pour protester contre des transferts de postes vers d'autres entités du groupe français Altice, qui a repris l'opérateur historique portugais fin 2014. Le mouvement de grève, le premier en dix ans, a été suivi par "environ 70%" des 9.500 travailleurs, a assuré un dirigeant syndical.

Environ 3.000 manifestants, selon les syndicats, se sont rassemblés devant le siège de Portugal Telecom, avant de défiler jusqu'à la résidence officielle du Premier ministre, le socialiste Antonio Costa. "Non au vol des droits acquis" et "contre l'intimidation et le chantage", ont scandé les manifestants, vêtus de tee-shirts noirs arborant une version détournée du logo d'Altice qui formait le mot "aldrabice" ("escroquerie").

Le groupe du magnat des télécoms et des médias Patrick Drahi a racheté Portugal Telecom en décembre 2014 à l'opérateur brésilien Oi pour 7,4 milliards d'euros. Les syndicats s'opposent au transfert de 155 travailleurs vers d'autres entreprises du groupe au Portugal et des prestataires, arguant qu'ils risquent à terme de perdre leur emploi.

"Ils vont tout casser en morceaux"

"On m'a notifiée de mon transfert et maintenant je suis obligée d'accepter ou de démissionner", a expliqué à l'AFP une des manifestantes venue de Porto, Maria José Peres, 42 ans. "Nous sommes assurés de recevoir notre salaire pendant un an, mais nous craignons d'être licenciés juste après", a-t-elle ajouté.

Pedro Navalho, technicien de télécommunications de 56 ans, accuse le nouveau propriétaire de vouloir "détruire" l'entreprise. "Ils vont tout casser en morceaux pour qu'Altice puisse faire un profit. C'est ce qu'ils ont déjà fait avec Cabovisao et ONI", a-t-il affirmé en référence à deux sociétés achetées par Altice en 2012 et 2013, puis revendues en janvier 2016 au fonds d'investissement Apax France.

Le Premier ministre Antonio Costa s'en était pris vivement à Altice mercredi dernier, disant redouter un "démantèlement" de Portugal Telecom. Fin mai, il avait déjà prévenu qu'il ne donnerait "aucune autorisation" à Altice pour licencier quelque 3.000 salariés de Portugal Telecom, un projet évoqué dans la presse locale, mais démenti par le groupe français. Depuis l'arrivée d'Altice, environ 1.500 salariés ont quitté l'opérateur de télécommunications dans le cadre d'un plan de départs volontaires, selon les syndicats.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 22/07/2017 à 16:47 :
Là ou Drahi passe, les emplois trépassent ...

SFR va dégraisser un max aussi, et la qualité médiocre de l'opérateur, depuis, à fait fuir des millions d'abonnés. Pour une boite endetté à hauteur de dizaines de milliards d'€, la barre va être dure à redresser

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