Lâcher ou non la fabrication de puces, le grand dilemme d'Intel
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le futur d'Intel est désormais flou
Dado Ruvic
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le futur d'Intel est désormais flou
Dado Ruvic
Intel peut-il encore espérer un nouveau départ ? Ou bien est-il déjà condamné ? Lundi soir, le géant des semi-conducteurs a poussé brutalement à la retraite son dirigeant, Patrick Gelsinger. Il laisse derrière lui un groupe à la peine dans une industrie pourtant florissante, portée par le succès inédit de Nvidia.
Désormais, le géant de la tech est face à un dilemme. Se séparer de sa fonderie, responsable de ses difficultés financières et du mécontentement de ses investisseurs. Ou persévérer dans la stratégie à hauts risques de son ancien patron, en pariant sur son succès à plus long terme et sur le soutien de l'État.
Arrivé en février 2021 à la tête d'Intel dans un contexte de crise, Gelsinger a misé sur l'activité manufacturière - c'est-à-dire les chaînes de production et d'assemblage de semi-conducteurs - pour redorer le blason de l'acteur historique du secteur. Il y avait urgence : son principal concurrent, AMD, commençait déjà à grignoter son business historique de vente de processeurs - les fameux CPU, cœur de performance des ordinateurs et des serveurs - en plus de le déborder sur les autres types de puces.
L'emblématique patron d'Intel a donc lancé un plan ambitieux, et très onéreux, pour faire des fonderies d'Intel les meilleures du monde, et ainsi concurrencer sérieusement le taïwanais TSMC et le coréen Samsung. Mais il ne verra pas l'aboutissement de cette stratégie... désormais en suspens.
À lire également
Si Patrick Gelsinger saute, c'est avant tout à cause de la défiance du marché. L'action de l'entreprise est en chute libre de 53% depuis le début de l'année. Le dirigeant subit donc le même sort que son prédécesseur Bob Swan, lui aussi destitué abruptement début 2021, sous la pression d'investisseurs activistes. La tâche du nouveau retraité n'était pas facile. Certains diraient même perdue d'avance. Et l'équation ne sera pas plus facile pour son successeur.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

François Manens