Mistral : le rêve d'un « OpenAI européen » mis à mal par la réalité du terrain
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Arthur Mensch, cofondateur et PDG de Mistral AI.
Philemon Henry/MEAE
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Arthur Mensch, cofondateur et PDG de Mistral AI.
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Mis à jour le 07/10 pour une correction au sujet de Zalando
« Tout le monde doit travailler avec Mistral », martelait Nicolas Dufourcq, patron de Bpifrance, lors du Sommet pour l'action sur l'Intelligence artificielle (IA) à Paris en février. « Allez télécharger Le Chat plutôt que ChatGPT », lançait Emmanuel Macron sur X. Valorisé 11,7 milliards d'euros après une récente levée de fonds record auprès du néerlandais ASML, le champion français de l'IA revient fort sur le devant de la scène. Et avec cette annonce, les cocoricos sont de sortie : la première « décacorne » française est à nouveau présentée comme un « contrepoids européen » équivalent à OpenAI, Anthropic ou DeepSeek.
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Mais la réalité est quelque peu différente, comme le montre l'usage de Mistral par ses propres clients. Si l'entreprise cofondée et dirigée par Arthur Mensch affirme boxer dans la même catégorie qu'un OpenAI ou un Anthropic, elle se concentre surtout dans les faits sur les entreprises et organisations, plutôt que sur le grand public. Selon un sondage Ifop, son chatbot utilisable par tous ne l'est que par 6 % des Français. Et même sur le segment BtoB, ses débouchés se trouvent pour le moment surtout auprès d'acteurs européens, pour lesquels la nationalité des grands modèles de langage (LLM) qu'ils utilisent est importante. « De nombreux clients utilisent Mistral AI essentiellement pour des raisons de souveraineté », confirme Taha Zemmouri, d'Eden AI, un intégrateur de modèles d'IA au sein des entreprises. Une majorité de son chiffre d'affaires (60 %) est ainsi réalisée en Europe, contre 20 % aux États-Unis et 20 % en Chine.