Exit l'ère du blitzscaling à la WeWork, où des start-up sans modèle économique stable gonflaient leurs effectifs à vue d'œil après chaque levée de fonds. Ce discours n'est plus systématique. En témoigne la start-up allemande KnowUnity, star de l'IA en son pays, qui a récemment bouclé un tour de table de 27 millions d'euros. Ce spécialiste de l'édtech qui propose des « tuteurs virtuels » aux élèves envisage bien de devenir « un champion mondial » en conquérant de nouveaux marchés. *
Mais pour ce faire, la jeune pousse compte évoluer avec une équipe réduite d'une soixantaine de salariés, contre 50 aujourd'hui. « Nous ne recruterons pas en masse, explique Benedict Kurz, PDG de l'entreprise. Nous ne voulons pas devenir le genre de start-up "à l'américaine", qui grossit très vite pour se retrouver ensuite à devoir réduire les effectifs en réalisant qu'elle n'avance plus assez vite » L'entreprise préfère garder une équipe lean et agile.
L'apologie des « tiny teams » (minuscules équipes en français) a la cote sur LinkedIn et X. On y lit ce genre de mantras : « C'est extrêmement embarrassant de nos jours d'admettre que l'on recrute... Genre vous êtes si mauvais en prompt ? » ou encore « Moins de personnes : plus d'informations partagées. » Un site intitulé Tiny Teams Hall of Fame, régulièrement cité, liste toutes les sociétés qui parviennent à dégager des millions de dollars de revenus annuels récurrents avec seulement une poignée de salariés. Sans surprise, on y retrouve de nombreuses jeunes sociétés développant elles-mêmes des services dopés à l'IA : les outils d'aides au code dopés à l'IA comme Bolt (15 salariés, 40 millions de dollars d'ARR), Cursor (20 personnes, 200 millions de dollars d'ARR), ou encore la toute nouvelle licorne européenne Lovable (15 personnes, 17 millions de dollars d'ARR). L'entreprise vient par ailleurs de lever 200 millions d'euros et est introduite ainsi par Visionaries VC, l'un de ses investisseurs, sur Medium : « No code, no team, no problem : le futur du logiciel est Lovable ».