Free de plus en plus en difficulté face à la concurrence

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Xavier Niel, le fondateur et propriétaire d'Iliad (Free).
Xavier Niel, le fondateur et propriétaire d'Iliad (Free). (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Malgré un bon lancement en Italie, le groupe de Xavier Niel souffre en France. Au premier semestre, l’opérateur a perdu des abonnés dans l’Internet fixe comme dans le mobile. Le titre, lui, a perdu près de la moitié de sa valeur en un an.

Après Bouygues Telecom et SFR, c'est désormais au tour de Free de broyer du noir. L'opérateur de Xavier Niel est aujourd'hui dans une passe difficile. Au premier semestre, le groupe a enregistré une performance commerciale qu'il a lui-même, dans un communiqué, qualifiée de « décevante ». Sur les six premiers mois de l'année, l'opérateur a perdu 70.000 abonnés dans le mobile, et, surtout, 53.000 fidèles dans l'Internet fixe. Sur ce dernier créneau, sur lequel Free s'est toujours reposé pour se développer - et notamment financer son lancement dans le mobile 2012 -, le revenu moyen par abonné a baissé de 1,1 euro, pour s'établir à 32,8 euros.

En fin de matinée, le titre d'Iliad, la maison-mère de Free, ne baissait pourtant pas en Bourse. Au contraire, celui-ci a grimpait d'environ 10%, à 119 euros. Il faut dire que les marchés avaient largement anticipé cette mauvaise copie, suite à la publication, la semaine dernière, des bons résultats du rival de Free, Bouygues Telecom. Dans un marché mature comme celui des télécoms, les gains d'abonnés d'un acteur se soldent toujours par des pertes chez un autre, tel un phénomène de vases communicants. Voilà pourquoi, la semaine dernière, le titre d'Iliad baissé de manière importante en Bourse. Sachant que celui-ci a perdu près de la moitié de sa valeur depuis un an.

Des résultats « pas à la hauteur »

Ces résultats d'Iliad ne constituent pas une surprise. Au printemps dernier, le groupe avait déjà montré des difficultés lors de la publication de résultats trimestriels marqués, déjà, par une perte d'abonnés dans l'Internet fixe. Pour se relancer, l'opérateur avait annoncé une nouvelle stratégie commerciale tout en se dotant d'un nouveau DG : Thomas Reynaud, l'ex-directeur financier du groupe.

Dans son communiqué du jour, Free rappelle que dans l'Internet fixe, « dans le contexte d'un marché mature, concurrentiel et promotionnel, le groupe a fait le choix de recentrer sa stratégie autour d'une montée en valeur progressive de sa base d'abonnés ». Comment ? « En commercialisant de nouvelles offres sur son site Internet, en initiant, une politique de fidélisation de ses abonnés, et en intensifiant le rythme des migrations FTTH [c'est-à-dire de l'ADSL à la fibre, Ndlr] », indique-t-il. Grâce à cette « nouvelle politique commerciale », Iliad affirme que « les recrutements nets du groupe sont redevenus positifs sur la période juillet-août ». Interrogé par l'AFP, Thomas Reynaud se veut optimiste :

« Nous avons eu des résultats qui n'ont pas été hauteur de nos ambitions avec un léger retrait de notre base d'abonnés, ce qui est décevant, concède-t-il. Nous avons cependant réagi très vite, avec des mesures commerciales qui ont rapidement porté leurs fruits, avec un retour à la croissance des abonnés depuis juin. »

Bon lancement en Italie

Dans ce contexte, Iliad mise notamment beaucoup sur ses nouvelles box, attendues d'ici peu, pour se relancer.

Quoi qu'il en soit, les difficultés de Free posent une énième fois la question de la viabilité d'un marché français à quatre opérateurs. Depuis l'arrivée de Free Mobile, il y a six ans, il y a toujours un homme malade dans ce secteur. C'est la raison pour laquelle la possibilité d'une consolidation - c'est-à-dire un retour à trois opérateurs -, ne cesse d'agiter le marché. Lors d'une conférence réservée aux analystes financiers, ce mardi, les dirigeants d'Iliad ont ainsi précisé, selon Reuters, que s'ils ne se voyaient pas le déclencheur d'une consolidation en France, un scénario de rapprochement entre SFR et Bouygues, souvent évoqué ces derniers mois, était le plus probable. Xavier Niel a, en outre, indiqué qu'il n'était pas prêt à abandonner le contrôle de sa société.

Une bonne nouvelle, toutefois : le lancement d'Iliad en Italie a démarré sur les chapeaux de roues. Le groupe assure que son offre mobile, qui a vu le jour fin mai, a déjà séduit plus de 1,5 million d'abonnés.

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Commentaires
a écrit le 05/09/2018 à 9:03 :
Comme quoi Bouygues a mis 6 ans à comprendre que pour lutter contre un acteur du fixe qui vient casser les prix sur le mobile il ne faut pas seulement se défendre mais surtout attaquer
Hallucinant que Bouygues n’est pas répliqué dans le fixe le lendemain de l’annonce de free mobile (voir juste après l’achat des fréquences par free pour couper les capacités d’investissement de free)

Pas très stratèges ces Bouygues mais ils ont bien répliqué depuis
a écrit le 04/09/2018 à 18:06 :
" a grimpait " ; quelle horreur
a écrit le 04/09/2018 à 16:13 :
Dans un oligopole sectoriel, largement étudié par Michael Porter, l'homme malade est le n°4 et les suivants. Mais dans un oligopole dynamique, les positions changent fréquemment au prix de quelques réorganisations, innovations et gains de productivité.. Les oligopoles à 2 ou 3 sont bien plus faciles à vivre et plus compatibles avec la stabilité obtenue au prix d'une certaine dégradation concertée du service des clients avec les bons offices du gouvernement.
Réponse de le 04/09/2018 à 23:56 :
Il vaudrait mieux 6 opérateurs paneuropéens que 3 nationaux... Ils auraient la masse critique, et le choix serait meilleur localement.
a écrit le 04/09/2018 à 16:06 :
Le marché se tasse, c'est logique on ne peut pas tous disposer de 36 lignes à la fois. Les prix sont là il suffit d'améliorer un peu le service client, et je trouve qu'il y a eu quand même des efforts en la matière, surtout face à une concurrence ne sachant que détruire ce service, et ça devrait gazer.

Une petite histoire quand même d'un ami qui avait prit le forfait à 20 euros free en même temps que son smartphone chinois et se plaignait que le réseau de chez free 4g n'était jamais disponible. Son téléphone chinois lâcha au bout d'un an, il a récupéré un ASUS et s'est retrouvé avec la 4G sans problème.

Que se passe t'il avec les portables chinois ? N'ont ils pas été franchement sur-côtés en UE ?
Réponse de le 04/09/2018 à 19:59 :
Asus n'est il pas chinois?
Réponse de le 05/09/2018 à 8:54 :
SI on va par là ils sont tous chinois puisque tous les constructeurs de smartphone font au moins assembler leurs machines en Chine.

Asus ne fait qu'assembler d'ailleurs les composants en Chine contrairement à apple par exemple qui les fait complètement fabriquer là bas.

Vous pouviez une fois de plus vous passer de cette intervention... -_-

Vos fixettes sont sans intérêt.
a écrit le 04/09/2018 à 15:40 :
on attend avec une certaine impatience les forfaits intermédiaires.
faudra pas attendre de trop !!
Réponse de le 04/09/2018 à 18:08 :
tout a fait d accord avec vous . le feront il (Free ) j en doute .

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