IA : le pari du français Vsora pour concurrencer Nvidia
Marine Protais
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Khaled Maalej, fondateur et directeur général de Vsora.
D.R.
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Khaled Maalej, fondateur et directeur général de Vsora.
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Nvidia règne sur le marché des puces. Mais la partie n'est pas complètement pliée. Les cartes graphiques du géant américain restent imbattables pour entraîner les modèles d'intelligence artificielle comme GPT-4 (le moteur de ChatGPT). Mais elles se montrent moins efficaces pour l'inférence — c'est-à-dire l'utilisation concrète de ces modèles. Et Vsora, un acteur français spécialiste des circuits intégrés, compte bien s'infiltrer dans cette brèche. « Le principal défi de l'intelligence artificielle est aujourd'hui de réduire son coût économique et énergétique. Tout le marché attend une solution technologique. C'est cela qui freine encore l'adoption de l'IA », explique Khaled Maalej, fondateur et directeur général de cette entreprise francilienne, fondée à Meudon-la-Forêt en 2015.
Vsora vient d'annoncer une levée de fonds de 40 millions d'euros auprès des fonds français Omnes Capital et Adélie Capital, à laquelle s'ajoute un financement public du Conseil européen de l'innovation (EIC). Cet argent lui permettra de développer sa puce Jotunn8 (J8), destinée précisément à l'inférence des modèles d'IA. La production est prévue pour 2025, avec une commercialisation début 2026. L'objectif est également de les tester au plus vite et de figurer ainsi sur des plateformes de benchmark comme MLPerf, aujourd'hui scrutées de près par tout le secteur.
Le Taïwanais TSMC, qui produit déjà les puces de Nvidia et AMD, assurera la production des puces Jotunn8. Un partenariat clé pour Vsora, qui a installé des bureaux à Taïwan pour se rapprocher de son allié industriel.
Aujourd'hui, l'entraînement monopolise encore 70 % des capacités de calcul des data centers, contre 30 % pour l'inférence. Mais la tendance devrait s'inverser d'ici à quelques années, avec 80 % des ressources dédiées à l'inférence, selon certaines études.
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Vsora n'est donc pas seule à convoiter ce marché prometteur. Aux États-Unis, les start-up d-Matrix (110 millions de dollars levés en 2023), Groq (650 millions de dollars en 2024) ou encore le Canadien Cerebras, en route vers une introduction en Bourse, sont également sur les rangs. Et les leaders, Nvidia et AMD, travaillent eux aussi sur de futures générations de puces davantage adaptées à l'inférence.
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Marine Protais
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