« Nous devons fixer des limites à notre utilisation de l'IA » (Ethan Mollick)
Propos recueillis par Marine Protais
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D.R.
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C'est sans doute l'un des utilisateurs les plus assidus de l'intelligence artificielle générative. Ethan Mollick, professeur spécialiste de l'innovation à l'université américaine de Wharton, passe un temps considérable à tester les derniers modèles et à explorer la manière dont ces outils changent notre manière de travailler et d'innover. Il livre ses conseils sur son compte X (ex Twitter), son blog One Useful Thing et dans un livre, « Co-Intelligence: Vivre et travailler avec l'IA » (First Interactive, 2025). Il invite chacun à réfléchir précisément aux tâches que l'on souhaite déléguer ou non, pour utiliser intelligemment et éviter de "sous-traiter" sa réflexion à ces outils.
LA TRIBUNE - Vous parlez souvent de l'IA comme d'un « partenaire ». Pourquoi cette anthropomorphisation, que d'autres dénoncent, est-elle, selon vous, utile ?
ETHAN MOLLICK - Les grands modèles de langage ont été entraînés sur l'ensemble du langage humain, puis affinés grâce à des retours humains. Résultat : ils se comportent de manière très humaine, même s'ils ne le sont pas. La meilleure façon de les utiliser, c'est de leur parler comme à une personne, tout en gardant à l'esprit que ce n'en est pas une. Ceux qui interagissent bien avec ces systèmes ne sont pas forcément des codeurs, mais souvent des gens à l'aise avec les mots, comme les professeurs, les journalistes ou les managers. Il faut être capable de leur dire quand c'est confus, ou faux.
Etes-vous préoccupé par le lien « intime » qui peut se créer entre les humains et ces systèmes ?
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C'est le revers de la médaille, oui. Ces systèmes sont conçus pour être engageants, intéressants, attentionnés. Des gens créent effectivement des liens avec eux, et les conséquences à long terme ne sont pas encore connues. Il peut y avoir des bénéfices, comme une réduction de la solitude par exemple, mais aussi des dérives, comme une dépendance affective.
Propos recueillis par Marine Protais