Ingenico dit non à Danaher

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Comme La Tribune l'a révélé sur son site Internet ce dimanche, le fabricant de terminaux de paiement a décliné l'offre de rachat de 1,4 milliard d'euros proposée par le conglomérat américain Danaher. Ce lundi, Eric Besson, le ministre de l'industrie s'est réjoui de ce rejet.

C'est non. Comme La Tribune l'a révélé sur son site Internet latribune.fr, Ingenico a publié ce dimanche soir un bref communiqué  ainsi rédigé : "le Conseil d?administration d?Ingenico, après avoir reçu une offre soumise à conditions le 14 décembre 2010, a examiné son contenu et ses modalités avec l?offreur. Au stade actuel des discussions, celui-ci n?a pas été en mesure de présenter une offre susceptible d?être acceptée par le Conseil. En conséquence, le Conseil en prend acte à ce jour et a demandé la reprise de la cotation du titre ce lundi 20 décembre 2010."

Il ne donne donc pas suite à l'offre d'achat lancée très vraisemblablement par l'américain Danaher même si son nom n'a pas été officiellement dévoilé. Vendredi, Ingenico, numéro deux mondial des terminaux de paiement derrière le tandem VeriFone-Hypercom, avait indiqué avoir reçu une offre non engageante, d'un montant de 28 euros par action, soit 1,4 milliard d'euros pour la totalité du capital, payable entièrement en cash.

Ingenico était resté muet sur l'identité de son prétendant mais c'est le conglomérat américain Danaher qui était l'auteur de l'offre sur la société française, selon une source proche du dossier. Qui donc est Danaher? Basée à Washington, ce groupe industriel oeuvre aussi bien dans le matériel radiographique que dans les purificateurs d'eau et les jets d'encre pour imprimantes. Il a réalisé un chiffre d'affaires de 11,2 milliards de dollars en 2009, pour une marge opérationnelle de 13,8 %.

Mais le conseil d'administration d'Ingenico, qui s'est réuni ce dimanche, ne l'a pas entendu de cette oreille. Selon la même source, il aurait notamment tiqué sur le prix proposé, supérieur de quelques centimes seulement au cours de l'action jeudi soir, soit 27,59 euros. Le conseil aurait également jugé qu'un rachat d'Ingenico par Danaher ne correspondait pas aux perspectives de développemnt du groupe français.

Ce dernier est engagé dans une diversification de ses activités, avec pour objectif de porter la part des services, tels que la sécurisation des transactions, à 40% de son chiffre d'affaires en 2013, contre 28% en 2009. Pour 2013, précisément, Philippe Lazare, directeur général d'Ingenico, vise un chiffre d'affaires supérieur à un milliard d'euros.

Pour 2010, l'activité devrait osciller entre 805 et 815 millions d'euros, selon le dirigeant, qui avait rehaussé son objectif de chiffre d'affaires annuel en juillet. Des performances qui montrent qu'Ingenico n'a besoin de personne.

De son côté, Eric Besson, le ministre de l'industrie s'est réjouide ce rejet. Il a notamment déclaré , ce lundi, sur LCI  : "l'Etat a pleinement conscience du caractère stratégique de cette entreprise, Ingenico, pour la filière électronique française". Il a ajouté "l'Etat considère que c'est une entreprise essentielle pour la filière électronique française".

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Commentaires
a écrit le 21/12/2010 à 18:29 :
les initiés vont se faire un max :-) en effet, l'état dit non et le titre s'enfonce....ceux qui ont des options put vont faire Noël avant la date ?! merci qui :-) merci Eric :-)

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