Gronde chez Google : les salariés s'inquiètent d'un retour en Chine

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Le géant américain Google avait retiré son moteur de recherche de Chine en 2010.
Le géant américain Google avait retiré son moteur de recherche de Chine en 2010. (Crédits : Dado Ruvic)
La firme de Mountain View travaille sur une version censurée de son moteur de recherche afin de conquérir un marché potentiel de 772 millions d'internautes. Au sein de Google, qui avait retiré son activité principale de Chine en 2010, une colère grandissante s'installe. Certains employés vont même jusqu'à dénonce une "trahison".

Le potentiel retour de Google en Chine inquiète ses employés. Le géant américain travaillerait en interne sur une version censurée de son moteur de recherche afin de se plier aux exigences de contrôle du Parti communiste, a dévoilé la semaine dernière le magazine The Intercept. Baptisé "Dragonfly" (en français, libellule), le projet serait dans les tuyaux depuis le printemps 2017. Il aurait connu un coup d'accélération en décembre, suite à une rencontre entre le Pdg de Google, Sundar Pichai, et des représentants du gouvernement chinois.

La presse américaine a dévoilé ce week-end plusieurs témoignages d'employés, traduisant un mouvement d'inquiétude au sein de la firme de Mountain View. Selon le New York Times, plusieurs employés ont refusé de travailler sur ce projet de moteur de recherche censuré - préférant changer de service voire même, quitter l'entreprise. Pour d'autres salariés, ce projet viole la position adoptée par Google il y a huit ans. L'entreprise américaine, alors dirigée par Eric Schmidt, avait retiré son moteur de recherche en 2010, invoquant une trop forte censure et des cyberattaques à répétition.

"Les gens font confiance à Google pour partager de vraies informations, mais l'application dédiée au marché chinois est une trahison", témoigne un employé sous couvert d'anonymat auprès de Bloomberg.

| Lire aussi : Google prêt à s'auto-censurer pour reconquérir la Chine

"Silence radio"

Google tente depuis vendredi de contenir cette fronde grandissante. Toujours selon The Intercept, le groupe a fermé les accès de la plupart des employés aux documents relatifs au projet "Dragonfly" après les fuites dans la presse. "Il y a eu un silence radio total de la hiérarchie, ce qui rend beaucoup de gens mécontents et effrayés", raconte à l'AFP un salarié anonyme, affirmant que leurs forums de discussion internes parlent abondamment du sujet et que les gens sont "furieux".

Cette version censurée serait destinée au système d'exploitation Android. Ce moteur filtrerait les sites internet et les mots clés interdits par le gouvernement chinois. Le pays est réputé pour sa politique de censure de l'Internet, connue sous le nom de "Great Firewall of China" (en français, Grande Muraille électronique de Chine). Comme tous les grands groupes technologiques, Google doit concéder des faveurs au pouvoir communiste ou renoncer à ce marché gigantesque de 772 millions d'internautes - le plus grand marché au monde.

Vers des accords sur le cloud ?

A la tête de Google depuis 2015, Sundar Pichai a toujours affiché son ambition de pénétrer le marché chinois. D'ailleurs, si le moteur de recherche était bloqué, le géant américain n'est pas totalement absent dans la deuxième économie mondiale. Google dispose de trois bureaux avec plus de 700 employés. Certains de ses services, comme Google Traduction ou FilesGo (transfert de documents), sont également disponibles. En pleine opération séduction, Google a annoncé en décembre l'ouverture d'un centre de recherche sur l'intelligence artificielle à Pékin.

Et ce n'est qu'un début. Google serait est en discussions avec le mastodonte Tencent et d'autres groupes chinois pour pouvoir proposer ses services de "cloud" dans ce pays, a dévoilé Bloomberg vendredi. De tels accords lui permettrait de proposer ses services en les faisant tourner sur des data centers et serveurs d'entreprises chinoises, afin de se conformer aux exigences de la Chine. En effet, une nouvelle loi sur la cybersécurité est entrée en vigueur dans le pays le 1er juin 2017. Objectif affiché : lutter contre les hackers et le terrorisme. Cette loi impose aux entreprises étrangères de stocker les informations personnelles de leurs clients et les données sur leurs affaires sur le sol chinois. N'ayant pas (encore) de data centers en Chine, Google doit donc nouer des partenariats s'il souhaite proposer ses services.

Lire aussi : Cybersécurité : la Chine renforce son emprise sur les entreprises étrangères

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Commentaires
a écrit le 07/08/2018 à 8:29 :
Google, comme toutes les sociétés sur terre, ne serait-il intéressé que par les profits? Les bisounours vont être déçus. mdr
a écrit le 06/08/2018 à 22:25 :
Si google veut pénétrer le marché chinois, il se pliera à la législation chinoise et trouvera des employés pour développer ses services en Chine ; point.
Les gesticulations risibles de quelques employés, du new york times et de l'afp font peine à voir.

A ceux qui s'offusquent ici de la censure en Chine, regardez déjà ce qui se passe dans votre propre pays : page de Génération Identitaire fermée par facebook, chaîne de réinformation de TVLibertes.com avec 4 ans de programmes et 100 000 abonnés fermée par youtube (google) !
a écrit le 06/08/2018 à 18:27 :
on.parle de google et vous, tout de suite vous la ramenez avec trump et l ue.
merci poir cette messe insipide
a écrit le 06/08/2018 à 16:52 :
On aurait du dégager google depuis longtemps de l'UE comme les chinois car ils font courrir un risque à la sécurité nationale dès lors que l'on ne suit plus les directives de l'oncle sam... et leur modèle est facilement réplicable pour peu que nos politiciens ne soient pas corrompus par les lobbyes...
a écrit le 06/08/2018 à 16:37 :
Comment Google peut-il accepter la censure réclamée par les Chinois, un vrai scandale démocratique et tout ça pour le fric.
Réponse de le 06/08/2018 à 16:55 :
Mais, vous subissez, sans le savoir, la censure et c'est un scandale démocratique que vous ne ressentez pas!
a écrit le 06/08/2018 à 16:12 :
Apple y est depuis longtemps et a coopéré avec le gouvernement, son cloud reside en chine dans une sté proche du gouvernement . Cette mème société qui fait pourtant sa pub sur les libertés.. Un peu la meme chose quand elle se sert de l’éducation pour sa pub, alors qu'elle fait tout pour s'esquiver de l’impôt par des montages dans des paradis fiscaux. Que google vienne en chine alors qu'apple le fait depuis longtemps, disons qu'ils ont freiné un peu plus que chez la pomme qui elle ne s'est même pas posé de question sur la censure.
a écrit le 06/08/2018 à 15:53 :
Donc non seulement Google espionne et met en fiches le net et ses "abonnés" mais en plus il pratique la censure... en attendant la collaboration pleine et entière avec les autorités chinoises dans la chasse aux dissidents.

Enfin, si les gens aiment l'esclavage c'est leur problème.
a écrit le 06/08/2018 à 12:13 :
Toujours le même problème avec la Chine, tandis que tous les actionnaires milliardaires du monde délocalisaient en masse leurs outils de production dans ce pays afin de faire exploser leurs marges bénéficiaires et générer pollution de masse et précarité généralisée au passage, ceux-ci nous promettaient d'avancer vers la démocratie.

En 2018 Google est obligé de mettre une censure sur son logiciel afin de vendre en Chine.

Bon maintenant que les prêcheurs néolibéraux se sont usées à nous asséner leurs insipides messes et se reposent dans leurs villas à Nice est-ce que l'on peut enfin porter un regard serein sur notre économie ?

Parce que au final qu'est-ce que 'on reproche à Trump ? D'avoir le courage de faire ce que nos dirigeants politiques et économiques européens sont incapables de faire, tout simplement.
a écrit le 06/08/2018 à 12:06 :
Les bons sentiments d'un côté, le fric de l'autre... Le fric l'emportera comme toujours.
Réponse de le 06/08/2018 à 13:10 :
Mais enfin et le pays sur lequel vous fondez tous vos espoirs pour la heu... pour la quoi au fait vous fondez vos espoirs dessus svp ?

AH oui contre le méchant Trump voilà c'est ça...
Réponse de le 06/08/2018 à 16:05 :
Mais qu'a fait votre bon Trump contre les multinationales spécialistes de la fraude fiscale: une baisse d’impôt géante pour les faire revenir.
Les multinationales ont eu ce qu'elles voulaient.
Réponse de le 07/08/2018 à 8:20 :
"Les multinationales ont eu ce qu'elles voulaient. "

ET du coup elles payent leurs impôts aux états unis et les multinationales européennes elles payent elles aussi leurs impôts en europe ?

Ben non grâce à des gens comme Junker elles s'évadent massivement fiscalement.

Comment faites vous pour ne rien voir si ce n'est volontairement svp ? On peut pas être aussi mauvais que ça je ne le crois pas. Ce que vous faites là c'est moche, vraiment...
Réponse de le 07/08/2018 à 10:09 :
@ ti pano

Pourquoi vous êtes en train de nous exposer tout vos pseduos là !? Pour illustrer mes propos ?

Pas besoin je vous rassure...

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