Alors que 95% des cyberattaques sont dues à des failles individuelles, le projet CYBR-H, issu d'un partenariat entre deux sociétés françaises, vise à mieux former et à protéger les salariés et les dirigeants.Infobésité, biais cognitifs des collaborateurs, confiance aveugle envers la hiérarchie : autant de failles qui placent les entreprises en première ligne. Dans le cyberespace, les hackers redoublent d'imagination pour manipuler et exploiter les émotions. Ainsi, le nombre de deepfakes, ciblant principalement les dirigeants, pourrait être multiplié par seize, passant de 500 000 en 2023 à 8 millions en 2025, selon Deepmedia.
Pour réduire le risque humain, favoriser l'apprentissage des équipes et accroître la protection des empreintes numériques des patrons d'entreprises et de leurs salariés, le plan France 2030 a labellisé le projet CYBR-H, dans le cadre de son appel à projets « développement de technologies cyber innovantes critiques ».
En ligne avec les directives européennes
Lancé le 1er septembre pour une durée de vingt mois, le projet concrétise le rapprochement des plateformes par abonnement AY PeopleSight (évaluation des risques) et Cyber Investigation (hygiène cyber). Ces plateformes sont opérées par deux acteurs du secteur : la start-up rennaise Anozr Way, spécialisée dans l'analyse des données exposées sur le web et des vulnérabilités humaines, et la PME parisienne Erium, qui accompagne les organisations dans la formation, l'acculturation à la cybersécurité, la validation de la sécurité informatique et la gestion de crise.
« 95% des attaques cyber reposent toujours sur des failles humaines », observe Florent Skrabacz, président de la société Erium, dont l'antenne rennaise de douze salariés (sur 50 au total) a développé un simulateur de cyberattaques.