IA : les États-Unis durcissent encore les exportations de puces
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Les États-Unis affichent de longue date leur volonté d'être indépendants concernant les puces, notamment les plus performantes.
REUTERS/Florence Lo/Illustration/File Photo
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Les États-Unis affichent de longue date leur volonté d'être indépendants concernant les puces, notamment les plus performantes.
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Les États-Unis serrent encore la vis sur l'exportation des puces dédiées à l'intelligence artificielle (IA). Les autorités américaines ont présenté ce lundi 13 janvier de nouvelles règles en la matière. Elles ont pour objectif de « [compliquer] la tâche de nos concurrents, qui passent par la contrebande et les connexions à distance pour échapper à nos contrôles à l'export » tout en « [incitant] nos amis et partenaires du monde entier à faire appel à des fournisseurs de confiance pour l'IA avancée », a justifié Jake Sullivan, conseiller pour la sécurité nationale.
Ce mardi, l'Union européenne s'est dite « préoccupée » par les restrictions annoncées par Washington, a indiqué lundi la Commission européenne dans un communiqué. « Nous pensons qu'il est également dans l'intérêt de l'économie et de la sécurité des États-Unis que l'UE achète des puces d'IA avancées aux États-Unis sans aucune restriction », a souligné la Commission.
Concrètement, Washington veut imposer de nouvelles autorisations pour les exportations et les transferts de puces informatiques sophistiquées, dans une liste de pays élargie. Cette règle comporte une série d'exceptions pour les pays alliés, notamment quand il s'agit de volumes limités, par exemple pour répondre aux besoins des universités. Ainsi, environ 18 pays, dont la France, le Japon, la Grande-Bretagne, la Corée du Sud et les Pays-Bas, seront exemptés. Quelque 120 autres pays, dont Singapour, Israël, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, seront soumis à des plafonds. Les exportations seront en revanche bloquées aux pays soumis à un embargo sur les armes, tels que la Russie, la Chine et l'Iran.
La deuxième règle renforce les contrôles sur la diffusion des paramètres des modèles d'IA générative les plus perfectionnés. Enfin, les centres de données IA, qui contiennent les serveurs informatiques nécessaires pour faire fonctionner les modèles les plus innovants, devront respecter des conditions de sécurité renforcées pour avoir le droit d'importer des composants de pointe.
Avec ces nouvelles mesures, les États-Unis veulent tenter de conserver leur statut dominant dans le domaine de l'IA. « Les États-Unis sont aujourd'hui les premiers au monde en matière d'IA, qu'il s'agisse du développement de l'IA ou de la conception de puces spécialisées dans l'IA, et il est essentiel qu'ils le restent », a déclaré Gina Raimondo, la ministre du Commerce, lors d'un briefing à la presse.
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Ces mesures seront imposées aux processeurs graphiques avancés (GPU), notamment utilisés pour alimenter les centres de données nécessaires à la formation des modèles d'IA et fabriqués en grande partie par Nvidia et Advanced Micro.
Microsoft, Google et Amazon, pourraient quant à elles, demander des autorisations pour construire des centres de données qui permettront d'exempter leurs projets des réglementations. Pour obtenir une telle autorisation, les entreprises doivent se conformer à des conditions et restrictions strictes, notamment en termes de sécurité, et doivent partager rapports et historiques quant au respect des droits de l'homme. Les réglementations imposent par ailleurs des exigences de licence mondiales pour certaines puces - avec des exceptions - qui divisent le monde en trois catégories.
Réagissant à ces nouvelles mesures, Nvidia a critiqué leur portée « trop large » et estime que la Maison blanche va réprimer « une technologie qui est déjà disponible dans les PC de jeu grand public et le matériel grand public ».
Ce règlement n'entrera en vigueur que dans 120 jours. Et pour cause, les États-Unis sont à l'aube d'un changement de mandature : Donald Trump prend fonctions le 20 janvier. Cette période avant la mise en place des nouvelles règles a donc pour but de « laisser le temps à la nouvelle administration » de faire des changements si elle le souhaite, a précisé Gina Raimondo.
Les États-Unis affichent de longue date leur volonté d'être indépendants concernant cette technologie. Une stratégie qui avait d'ailleurs été amorcée par Donald Trump lors de son premier mandat (2016-2020). Le républicain avait mis une forte pression sur la Chine. Il lui avait imposé des tarifs douaniers élevés et d'autres mesures pour freiner l'avancée de l'Empire du Milieu sur l'IA.
Par la suite, Joe Biden a pris la relève. À l'automne 2023, le gouvernement avait dévoilé de nouvelles restrictions à l'exportation des puces les plus performantes vers la Chine, notamment les composants utilisés pour l'IA, pour empêcher leur utilisation par Pékin à des fins militaires. Et rebelote en décembre dernier, pour le même prétexte.
En parallèle, Joe Biden a cherché pendant ses quatre années de mandat à booster la production sur le sol américain. Car la chaîne d'approvisionnement actuelle des semi-conducteurs, de la fabrication à l'emballage, est concentrée dans une poignée de pays asiatiques, au premier rang desquels la Chine, Taïwan et la Corée du Sud. Or, pour le président américain, cette concentration comporte des risques en matière d'approvisionnement.
C'est la raison pour laquelle Joe Biden a fait voter en août 2022 la loi dite « Chips Act ». Pas moins de 52,7 milliards de dollars ont ainsi été fléchés pour stimuler l'investissement privé. Une stratégie payante, en témoignent les différentes annonces de construction d'usines aux États-Unis, à l'image de celle du géant sud-coréen SK Hynix dans l'État de l'Indiana ou de celles prévues par Intel dans plusieurs États de l'Ouest américain.
Reste que la première puissance économique mondiale est encore loin de ses niveaux d'autrefois. Les États-Unis représentent actuellement moins de 10% de la production mondiale de semi-conducteurs, selon la Maison Blanche. Et une part quasi nulle concernant ceux de haute précision. Contre plus de 40% il y a plusieurs décennies.
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La Chine a dénoncé ce lundi, dans l'après-midi, ces nouvelles règles d'exportation américaines qu'elle considère comme une « violation flagrante » des règles du commerce international. Pour Pékin, cette annonce « est un nouvel exemple de la généralisation du concept de sécurité nationale et de l'abus du contrôle des exportations et une violation flagrante des règles commerciales internationales », a réagi lundi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.
(Avec AFP)
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