En Corée du Sud, le vice-président de Samsung à nouveau devant la justice
AFP, Sunghee Hwang

Lee Jae-yong entouré par deux policiers.
Reuters
AFP, Sunghee Hwang

Lee Jae-yong entouré par deux policiers.
Reuters
Le cauchemar continue pour Lee Jae-yong, vice-président de Samsung Electronics. L'hériter de l'empire sud-coréen est de nouveau jugé, ce vendredi 25 octobre, pour corruption. Le dirigeant de Samsung, dont les bénéfices sont en chute depuis plusieurs mois, avait déjà été condamné en 2017 à cinq ans d'emprisonnement pour son rôle dans le retentissant scandale de corruption qui a emporté l'ancienne présidente Park Geun-hye. Affichant un visage impassible, il est arrivé, ce vendredi matin, à la Haute cour de justice à Séoul, entouré de ses avocats.
"Je suis désolé d'avoir causé autant de soucis aux gens. Je présente mes excuses", a-t-il simplement déclaré aux journalistes. Il avait été libéré en février après avoir fait appel de sa condamnation. En août, la Cour suprême sud-coréenne a cassé le jugement en appel et ordonné que M. Lee et Mme Park soient rejugés.
Ce nouveau procès, qui devrait durer plusieurs mois, tombe au plus mal pour Samsung Electronics, qui fait les frais des sanctions commerciales imposées à la Corée par Tokyo, sur fond de vieux contentieux hérités du passé colonial japonais dans la péninsule coréenne. Bien que les activités quotidiennes du géant de l'électronique sud-coréen soient gérées par un conseil d'administration, l'absence du vice-président pourrait ralentir la prise de décisions importantes, selon un rapport de KB Securities.
Ce procès accroît un peu les incertitudes qui pèsent sur la compagnie, selon une source en prise directe avec le géant de l'électronique pour qui "il y a des choses que seul Lee Jae-yong peut faire". Samsung Electronics est le fleuron du groupe Samsung, le plus grand conglomérat familial sud-coréen, ou "chaebol", dont les diverses activités industrielles représentent une part importante de la 11e économie mondiale. Son chiffre d'affaires mondial équivaut au cinquième du produit intérieur brut du pays. "Cela fait peser un poids très lourd sur Samsung Electronics et cela aura des répercussions négatives sur l'économie coréenne", selon Kim Dae-jong, professeur d'économie à Sejong University. Le bénéfice opérationnel du numéro un mondial sur le marché du smartphone a chuté de 50% au troisième trimestre, ce qui constitue le quatrième trimestre consécutif de reflux.
Le groupe est notamment victime de la baisse des prix des semi-conducteurs et du manque de vigueur du marché pour ses combinés. Il a par ailleurs été repoussé le lancement de son Galaxy Fold, le tout premier appareil avec écran pliable, avec le Huawei Mate X, à cause de la fragilité de son écran. Les procès de M. Lee et de Mme Park avaient mis en lumière les relations malsaines entre les classes dirigeantes et les puissantes familles qui tiennent les grands conglomérats du pays.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

L'ex-présidente, qui purge actuellement une peine de 25 ans de prison, et sa confidente Choi Soon-sil était accusées d'avoir contraint des groupes sud-coréens à leur verser des pots-de-vin en échange de faveurs politiques. M. Lee avait été poursuivi notamment pour les millions de dollars que Samsung avait versés à Mme Choi Soon-Sil, pour acheter le soutien du gouvernement à la passation générationnelle du pouvoir au sommet du groupe à la suite de la crise cardiaque de son père en 2014.
M. Lee s'était rendu à Tokyo en juillet pour négocier la possibilité de continuer à s'approvisionner après les sévères restrictions de produits cruciaux pour les géants sud-coréens des technologies imposées par le Japon. En octobre, il a annoncé un plan d'investissement de plus de 9,87 milliards d'euros pour développer des écrans nouvelle génération. Le président sud-coréen Moon Jae-in se tenait à ses côtés lors de cette annonce. Les deux hommes se sont rencontrés à neuf reprises depuis la libération de l'héritier de Samsung. "Je remercie Samsung pour... être à la tête de l'économie sud-coréenne", a-t-il déclaré.
À lire également
M. Moon avait promis de mettre fin à la corruption et depuis son arrivée à la présidence, en 2017, il affiche des relations de plus en plus chaleureuses avec le plus grand groupe du pays. La Corée du Sud connaît une croissance d'environ 2% et, comme ses prédécesseurs, M. Moon compte sur Samsung pour soutenir l'économie, a expliqué le professeur Kim. Selon Noh Dong-ill, professeur de droit à l'Université de Corée, le système judiciaire sud-coréen a tendance à se montrer plus clément avec les dirigeants de conglomérats, en raison de leur "contribution à l'économie nationale". Le père et le grand-père de M. Lee ont eu des démêlés avec la justice mais n'ont jamais fait de prison. "Les juges pourraient parvenir à une décision similaire cette fois-ci", selon M. Noh.
AFP, Sunghee Hwang
Un incident majeur toutes les deux heures : les risques cyber explosent dans la finance européenne
448 TWh d'électricité par an, 4.500 milliards de litres d’eau : les coûts cachés de la révolution de l’IA
Meta recule sur son outil de surveillance des salariés pour entraîner son IA
Bruxelles dévoile son grand plan pour la souveraineté technologique, avec des instruments encore timides