Etats-Unis : comme Verizon, AT&T est chahuté dans la téléphonie mobile

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L'opérateur à vu son chiffre d'affaires baisser de 2,9% à 39,4 milliards de dollars.
L'opérateur à vu son chiffre d'affaires baisser de 2,9% à 39,4 milliards de dollars. (Crédits : © / Reuters)
A l'instar de son grand rival Verizon, AT&T a signé des résultats trimestriels décevants outre-Atlantique. C’est la raison pour laquelle l’opérateur cherche de nouveaux relais de croissance. Il mise notamment sur la télévision, en témoigne son rachat de Time Warner.

Le géant américain des télécoms AT&T a souffert au premier trimestre des pressions croissantes sur le marché de la téléphonie mobile, qui justifient sa stratégie de diversification vers la télévision avec notamment le rachat en préparation du groupe de médias Time Warner. D'après les résultats publiés mardi, AT&T a vu son bénéfice net trimestriel reculer de 8,8% à 3,5 milliards de dollars. Le bénéfice ajusté par action, qui sert de référence aux Etats-Unis, a atteint 74 cents, soit exactement la prévision moyenne des analystes.

Mais le chiffre d'affaires a déçu, avec une baisse de 2,9% à 39,4 milliards, contre 40,6 milliards attendus. Dans son communiqué, AT&T justifie le recul "en premier lieu par des ventes d'équipements à des planchers record dans le mobile". Le groupe dit bien avoir enregistré ce trimestre 2,7 millions d'ajouts nets à sa base d'utilisateurs mobiles, dont 2,1 millions aux Etats-Unis, grâce avant tout aux cartes prépayées et aux objets connectés.

Perte de 191.000 abonnés

Il concède en revanche une perte nette de 191.000 abonnés pour des formules forfaitaires sur son marché domestique, et reconnaît que ces derniers ont peu remplacé leurs téléphones (ce qui s'accompagne généralement d'un renouvellement de leur abonnement pour un ou deux ans) : AT&T dit avoir vendu 1 million de téléphones de moins qu'un an plus tôt. Les revenus totaux tirés des activités mobiles aux Etats-Unis accusent ce trimestre un recul de 4,4% sur un an, à 17,2 milliards de dollars.

AT&T a parallèlement renoncé à faire une prévision de chiffre d'affaires pour l'ensemble de l'année, invoquant là encore "l'imprévisibilité des ventes de téléphones mobiles". Il y a trois mois, il espérait encore une croissance "d'un bas pourcentage à un seul chiffre". Il continue en revanche de tabler sur une progression d'environ 5% de son bénéfice par action, mais cela n'empêchait pas l'action du groupe de perdre 0,35% vers 23h15 GMT dans les échanges électroniques suivant la clôture de Wall Street.

Diversification

La téléphonie mobile a été pendant plusieurs années une vache à lait pour AT&T comme pour son grand concurrent Verizon, qui a également enregistré des résultats décevants au premier trimestre à cause notamment de désabonnements inattendus. Les deux poids lourds s'efforcent donc tous les deux de se diversifier pour réduire leur dépendance à ce marché très concurrentiel et de plus en plus saturé. Verizon est en train de réorienter son activité vers le contenu vidéo et la publicité en ligne. C'est dans cette optique qu'il a prévu de racheter le cœur de métier du groupe internet Yahoo!, après avoir déjà mis la main sur un autre ex-fleuron américain d'internet, AOL.

AT&T a pour sa part entrepris de se renforcer vers la distribution et les contenus télévisés, avec plusieurs grandes acquisitions ces dernières années. Les deux plus importantes sont celle de l'opérateur satellitaire DirecTV, bouclée à l'été 2015, et celle annoncée en octobre de Time Warner, qui est censée être finalisée d'ici la fin de l'année mais nécessite toujours un feu vert des autorités. AT&T investit parallèlement pour renforcer son réseau mobile de prochaine génération (5G), avec les annonces récentes d'acquisition comme Fiber Tower ou Straight Path. Ce dernier, spécialisé dans les bandes d'hyper-fréquences, a toutefois annoncé mardi avoir reçu une offre plus intéressante que celle présentée par AT&T. Celui-ci a cinq jours ouvrables pour renégocier son offre et évalue actuellement ses options, a précisé le directeur financier, John Stephens, lors d'une téléconférence avec des analystes.

(avec AFP)

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