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L'Etat propose 700 millions d'euros pour racheter les activités sensibles d'Atos

latribune.fr

Publié le 14 juin 2024 à 06:31 - Mis à jour le 14 juin 2024 à 07:38

Fin mai, Bruno Le Maire avait fait part de son intention de placer sous le contrôle de l'Etat les activités de contrôle-commande des centrales nucléaires françaises.

Fin mai, Bruno Le Maire avait fait part de son intention de placer sous le contrôle de l'Etat les activités de contrôle-commande des centrales nucléaires françaises.

Stephane Mahe

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

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L'offre de l'Etat, annoncée ce vendredi dans un communiqué, a pour objectif d'éviter que les activités qui touchent à la souveraineté de la France tombent entre les mains d'acteurs étrangers. Elle intervient deux jours après le choix du consortium mené par Onepoint pour la reprise d'Atos.

[Article publié vendredi le 14 juin à 08H31 et mis à jour à 09H33] Nouveau rebondissement dans le dossier Atos. Ce vendredi, un communiqué de l'entreprise a révélé que l'Etat avait fait une offre de 700 millions d'euros pour racheter les activités jugées stratégiques et sensibles du groupe lourdement endetté, dont les supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire. Après cette annonce, l'action d'Atos grimpait de 20% à la Bourse de Paris ce matin.

La proposition de l'Etat, formulée dans une « lettre d'offre confirmatoire non engageante », concerne « l'acquisition potentielle de 100% des activités d'Advanced Computing, de Mission-Critical Systems et de Cybersecurity Products de la division BDS (Big Data & Cybersécurité) » d'Atos, a précisé ce dernier. Ces activités englobent les supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire, les contrats avec l'armée française et les produits de cybersécurité. « Cette offre confirmatoire non-engageante porte sur une valeur d'entreprise globale de 700 millions d'euros », a poursuivi le groupe.

Activités sensibles

Elle vise à éviter que ces activités, qui touchent à la souveraineté de la France, tombent entre les mains d'acteurs étrangers. « Nous avons tenu parole. J'ai toujours dit qu'il fallait préserver les activités stratégiques d'Atos, nous le faisons », a réagi peu de temps après l'annonce ce vendredi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. « Nous avons pris nos responsabilités pour acheter [ces activités, ndlr] avec d'autres entreprises qui pourraient être partenaires », a-t-il ajouté.

Dans le détail, la branche « Advanced Computing » d'Atos comprend les supercalculateurs et les serveurs participant à l'intelligence artificielle (IA) et à l'informatique quantique. Ces supercalculateurs sont essentiels à la simulation d'essais nucléaires ou à la gestion du parc des centrales nucléaires d'EDF. La branche MCS comprend, elle, le système de commandement de Scorpion, programme de modernisation de l'armée de Terre.

MCS fournit par ailleurs des outils de navigation pour les forces navales et la marine marchande et est chargé de la sécurisation des réseaux de communication à bord des avions Rafale « F4 » de Dassault. Cette branche gère aussi le système C4I (Command, Control, Communications, Computers and Intelligence), qui livre à la chaîne de commandement de l'armée une carte du champ de bataille mise à jour en temps réel.

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MCS comprend également la société Avantix, spécialisée dans les systèmes d'écoute pour les services de renseignement.

Onepoint plutôt que Kretinsky

Cette offre intervient par ailleurs deux jours après le choix du consortium mené par Onepoint pour la reprise d'Atos. Le 11 juin, le conseil d'administration de l'ex-fleuron informatique français avait, en effet, annoncé avoir pris la décision de poursuivre avec la proposition du « consortium Onepoint », composée de Onepoint, Butler Industries, Econocom, ainsi que d'un groupe de créanciers financiers de la société, au détriment de l'offre du milliardaire Daniel Kretinsky.

« Atos travaillera avec le consortium Onepoint (emmené par David Layani, NDLR) pour parvenir à un accord définitif de restructuration financière qui sera ensuite mis en œuvre par le biais d'une procédure accélérée dédiée d'ici juillet 2024 », avait indiqué le groupe informatique français.

Pour rappel, embourbé dans une crise financière depuis près de trois ans, qui a fait chuter son action en Bourse sous 1 euro, le groupe avait enclenché en février une procédure de restructuration. Il avait annoncé avoir besoin de 1,1 milliard d'euros de liquidités pour 2024-2025 et vouloir réduire de 3,2 milliards d'euros sa dette brute, qui a atteint 4,8 milliards d'euros, pour sauvegarder son activité.

A LIRE AUSSI

Démantèlement d'Atos : l'Etat va récupérer le contrôle des activités stratégiques dont le nucléaire, affirme Bruno Le Maire

« Aucune certitude »

L'offre de l'Etat était attendue pour mi-juin. La valeur indicative de ces activités était estimée entre 700 millions et un milliard d'euros, avait indiqué Atos fin avril au début des discussions avec l'Etat sur leur acquisition.

«Aucune certitude ne peut être apportée quant à l'issue des négociations et à la conclusion d'un accord définitif entre les parties», a néanmoins mis en garde Atos dans son communiqué.

Son conseil d'administration, sous l'égide de la conciliatrice Hélène Bourbouloux, et sa direction « vont discuter de cette proposition avec l'Etat ».

À lire également

  • Nucléaire : Atos sur le point de céder sa filiale stratégique Worldgrid au groupe français Alten
  • Atos : le conseil d'administration choisit le consortium Onepoint, le milliardaire Kretinsky écarté
  • Atos : le choix du repreneur de l'ex-fleuron français de l'informatique finalement repoussé

« Nous ferons tout pour sanctuariser la partie des actifs dits ultrasensibles, mais nous serons très vigilants à ce qu'ils ne soient pas bradés », avait affirmé mercredi aux Echos David Layani, patron de Onepoint, après être sorti gagnant de la compétition pour la reprise d'Atos face à Daniel Kretinsky.

(Avec AFP)

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