Amazon déçoit le marché à cause de projections plombées par les investissements en IA
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Amazon a vu son bénéfice net doubler à 13,5 milliards de dollars au deuxième trimestre, un résultat bien meilleur qu'attendu.
DADO RUVIC
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Amazon a vu son bénéfice net doubler à 13,5 milliards de dollars au deuxième trimestre, un résultat bien meilleur qu'attendu.
DADO RUVIC
C'est un résultat en demi-teinte pour Amazon au deuxième trimestre qui voit d'une part son bénéfice net doubler à 13,5 milliards de dollars au deuxième trimestre, un résultat bien meilleur qu'attendu.
En revanche, à 148 milliards (+10% sur un an), son chiffre d'affaires a déçu par rapport aux prévisions des analystes, légèrement supérieures. Le groupe prévoit désormais qu'il atteigne entre 154,0 et 158,5 milliards de dollars au troisième trimestre, contre une estimation moyenne de 158,24 milliards de dollars anticipée par les analystes, selon des données LSEG. En conséquence, le géant du commerce en ligne perdait près de 7% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York jeudi.
Le cœur de métier d'Amazon, sa plateforme de e-commerce, a pourtant vu ses recettes progresser de 9% à 90 milliards de dollars en Amérique du Nord, dont 5 milliards de bénéfice opérationnel. L'entreprise continue de séduire largement notamment grâce aux temps de livraisons ultra rapides.
Mais elle est menacée par les plateformes de vente à prix cassés Temu, version internationale du mastodonte chinois Pinduoduo, et Shein, fondée en Chine et basée à Singapour. Selon la chaîne CNBC, le groupe envisagerait de lancer une nouvelle section sur sa plateforme, dédiée à la mode à bas prix et d'autres produits bon marché fabriqués en Chine, pour permettre à des commerçants chinois de vendre directement aux consommateurs américains.
Mais ces résultats sont surtout portés par AWS, sa filiale de cloud (informatique à distance), qui bénéficie de l'engouement pour l'intelligence artificielle (IA) générative, qui a affiché des revenus en hausse de 19%, à 26,3 milliards de dollars. Elle en a dégagé 9,3 milliards de dollars de bénéfice opérationnel (indicateur clé de la rentabilité), soit les deux tiers du total du groupe.
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Numéro un mondial du cloud, Amazon a cependant pris du retard dans l'IA générative. « La progression (dans l'IA générative) ne sera pas linéaire », a estimé jeudi le patron Andy Jassy, lors d'une conférence téléphonique. Il a cependant réitéré son « optimisme » quant au « potentiel énorme » de la technologie.
Le cloud est essentiel dans le déploiement des programmes d'IA générative pour les entreprises et les particuliers, d'où des investissements massifs dans de nouveaux centres de données ad-hoc, toujours plus gourmands en énergie. En avril, Amazon avait prévenu que les investissements allaient augmenter, au-delà des 14 milliards de dollars déjà dépensés au premier trimestre, principalement pour AWS et l'IA générative. La technologie « représente déjà des revenus annuels de plusieurs milliards de dollars », avait assuré Andy Jassy.
Mais le groupe a notamment fait état d'une demande tiède pour ses services de « cloud computing » alors que les entreprises gardent un contrôle strict des coûts dans un contexte économique incertain. L'inflation persistante et les coûts d'emprunt élevés incitent les entreprises à reconsidérer tout investissement d'envergure dans l'intelligence artificielle (IA), ce qui empêche les fournisseurs de cloud de répondre aux attentes élevées de Wall Street.
Un retard dans l'IA générative peut vite coûter cher alors qu'Amazon fait face à deux concurrents de taille : Microsoft et Google. Les deux sociétés mènent la course en matière de conception de modèles et d'applications capables de produire textes, images et autres contenus sur simple requête en langage courant.
Dans le contexte actuel, « le risque de sous-investissement est beaucoup plus grand que le risque de sur-investissement », a d'ailleurs estimé Sundar Pichai, le patron de Google, la semaine dernière.
Mais les actionnaires, soucieux de voir rapidement des retours commerciaux proportionnels aux dépenses, s'inquiètent des ratés. Amazon a par exemple vendu moins d'espaces publicitaires qu'anticipé par les analystes pendant le trimestre écoulé. Chez Microsoft, c'est le cloud qui a déçu : les ventes trimestrielles d'Azure ont progressé de 29% sur un an, moins que les 31% escomptés.
Seul Meta (Facebook, Instagram) a véritablement tiré son épingle du jeu mercredi, grâce à ses ventes de publicité ciblée, toujours plus attractives grâce à l'IA. Les profits du géant des réseaux sociaux se sont envolés de 73% sur un an, à 13,5 milliards de dollars au deuxième trimestre.
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« Si une entreprise affiche des résultats solides dans son activité principale, ses investissements dans l'IA sont perçus de manière plus positive », commente Debra Aho Williamson de Sonata Insights. « Mais si elle montre des signes de faiblesse, comme nous l'avons vu la semaine dernière avec YouTube, la démarche peut sembler plus risquée ». Google a, en effet, affiché un chiffre d'affaires trimestriel inférieur aux attentes pour Youtube.
(Avec AFP)
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