Ces objets qui obéissent au doigt, à l'oeil... et à la pensée !
Erick Haehnsen et Eliane Kan
Erick Haehnsen et Eliane Kan
Deux milliards de dollars, c'est le montant déboursé le 25 mars dernier par Facebook pour racheter Oculus VR. Cette start-up américaine qui avait recouru au crowdfunding sur Kickstarter a développé l'Oculus Rift, le casque immersif qui entend révolutionner les jeux vidéo et la réalité virtuelle. Sur son blog personnel, Mark Zuckerberg, le patron du réseau social, explique qu'il veut transformer nos rapports sociaux ainsi que nous permettre de partager des expériences et aventures avec nos amis. Il est donc temps de s'intéresser de près aux interactions sensorielles avec les mondes digitaux.
Certains films avaient déjà suggéré une informatique complètement affranchie de la souris, du clavier et parfois même de l'écran. Miroirs connectés, vitres transparentes, écrans tactiles, reconnaissance et synthèse vocales, caméras à reconnaissance gestuelle, commande par ondes cérébrales, dialogue par vibrations, objets connectés...
Les interfaces entre l'homme et la machine se sont multipliées pour solliciter nos sens et surtout donner naissance à de nouvelles interactions numériques. Comme piloter un smartphone par vibrations tactiles, théâtraliser la vente en magasin avec un écran tactile ou gérer davantage d'informations sans perdre de vue la route... L'innovation en interaction numérique n'a jamais connu une telle accélération.
Il participe au programme de recherche Touchit (7,2 millions d'euros), labellisé par le pôle de compétitivité Minalogic de Grenoble où l'on retrouve, entre autres, le CEA, STMicroelectronics et Orange. Objectif : industrialiser des composants microélectroniques capables de vibrer à très haute fréquence et très faible amplitude. Destiné aux tableaux de bord de voiture, smartphones ou tablettes, ce procédé « piézoélectrique » engendre un coussin d'air entre la dalle de l'écran et le doigt. Lequel procure, sur certaines parties de l'écran, la sensation de toucher une surface rugueuse.
De son côté, l'américain Garmin, célèbre pour ses GPS et systèmes de navigation, combine pour son prototype K2 un écran central de 10 pouces, des capteurs infrarouges et un système de visée tête haute (HUD, head-up display) présenté au dernier CES de Las Vegas en janvier
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L'affichage en temps réel sur écran de l'activité cérébrale de la personne, une étape vers la possibilité de stimuler ou d'inhiber des zones précises et choisies du cerveau.
Laquelle fait l'objet de réponses aux appels d'offres lancés par les grands constructeurs automobiles pour une éventuelle mise sur le marché à partir de 2017.
Pour sa part, Tangible Display, créé en 2010 à Montreuil (Seine-Saint-Denis), mise sur le créneau de la consultation sociale de contenus.
Fort de son expérience en écrans fabriqués à façon, Tangible Display baisse le prix de l'écran tactile grand format avec l'américain PQ Labs, qui fabrique des cadres dotés d'émetteurs et récepteurs LED infrarouges capables de rendre tactile n'importe quel écran pour quatre fois moins cher - dès 8 000 euros pour 60 pouces. De son côté, sous le vocable de « Phygital », contraction de « physique » et de « digital », la start-up Improveeze (450.000 euros de chiffre d'affaires 2013, avec 8 personnes), créée fin 2010 à Tourcoing (Nord), théâtralise la cérémonie de la vente en magasin grâce à des écrans tactiles multipoints.
Déployé dans 50 magasins King Jouet, ce procédé ferait gagner de 5 à 10 % de ventes supplémentaires. Analyser le parcours clients, adapter les contenus du Web à l'interface tactile, déployer et maintenir des écrans multipoints standards... Improveeze montre comment le business des interactions numériques s'industrialise.

Tangible Display a réalisé ce mur-écran interactif de 4 mètres de long pour la Cité des sciences et de l'industrie de la Villette, à Paris.
La commande sensorielle intéresse aussi les applications de sécurité. En témoigne la start-up française Novitact, qui s'apprête à lancer les premiers bracelets vibratoires d'urgence. En cas de danger, il suffit d'appuyer sur le bracelet FeelTact.
Les développements de ce bracelet ont été menés entre 2011 et 2013 au sein de l'UTC, qui a accueilli dans son centre d'innovation le porteur de projet, co-inventeur du brevet avec un enseignant-chercheur du laboratoire Costech de l'UTC. Sur le plan financier, le dirigeant a levé des fonds sous forme de subventions et de prêts pour réaliser des prototypes. En quête de bêtatesteurs, Thibaud Severini prévoit de commercialiser le FeelTact début 2015. Des déclinaisons grand public sont envisagées dans le divertissement, la domotique, etc. La palette d'outils s'enrichit avec l'arrivée d'applications pilotées par les ondes cérébrales.
Créée en 2012, cette start-up rennaise de 10 personnes a eu l'idée d'acquérir une licence du célèbre institut, non pas pour piloter des ordinateurs, mais pour développer des applications médicales. L'objectif vise ainsi à aider des patients, notamment des enfants affectés par des troubles de l'attention, à prendre en compte l'état de leur cerveau en captant leurs ondes cérébrales et en les affichant à l'écran.
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>> FOCUS LE CLAVIER RÉINVENTÉ
Chacun de nous a pesté contre le clavier virtuel de son smartphone ou de sa tablette : on tape trop souvent sur le mauvais caractère... Présenté au dernier CES de Las Vegas, le clavier Twiky de la start-up parisienne AlphaUi veut changer la donne.
Par ailleurs, en faisant appel à la mémoire musculaire (kinesthésie), on passe de 100 à 300 caractères saisis à la minute. AlphaUi compte commercialiser son interface dorsale à 129 eurosdès l'automne prochain.
Erick Haehnsen et Eliane Kan