Fuites de données : CybelAngel lève 34 millions d'euros pour protéger les grands groupes

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CybelAngel a développé une technologie capable de scanner n'importe quel objet connecté sur la planète et de scruter automatiquement et en permanence le web profond (le deep web) et caché (le dark web), c'est-à-dire tout ce qui n'est pas référencé par les moteurs de recherche comme Google, mais qui se trouve néanmoins en accès libre sur Internet.
CybelAngel a développé une technologie capable de scanner n'importe quel objet connecté sur la planète et de scruter automatiquement et en permanence le web profond (le deep web) et caché (le dark web), c'est-à-dire tout ce qui n'est pas référencé par les moteurs de recherche comme Google, mais qui se trouve néanmoins en accès libre sur Internet. (Crédits : TBIT/via Pixabay (CC0 Creative Commons))
Spécialisée dans la détection des fuites de données des grands groupes grâce à l'intelligence artificielle, la startup parisienne lève 34 millions d'euros pour consolider ses positions sur le marché mondial.

Petit à petit, CybelAngel fait son trou dans le monde impitoyable de la cybersécurité. Grâce à sa technologie à base d'intelligence artificielle qui lui permet de scruter en permanence les tréfonds du web à la recherche des fuites de données des grands groupes, la startup parisienne, membre du French Tech 120, continue son expansion. Elle annonce ce mercredi 12 février le succès d'une quatrième levée de fonds, de 34 millions d'euros, menée auprès des fonds européens Prime Ventures, Tempo Cap et Open CNP, ainsi que son investisseur historique Bpifrance et un "pool" de business angels.

Lire aussi : Cybersécurité : comment CybelAngel protège les entreprises de leur propre négligence

Repérer les fuites de données des grands groupes avant les hackers

La redoutable particularité de CybelAngel par rapport à d'autres solutions de cybersécurité est sa capacité à rendre très concrète son action préventive. Pour repérer des fuites de données et les signaler à ses clients, CybelAngel a développé une technologie capable de scanner n'importe quel objet connecté sur la planète et de scruter automatiquement et en permanence le web profond (le deep web) et caché (le dark web), c'est-à-dire tout ce qui n'est pas référencé par les moteurs de recherche comme Google, mais qui se trouve néanmoins en accès libre sur Internet. Des algorithmes maison, nourris au deep learning (apprentissage profond), scrutent des "bags of words" ["sacs de mots", une méthode d'analyse sémantique, ndlr] pour faire le tri parmi les 1 milliard de documents sensibles détectés chaque jour. Ici un document juridique sur un futur brevet, là une base de données clients, ici un projet de fusion/acquisition, la future stratégie commerciale...

"Malgré toutes les protections, le nombre de documents sensibles qui se retrouvent en accès libre sur Internet à cause de la négligence inconsciente des collaborateurs, et que Google n'a jamais vus, est hallucinant. Toutes les grandes entreprises sont confrontées à ce phénomène et il nous suffit de scroller le web pour faire remonter tous leurs secrets. Nous leur permettons d'en reprendre le contrôle et surtout d'éviter que des hackers s'en emparent", décrit le cofondateur Erwan Keraudy.

Lire aussi : Protection des données : CybelAngel lève 10 millions d'euros pour conquérir les États-Unis

Course de vitesse aux Etats-Unis et volonté de protéger les objets connectés

Preuve de sa solidité, CybelAngel est également soutenu lors de cette nouvelle levée de fonds par des entrepreneurs de renom. Parmi eux des pointures de la cybersécurité, comme Olivier Pomel et Alexis Le Quoc (cofondateurs de Datadog, dont l'entrée en Bourse sur le Nasdaq a été un succès l'an dernier), Renaud Deraison (cofondateur de Tenable), ou encore Stephan Dietrich, l'ancien cofondateur de la pépite Neolane, rachetée ensuite par le géant Adobe.

Leur point commun ? Tous se sont implantés avec succès aux Etats-Unis, porte d'entrée du marché mondial et poule aux œufs d'or potentielle pour n'importe quelle startup qui ambitionne de devenir un leader de son secteur. Fondé en 2013 par les frères Stevan et Erwan Keraudy ainsi que Matthieu Finiasz, CybelAngel a besoin de munitions pour conquérir le marché américain, un an après son implantation au pays de l'Oncle Sam suite à une levée de fonds de 10 millions d'euros en décembre 2018.

"Nous avons déjà signé de gros contrats aux Etats-Unis, qui représente le plus gros marché mondial de la cybersécurité. Grâce à notre expertise en intelligence artificielle, notre technologie n'a pas d'égal pour l'instant, c'est pour cela que nous avons une carte à jouer et qu'il nous faut conquérir vite le marché", estime Erwan Keraudy.

D'autant plus que grâce à l'évolution de la législation sur la cybersécurité aux Etats-Unis, avec des exigences plus fortes en matière de protection des données, CybelAngel, conforme au RGPD européen qui représente le plus haut niveau de protection mondial, dispose d'un avantage à jouer. Plus généralement, la startup mise aussi sur des partenariats pour s'implanter partout dans le monde : aux Etats-Unis bien sûr, mais aussi au Japon, au Canada ou au Moyen-Orient. "Nous signons des clients en direct mais aussi des prestataires de services dont la mission est de résoudre des incidents cyber dans les entreprises. Nous leur vendons notre solution, ce qui nous permet de toucher un grand nombre de clients à travers eux", explique l'entrepreneur.

Enfin, CybelAngel compte investir une partie de l'argent à sa R&D pour conserver son avance technologique, améliorer ses solutions et étendre leurs capacités de détection. Cet effort technologique devrait lui permettre à terme de protéger l'ensemble des objets connectés, notamment pour les industriels dans le cadre de l'usine 4.0. Avec l'essor de la 5G qui devrait faciliter la connectivité des objets, la startup de 110 employés (160 fin 2020 si tout va bien) y voit un débouché majeur.

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Commentaires
a écrit le 17/02/2020 à 17:11 :
Avec la technologie actuelle «  ils » sont capables de tout ... un Allemand l’a prouvé : utilisation de plusieurs smartphones connectés pour faire croire à des bouchons via des satellites qui ont à leur tour trompé des applications d’orientation

Nous jouons tous les jours notre vie en faisant confiance à internet et autres débilités
Les anciens n’étaient pas plus malheureux...

Ils sont capables de tout , vraiment tout ,
Comme induire un camion gros gabarit sur une toute petite voie de circulation, au bord d’une berge... ou autre c********
Ni vu ni connu derrière les écrans ( celui qui tire les ficelles , en 2 clics : tuer , provoquer des accidents ... )

Combien « encore » de morts pour corriger tout ces dérives ( crimes )technologiques ?
a écrit le 12/02/2020 à 20:05 :
"D'autant plus que grâce à l'évolution de la législation sur la cybersécurité aux Etats-Unis, avec des exigences plus fortes en matière de protection des données"

LOL,
Le RGPD wharf ! Rofl !

Ayez confiance... Le serpent du livre de la jungle... Better be Mowgli l'ours russe !
a écrit le 12/02/2020 à 18:33 :
oui oui
on marche sur la tete
detecter des fuites alors qu'elles vont mettre les donnees dans le cloud d'uncle sam?
mon reseau lstm me dit qu'il y a une fuite en ce moment, une fuite enorme

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