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La nouvelle n'a pas surpris grand monde. Depuis plusieurs semaines, les rumeurs évoquaient de nouvelles coupes d'effectifs chez Ericsson. Ce mardi, celles-ci ont été officialisées : le spécialiste des équipements télécoms a annoncé la suppression de 3.900 postes en Suède. Dans le détail, 3.000 postes vont disparaître dans la production, la recherche, le développement et les ventes, ainsi que 900 consultants. Une véritable hécatombe pour l'industriel suédois, qui emploie chez lui 16.000 personnes - contre un peu plus de 100.000 dans le reste du monde. Mais d'après Jan Fryhammar, son directeur général, ces « mesures » sont « nécessaires pour assurer la compétitivité à long terme d'Ericsson et sa position dominante dans les technologies et les services ».
En juillet dernier, l'équipementier suédois avait donné le ton : dans la foulée d'un mauvais second trimestre (marqué par un bénéfice net en chute de 25%, à 169 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires en baisse de 11% à 5,46 milliards d'euros), le groupe avait annoncé « de nouvelles actions » pour réduire encore davantage les coûts. De manière générale, « la tendance négative du secteur s'est intensifiée et affecte la demande en réseaux mobiles à haut débit », déplorait alors Hans Vestberg, l'ex-PDG du groupe. Lequel a été remercié une semaine plus tard pour avoir échoué à redresser la rentabilité après six ans à la tête du groupe.
De fait, Ericsson est en difficulté aussi bien sur les marchés matures (en Europe et aux États-Unis) que sur les marchés émergents (en Amérique du Sud ou en Chine). Il faut dire que dans le petit monde des équipements de réseaux, « la pression est à tous les étages », comme le soulignait l'Idate dans son « Digiworld Yearbook » au printemps dernier :
En plus d'être confronté aux politiques d'investissements publics et privés parfois erratiques, conséquence des difficultés de nombre d'opérateurs fixes et mobiles, Ericsson est aussi plombé par une concurrence de plus en plus féroce. Outre la force de frappe du nouvel ensemble Alcatel-Nokia, le géant suédois doit faire face à de nouveaux arrivants très agressifs : les chinois HTC et Huawei.
Conscient depuis longtemps de ces menaces, Ericsson a choisi, pendant des années, de multiplier les emplettes dans les logiciels et les services IT. Parmi eux, on trouve des solutions allant du support à l'intégration des systèmes, en passant par la télévision sur IP ou le cloud. Ce faisant, Ericsson a voulu élargir son offre aux opérateurs télécoms, en les « accompagnant » lorsqu'ils investissent de nouveaux créneaux, comme les médias ou la télévision. Résultat, aujourd'hui, à côté des équipements télécoms, les services et les solutions de support représentent la moitié de son chiffre d'affaires global, soit environ 13 milliards d'euros. Entre 2010 et 2016, les effectifs du groupe sont en parallèle passés de 82.500 à 116.300 collaborateurs. L'ennui, c'est que dans le même temps, les résultats du groupe se sont progressivement dégradés, remettant en cause sa stratégie de diversification.
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Ainsi, pour de nombreux observateurs, Ericsson ressemble de plus en plus à un bateau ivre. D'autant que depuis le licenciement d'Hans Vestberg, le groupe se cherche toujours un nouveau chef de file... Dans une note publiée fin août, Exane-BNP Paribas affirme que « Ericsson a besoin de changement ». Pour ses analystes, le groupe doit cesser de s'éparpiller dans tous les domaines, doutant, par exemple, de la pertinence pour un équipementier de proposer des solutions de télévision sur IP...
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Loin de baigner dans la sérénité, Ericsson fait en plus l'objet d'un gros conflit entre ses actionnaires. Comme l'expliquait cet été le quotidien Svenska Dagbladet, d'après l'AFP, Handelsbank (qui contrôle 20,05% des droits de vote) accuse la riche et influente famille Wallenberg (21,50% des droits de vote) de freiner les restructurations. D'après une source proche de la banque citée par le quotidien, ce comportement est interprété comme une manière pour la famille « de faire pression sur le cours de Bourse afin de pouvoir [lui] racheter [ses parts] à bas prix, et ensuite vendre [Ericsson] à Cisco ». Un bras de fer qui n'est - c'est peu dire - guère favorable au redressement de cet ex-fleuron mondial de la sphère high-tech.
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