Google intègre à ses équipes un des cofondateurs de DeepMind, sa filiale d'intelligence artificielle
François Manens

Avec l'arrivée de Mustafa Suleyman dans ses équipes, Google marque un peu plus sa mainmise sur DeepMind.
Charles Platiau
François Manens

Avec l'arrivée de Mustafa Suleyman dans ses équipes, Google marque un peu plus sa mainmise sur DeepMind.
Charles Platiau
Quatre mois de pause et ça repart. Après son départ surprise de Deepmind en août, Mustafa Suleyman, un des trois cofondateurs de la startup d'IA, se place chez la maison-mère, Google. Il travaillera sur les "opportunités et les effets des technologies d'IA appliquée" a-t-il indiqué, aux côté, notamment, de Jeff Dean, le directeur de Google AI.
.
Ce passage dans la société-mère de l'ex-dirigeant de Deepmind suit l'évolution des rapport entre Google et sa filiale. Suleyman a dirigé la division santé de DeepMind avant qu'elle soit intégrée, avec sa centaine de chercheurs, dans une structure baptisée Google Health, en 2018.
Le cofondateur menait également la division "recherche appliquée" de la startup. Il y prenait en charge le transfert des technologies de DeepMind vers différentes entreprises dans un premier temps, puis majoritairement vers Google. Rebaptisé "DeepMind for Google", le département compte désormais une centaine d'ingénieurs et de chercheurs répartis entre Los Angeles et Londres. Ils travaillent sur une douzaine d'applications afin d'y intégrer des technologies d'IA dans les différents produits et services d'Alphabet : sur les services publicitaires, YouTube, les infrastructures cloud, Google Translate ou encore la conduite autonome de Waymo...
Pourtant, DeepMind, depuis sa création en 2010, affiche avec la volonté de mettre les résultats de ses recherches au profit du bien commun. Les chercheurs publient la majorité de leurs travaux en open source (sans faire payer), et la startup n'avait donc pas vocation à devenir une machine à cash. Au contraire, elle suivait un objectif de recherche fondamentale, vers une intelligence artificielle forte. L'entreprise britannique s'est ainsi fait connaître avec des IA capables de battre les meilleurs joueurs du jeu de Go (AlphaGo) ou du jeu vidéo Starcraft II. Des prouesses technologiques sans retombées financières immédiates.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Lors de leur rachat par Google en 2014, les dirigeants de DeepMind s'étaient assurés de garder une part d'autonomie stratégique vis-à-vis du groupe américain, afin de ne pas trop s'écarter de leur ligne directrice.
À lire également
des documents du registre britannique des entreprises, la Companies House, ont exposé les pertes de DeepMind sur 2018. Elles s'élèvent à 470 millions de livres (519 millions d'euros), alors que le chiffre d'affaires de DeepMind dépasse à peine les 100 millions de livres (110 millions d'euros). Et ce chiffre d'affaires est principalement lié à la vente de code informatique et d'algorithmes à sa maison-mère. Même si les intérêts de Google dans sa filiale dépassent l'ordre financier, elle se retrouve dans une position de force, et a pu insister sur le renforcement de la recherche appliquée.
Après avoir félicité Suleyman, le CEO et cofondateur de DeepMind Demis Hassabis a donc insisté pour que son entreprise maintienne son cap historique.
François Manens
« Anticiper le coût du token sur cinq ans, c’est impossible » : les entreprises face à l'explosion de la facture de l'IA
IA : la douche froide Broadcom fait vaciller les stars européennes des semi-conducteurs
IA : les géants Soitec et STMicroelectronics prêts à réduire la consommation électrique des data centers
Les salariés français à la traîne dans l’adoption de l’IA