« Il faut garder en France les innovations dans la cyber », Joffrey Célestin-Urbain, président du Campus Cyber

Bogdan Bodnar
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Joffrey Célestin-Urbain, nouveau président du Campus Cyber.
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Joffrey Célestin-Urbain, nouveau président du Campus Cyber.
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Lancé en 2022, le Campus Cyber, imaginé comme le « navire amiral » de l'écosystème français, cherche encore un cap concret pour accompagner les acteurs cyber d'Île-de-France dans la bataille d'un secteur concurrentiel, encore dominé par les Américains. Après la démission de son premier président, Michel Van Den Berghe, en décembre dernier, la tour située à La Défense a un nouveau capitaine depuis ce mois de juin, en la personne de Joffrey Célestin-Urbain. L'ancien patron du service de l'information stratégique et de la sécurité du ministère de l'Économie et des Finances, livre à La Tribune son ambition pour le campus et la filière cyber francilienne.
LA TRIBUNE - Votre prédécesseur avait lancé un appel aux pouvoirs publics pour obtenir plus de clarté sur les missions du Campus Cyber. Votre nomination, en tant qu'ancien cadre de Bercy, est-elle le signal d'une reprise en main par l'État ?
JOFFREY CÉLESTIN-URBAIN - C'est un signe de soutien, de confiance, mais certainement pas de « reprise en main ». Lorsqu'on évoque un retour de l'État aux commandes, cela renvoie rapidement à une politique de rigueur et de coupes budgétaires. Ce n'est pas du tout le cas ici, et je ne suis pas non plus « le candidat de l'État » dans ce contexte.
J'arrive avec une feuille de route inédite, une orientation stratégique nouvelle, axée sur la promotion de la souveraineté dans le domaine de la cybersécurité en France. La première version du Campus a permis de bâtir un beau projet immobilier. Nous entrons désormais dans une deuxième phase, avec un cap politique clair et l'ambition de proposer une offre enrichie. Il ne s'agit plus seulement de location d'espaces, mais d'en faire un lieu de rencontre productif d'où émergent des solutions. Le Campus Cyber, rappelons-le, est aussi une entreprise.
Concrètement, comment cette volonté de créer des échanges pourrait-elle se traduire ?
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Nous avons posé les bases d'un plan stratégique qui s'inscrit sur trois ans, jusqu'en 2028. Concernant les rencontres, il faut savoir penser en réseau : au-delà du Campus parisien, d'autres implantations régionales ont vu le jour. Ce maillage territorial est un atout, notamment au moment où les entreprises et les collectivités cherchent des solutions souveraines, dans la perspective de la mise en œuvre de la directive NIS2 [qui impose à des milliers d'entreprises et collectivités essentielles de sécuriser leurs systèmes]. Les campus ont vocation à devenir des « places to be » pour rencontrer les entreprises comme les clients.
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Bogdan Bodnar