Cloud : Amazon va investir près de 10 milliards d'euros au Royaume-Uni
latribune.fr
L'investissement sera apporté par Amazon Web Services (AWS), la filiale du géant dédiée au 'cloud' pour construire, exploiter et gérer la maintenance de centres de données au Royaume-Uni.
Le géant américain du e-commerce va investir 8 milliards de livres (9,5 milliards d'euros) dans le « cloud » au Royaume-Uni, une manne aussi colossale que bienvenue pour le nouveau gouvernement travailliste, pressé de faire ses preuves sur le plan économique.
Une nouvelle qui tombe à point nommé. Alors que le nouveau Premier ministre Keir Starmer fait face aux critiques, après avoir annoncé que son premier budget, attendu le 30 octobre, serait « douloureux », Amazon annonce vouloir investir 8 milliards de livres (9,5 milliards d'euros) dans le « cloud » au Royaume-Uni.
Cet investissement sur cinq ans doit permettre de « soutenir environ 14.000 emplois » par an, anticipe le géant américain dans son communiqué. Il doit aussi contribuer, toujours selon Amazon, à hauteur de 14 milliards de livres sterling au produit intérieur brut (PIB) du pays jusqu'en 2028. L'investissement annoncé mercredi sera apporté par Amazon Web Services (AWS), la filiale du géant dédiée au cloud, pour construire, exploiter et gérer la maintenance de centres de données au Royaume-Uni. Le groupe, qui emploie 75.000 personnes dans le pays sur plus de 100 sites, précise dans son communiqué. Il y indique avoir investi 56 milliards de livres au Royaume-Uni entre 2010 et 2022.
Des investissements massifs
AWS multiplie depuis plusieurs mois les annonces d'investissements massifs en Europe : près de 18 milliards d'euros en Allemagne, 15,7 milliards en Espagne ou encore 1,2 milliard en France. Ces investissements surviennent en plein débat, au sein de l'UE, sur la question du « cloud souverain européen », devant permettre le stockage et le traitement de données en ligne sans passer par les géants technologiques américains. Amazon investit aussi ailleurs dans le monde, comme à Singapour, où l'entreprise a annoncé en mai un investissement représentant l'équivalent de 8,3 milliards d'euros sur les quatre prochaines années.
Le groupe a annoncé le mois dernier avoir doublé ses bénéfices trimestriels, porté par le cloud, dont il est numéro un mondial, et l'IA. Les revenus d'AWS, en particulier, ont progressé de 19% à 26,3 milliards de dollars au deuxième trimestre. Si Amazon a pris du retard dans l'IA générative sur les deux autres géants du secteur, Microsoft et Google, le cloud est essentiel dans le déploiement de ces outils pour les entreprises et les particuliers, d'où des investissements massifs dans de nouveaux centres de données ad hoc.
Du pain bénit pour le gouvernement britannique
Pour le Royaume-Uni, l'annonce intervient dans un contexte économique tendu.
Cette annonce «marque le début de la reprise économique et montre que la Grande-Bretagne est un pays où il fait bon faire des affaires», s'est félicitée la ministre des Finances Rachel Reeves dans un communiqué. Mais «je serai honnête avec le peuple britannique : le changement ne se fera pas du jour au lendemain».
Le gouvernement, qui a fait de la relance de la croissance sa priorité, compte notamment sur la création d'un « fonds souverain national », qui sera abondé de 7,3 milliards de livres (8,7 milliards d'euros) sur cinq ans, pour doper l'investissement dans le pays. Mais la majorité travailliste doit composer avec des finances publiques au plus mal : la dette publique flirte avec les 100% du produit intérieur brut (PIB), conséquence notamment des aides distribuées pendant la pandémie de Covid et la crise de l'énergie.
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Selon Dennis Tatarkov, économiste chez KPMG UK, l'emprunt public plus élevé que prévu « laisse peu de marge de manœuvre pour le budget », d'autant qu'un « ralentissement attendu de la croissance » pourrait encore limiter les recettes fiscales au second semestre. L'emprunt du secteur public a atteint le mois dernier 3,1 milliards de livres (3,6 milliards d'euros), le chiffre « le plus élevé pour un mois de juillet depuis 2021 », nettement supérieur aux attentes, a selon l'Office national des statistiques (ONS).
Et si l'exécutif blâme les précédents gouvernements conservateurs pour ce trou dans les caisses, il n'en subit pas moins la pression des syndicats et de ses propres rangs pour délier les cordons de la bourse et relever des services publics à genoux ou revenir sur sa décision de mettre fin à un chèque énergie pour quelque dix millions de retraités. Parmi les détracteurs de cette réforme, la secrétaire générale d'Unite, Sharon Graham, a accusé le parti travailliste d'avoir choisi de « faire les poches des retraités » plutôt que de s'attaquer aux plus riches. Après un débat animé à la Chambre des Communes, une motion destinée à stopper la réforme a finalement été rejetée par 348 voix (contre 228). Plusieurs députés ont crié « honte ! » à l'annonce du résultat.