Pour Meta, ses nouvelles lunettes connectées deviendront aussi populaires que les smartphones
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Orion : tel est le nom du premier prototype de lunettes à réalité augmentée et intelligence artificielle (IA) présenté par Meta ce mercredi. Ce nouveau modèle de lunettes intelligentes comprend une caméra, des écouteurs et un assistant IA à commande vocale. Leur plus par rapport à la version Ray Ban déjà commercialisée ? De minuscules projecteurs pour visualiser des vidéos, des écrans ou encore des personnes sous forme d'hologrammes, le tout sans porter de casque.
Pour interagir avec les différentes fonctions, l'utilisateur se servira de la voix et des gestes manuels, mais aussi, potentiellement, des pensées, grâce à des capteurs sur un bracelet. « Il faut un appareil qui permette d'envoyer un signal depuis le cerveau », a souligné le dirigeant. « C'est le premier dispositif alimenté par notre interface neuronale sur le poignet ».
La révélation de ce nouvel appareil a conclu la présentation annuelle des nouveautés du groupe, maison-mère de Facebook, Instagram ou encore WhatsApp. Elle a d'ailleurs été la seule véritable surprise de l'événement qui s'est tenu à Menlo Park, le siège de l'entreprise californienne. À grand renfort de storytelling, Mark Zuckerberg a raconté comment, il y a dix ans, il a formé une équipe pour fabriquer des lunettes sans fil, légères (moins de 100 grammes), capables de projeter des images suffisamment nettes, lumineuses et grandes pour s'adapter à tous les usages et environnements, sans empêcher les contacts visuels avec les personnes présentes physiquement.
Contrairement aux casques qui restent encombrants, les lunettes ont une chance d'être largement adoptées par le grand public, estime Jeremy Goldman, du cabinet eMarkerter.
Tout va dépendre, selon lui, de la capacité des lunettes à véritablement simplifier la vie quotidienne des utilisateurs, et aussi de leur prix. « Si Meta joue bien ses cartes, notamment avec l'intégration de l'IA en temps réel, ces lunettes pourraient devenir bien plus qu'un simple gadget tape-à-l'œil », estime l'expert.
Son concurrent Snapchat est aussi sur le créneau, depuis 2016. Et mi-septembre, il a présenté sa nouvelle génération de lunettes de réalité augmentée, les Spectacles 2024 (ou Spectacles 5). Plus grosses et massives que la version précédente sortie trois ans plus tôt, elles offrent également une meilleure résolution, un champ de vision étendu, plus d'autonomie, un suivi des mains plus précis et un système d'exploitation entièrement repensé, comme l'explique le média L'usine Digitale.
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Reste un constat partagé par les deux groupes : la technologie n'est pas suffisamment mature pour le grand public. Si bien que, d'un côté comme de l'autre, les appareils seront produits tout au plus à quelques milliers d'exemplaires à destination d'un public trié sur le carreau pour les Spectacles, comme pour la précédente génération, et vraisemblablement réservés à des tests internes pour les Orion. Dans un premier temps.
Ce nouveau projet témoigne en tout cas de la vision du futur de l'internet et de l'informatique de Mark Zuckerberg, où les mondes réels et virtuels se mélangeraient via des appareils de réalités augmentée et virtuelle (AR et VR). C'est d'ailleurs pour cela qu'il a changé le nom de son groupe fin 2021, de Facebook en Meta, pour signaler ce pivot vers le métavers.
Il n'empêche, malgré le déploiement des casques de VR Quest et des lunettes connectées dotées d'IA, le métavers n'a pas (encore) séduit le grand public. Et l'obsession que nourrit Mark Zuckerberg à son sujet exaspère les investisseurs, car la branche Reality Labs de Meta perd plusieurs milliards de dollars tous les trimestres. « L'emballement autour du métavers, c'est fini », a néanmoins reconnu Vishal Shah, le vice-président de Meta chargé du métavers, lors d'une table ronde avec des journalistes mercredi. « Et j'en suis très heureux, car lorsqu'il y a tout un battage médiatique, il est difficile d'être à la hauteur de ces attentes », a-t-il expliqué.
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Il a rappelé qu'il s'agissait d'investissements sur le long terme et expliqué qu'au-delà des technologies, ses équipes cherchent avant tout à recréer au mieux la sensation de présence d'un groupe de personnes, en leur absence physique, puisqu'il n'est pas toujours possible de se déplacer. Même si les réunions à distance via des écrans ou des hologrammes « ne peuvent pas remplacer » les conversations face à face. Au cas où on en douterait.
(Avec AFP)
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