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Le géant Intel reporte ses projets d'usine en Allemagne et en Pologne

latribune.fr

Publié le 17 septembre 2024 à 06:10 - Mis à jour le 17 septembre 2024 à 12:31

Début août, Intel a annoncé un grand plan social incluant le licenciement de 15% de ses effectifs, soit environ 18.000 personnes.

Début août, Intel a annoncé un grand plan social incluant le licenciement de 15% de ses effectifs, soit environ 18.000 personnes.

Dado Ruvic

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Déception pour l'Europe. Le géant américain de semi-conducteurs Intel a annoncé ce lundi le report d'environ deux ans de la construction d'usines en Allemagne à Magdebourg (centre-est) et en Pologne, à Wroclaw (sud-ouest).

[Article publié le mardi 17 septembre 2024 à 08h10 et mis à jour à 14h31] C'est raté, du moins pour le moment. Le géant américain de semi-conducteurs Intel a annoncé ce lundi le report d'environ deux ans de la construction d'usines en Allemagne à Magdebourg (centre-est) et en Pologne, à Wroclaw (sud-ouest).

Si le projet n'est pas annulé, c'est un camouflet pour l'Allemagne, qui a promis près de dix milliards d'euros de subventions pour attirer le géant des microprocesseurs à Magdebourg (centre-est). Soit un tiers du coût du projet, estimé à 30 milliards d'euros au total. Intel avait initialement annoncé le début des travaux de ce site pour le premier semestre 2023. Le retard avait été justifié par des surcoûts liés à l'inflation. Quant au site polonais, Intel s'était engagé à y investir jusqu'à 4,6 milliards de dollars avec, à la clé, la création de 2.000 emplois directs.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a exprimé son « regret », un revers pour le gouvernement qui avait promis 10 milliards d'euros de subventions. Le gouvernement et la région de Saxe-Anhalt (est) « prennent acte avec regret » de la pause annoncée du projet et continuent de le considérer comme « judicieux et digne de soutien », a-t-il déclaré sur X (ex-Twitter).

« Les fonds dont Intel n'a pas besoin doivent être réservés au traitement des problèmes financiers du budget fédéral », a réagi de son côté le ministre allemand des Finances, Christian Lindner. « Toute autre option ne relèverait pas d'une politique responsable. »

Problème de demande

Le groupe a justifié le gel des deux sites par ses prévisions d'évolution de la demande, sans donner plus de précisions. Plus tôt cette année, l'entreprise américaine avait déjà ajourné la mise en chantier d'un nouveau centre de recherche et développement en France et gelé un projet d'usine en Italie. Dans l'immédiat, le groupe entend s'appuyer en Europe sur son usine de Leixlip, dans la banlieue de Dublin (Irlande), a-t-il précisé dans un communiqué publié lundi.

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Ce revirement en Europe contraste avec le développement industriel d'Intel aux Etats-Unis, soutenu à bout de bras par le gouvernement américain, qui a débloqué, en mars, une enveloppe de 20 milliards de dollars de subventions pour permettre au groupe d'augmenter sa production.

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Les autorités fédérales américaines comptent sur l'utilisation de ces fonds pour développer ou construire des usines en Arizona, dans l'Ohio, au Nouveau-Mexique et en Oregon, ce qui pourrait créer jusqu'à 30.000 emplois. L'entreprise doit investir, de son côté, quelque 100 milliards de dollars dans son pays d'origine.

Course à l'IA

« Le temps est venu de passer d'une période d'investissement accéléré à une cadence plus normale » et « à un plan d'investissement plus flexible et efficient », a indiqué Intel, l'un des plus anciens acteurs du secteur. L'entreprise a massivement investi, ces derniers mois, dans des machines EUV (« extreme ultraviolet ») du Néerlandais ASML, qui permettent de fabriquer les puces les plus avancées.

Intel cherche ainsi à rattraper son retard sur le créneau des microprocesseurs adaptés au développement de l'intelligence artificielle (IA) générative. À la différence de la plupart de ses grands concurrents, Nvidia en tête, le groupe fabrique lui-même une proportion importante de ses puces.

Fonderie à semi-conducteurs

Le directeur général Pat Gelsinger, qui a pris les commandes d'Intel en février 2021, a même poussé le développement d'une activité de prestataire, qui consiste à produire des semi-conducteurs pour d'autres entreprises. Mais cette division a accumulé les pertes ces derniers mois, à hauteur de plusieurs milliards de dollars, au point que le groupe a annoncé lundi qu'il allait faire de cette activité dite de fonderie une filiale séparée.

Cette initiative pourrait notamment permettre, selon l'entreprise, de faire entrer d'autres investisseurs au capital de cette nouvelle filiale. Pour certains analystes, il s'agit d'une première étape avant la scission pure et simple en société indépendante.

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La société n'a pas pour autant renoncé à la fonderie, comme en témoigne l'annonce, lundi, d'un partenariat qui verra Intel collaborer avec Amazon Web Services (AWS), division d'informatique à distance d'Amazon, pour concevoir et fabriquer une puce dédiée à l'IA.

Par ailleurs, Intel a dévoilé lundi un nouveau contrat de fourniture de puces ultrasécurisées au ministère américain de la Défense, pour un montant qui pourrait atteindre trois milliards de dollars.

Plan social en août

Les difficultés d'Intel l'ont conduit à annoncer, début août, un grand plan social incluant le licenciement de 15% de ses effectifs, soit environ 18.000 personnes, pour réduire ses dépenses de 10 milliards de dollars. Pour rappel, l'entreprise comptait près de 125.000 employés fin 2023.

Après cette annonce, l'action du fabricant américain s'était écroulée de près de 27% à Wall Street, en matinée à New York. Intel perdait ainsi sur le papier plus de 30 milliards de dollars de valorisation boursière alors que son titre valait 21,22 dollars.

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Ce plan social massif a été motivé par des résultats très mauvais. En retard sur ses concurrents dans les puces adaptées à l'intelligence artificielle (IA) générative, le groupe américain a publié des pertes nettes d'1,6 milliard de dollars au deuxième trimestre 2024, au lieu d'1,5 milliard de bénéfice net il y a un an. Toujours entre avril et juin de cette année, le géant américain de l'informatique a réalisé 12,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires, moins qu'attendu par les analystes et en baisse de 1% sur un an.

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En raison de cette situation, le groupe a déclaré qu'il ne verserait pas de dividende à la fin de l'année. Autant d'annonces qui ont fortement déplu aux investisseurs. Pour mémoire, avant même l'avènement de l'IA générative, l'ancien fleuron de l'innovation américaine était déjà fragilisé depuis plusieurs années, accumulant les retards pour le lancement de ses nouvelles puces.

(Avec AFP)

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