Semi-conducteurs : Pékin s'en prend à Nvidia en réponse à Washington
latribune.fr
Nvidia est le plus gros producteur de puces dites GPU (Graphics Processing Unit), aussi appelées cartes graphiques, qui sont considérées comme indispensables au développement de l'IA générative.
Le géant américain des puces est sous le coup d'une enquête de la Chine qui le soupçonne d'avoir violé ses lois anti-monopole, a annoncé un média chinois ce lundi. Une mesure prise juste après une nouvelle restriction d'exportation de puces américaines vers Pékin.
Nvidia est dans le viseur de la deuxième puissance économique mondiale. Ce lundi, la télévision d'Etat CCTV a annoncé que Pékin a lancé une enquête sur le géant américain des puces pour violation présumée des lois anti-monopole.
La procédure contre le champion des semi-conducteurs a été initiée par les services publics de régulation des marchés et porte également sur la violation d'un engagement pris en 2020, lors de son acquisition de Mellanox Technologies Ltd, selon CCTV.
Cette annonce a fait baisser le titre du groupe californien de 2% avant l'ouverture de la Bourse de New-York. Nvidia est considéré comme le porte-étendard de la révolution de l'intelligence artificielle (IA) générative puisqu'il est, de très loin, le plus gros producteur de puces dites GPU (Graphics Processing Unit), aussi appelées cartes graphiques, qui sont considérées comme indispensables au développement de l'IA générative.
De son côté, l'administration Biden a annoncé, début décembre, une troisième vague de restrictions sur les ventes à 140 entreprises chinoises de semi-conducteurs et d'équipements utilisés dans la fabrication des précieuses puces. L'objectif est d'« entraver la capacité de la Chine à acquérir et produire les technologies nécessaires à sa modernisation militaire », avait précisé le département du Commerce. Sont concernées entre autres les sociétés chinoises Piotech et SiCarrier Technology, ou encore Naura Technology Group, qui fabrique des équipements de production de puces, selon le ministère du Commerce.
En réponse, mardi dernier, Pékin a annoncé des restrictions de ses exportations de métaux rares, notamment le gallium, le germanium et l'antimoine, des matériaux essentiels à la conception de panneaux solaires et de puces électroniques utilisées dans de nombreuses technologies civiles et militaires. Or le pays représente 94% de la production mondiale de gallium, un métal stratégique utilisé dans les panneaux solaires, les radars ou encore les transistors, selon un rapport de l'Union européenne publié cette année. Elle est également la source de 83% du germanium, un métalloïde utilisé dans la fabrication de fibre optique ou de récepteurs infrarouges. Ces matériaux jouent un rôle « critique dans l'industrie des technologies de pointe », et « beaucoup de fabricants intermédiaires avaient commencé à (les) stocker », a commenté auprès de l'AFP Brady Wang, directeur associé au cabinet de conseil Couterpoint.
Newsletter
Tech & IA
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.
La guerre technologique et commerciale que se livrent les deux pays fait rage. Et elle pourrait encore s'amplifier avec l'arrivée du président nouvellement élu. Le deuxième mandat de Donald Trump, qui débutera le 20 janvier, devrait s'inscrire dans la même veine que son précédent. Il a d'ores et déjà menacé d'augmenter les droits de douane, pour inciter les entreprises à rapatrier tout ou partie de leur production aux États-Unis.
Donald Trump a basé sa campagne sur sa volonté de freiner l'essor technologique de la Chine en coupant l'accès des entreprises chinoises au meilleur de la propriété intellectuelle américaine.