A quoi sert le French Tech 120 et qui sont les startups sélectionnées ?

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La liste des 123 startups qui composent le French Tech 120.
La liste des 123 startups qui composent le French Tech 120. (Crédits : Mission French Tech)
En marge du sommet Choose France, l'Etat a dévoilé la liste des 83 startups, en plus des quarante du Next40, qui composent le French Tech 120. Cette distinction offre à cette poignée de pépites prometteuses un accompagnement prioritaire pour les aider dans leur hyper-croissance.

La sélection est complète. Quatre mois après la révélation du Next40, l'indice des quarante champions de la French Tech, l'Etat révèle la liste du French Tech 120. Cette liste, qui n'est pas un classement, regroupe les lauréats du Next40 ainsi que 83 autres pépites sélectionnées sur dossier  L'objectif : mettre en avant les startups les plus matures et en hyper-croissance, pour les aider à devenir des champions européens et contribuer à la dynamique de l'emploi en France. D'après Cédric O, la French Tech va créer 25.000 emplois en 2020, ce qui en fait "l'un des moteurs de la création d'emplois en France". Encore plus parlant, 7.000 d'entre eux seront créés par les quarante startups du Next40, et 4.000 par les 83 autres pépites qui composent le French Tech 120. Le secrétaire d'Etat au Numérique voit dans la croissance de l'écosystème de la tech "un enjeu de souveraineté" pour la France et pour l'Europe qui a grandement besoin de géants technologiques.

Lire aussi : Que font les startups du Next40, les fleurons de la French Tech ?

Qui sont les 83 autres membres du French Tech 120 et sur quels critères ont-ils été sélectionnés ?

French Tech 120 liste

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Voici la liste complète des startups membres pour un an -reconductible- du programme French Tech 120, qui s'établit au final à 123 entreprises. La sélection a été effectuée par la Mission French Tech et Bpifrance sur la base de critères de performance économique et de représentation géographique, comme l'indique ce tableau.

Eligibilité FT120

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D'après la Mission French Tech, 327 pépites ont candidaté pour les 83 places restantes, puisque les 40 premières ont été automatiquement données aux lauréats du Next40. "250 startups étaient éligibles pour intégrer le classement", précise Kat Borlongan, ce qui signifie que le nombre de recalés est important, ce qui explique les nombreuses réactions de déception et les critiques sur les réseaux sociaux depuis l'annonce de la sélection.

"Nous avons appliqué les critères de manière très stricte, quitte à refuser de beaux dossiers, mais c'était la seule façon de pouvoir justifier tous nos choix. Certaines startups qui ont levé beaucoup d'argent et qui ont un chiffre d'affaires supérieur à 10 millions d'euros n'ont pas été sélectionnés parce qu'elle n'avaient pas une hyper-croissance de plus de 25% sur trois ans", précise la directrice de la Mission French Tech.

La volonté de mieux représenter les Régions -le Next40 a été très critiqué pour son parisianisme- aboutit aussi à l'exclusion de certaines startups plus performantes. Au moins deux startups de chaque région devaient figurer dans la liste. Au final, toutes les régions sont représentées, sauf la Corse, et la liste intègre également deux pépites d'Outre-Mer (une de Guadeloupe et une de La Réunion). Dans le détail, 84 des startups sélectionnées viennent d'Ile-de-France, qui reste, de loin, la région la plus représentée. Auvergne-Rhône-Alpes se classe en deuxième position avec 9 startups, suivie par Occitanie (5) et Hauts-de-France et la Région Sud (4). La volonté de rééquilibrage régional a abouti à la sélection de sept startups qui n'atteignent pas les critères de performance économique, dont quatre sur le chiffre d'affaires.

Au niveau sectoriel, "la health tech représente 20% du French Tech 120, le retail 16% et les fintech 11%", détaille Kat Borlongan. Un signe de la vitalité de ces trois domaines d'innovation en France.

Lire aussi : La French Tech a levé 5 milliards d'euros en 2019 mais le plafond est encore loin

A quoi donne accès le French Tech 120 pour les lauréats ?

Annoncé en septembre dernier, le French Tech 120 est le dernier né des programmes de la Mission French Tech, cette structure affiliée à l'Etat et dirigée par Kat Borlongan qui vise à soutenir l'écosystème tech français. Il s'agit en fait d'un dépoussiérage d'un ancien programme, le Pass French Tech, dont l'utilité et l'efficacité avaient été décriés par certains participants eux-mêmes. Dans le détail, French Tech 120 est un programme d'accompagnement sur-mesure, qui vise à "simplifier la vie" aux startups sélectionnées, et à les aider à surmonter le plus rapidement possible tous les défis qu'elles rencontrent sur le chemin de leur hyper-croissance : recrutements des talents, relations avec l'administration, accès aux marchés internationaux...

Pour cela, elles bénéficient d'un "accès prioritaire" aux services de l'Etat grâce à la création d'une cinquantaine de Correspondants French Tech au sein des administrations et des services publics, dont la mission est de répondre "rapidement" au problème rencontré.

"Les correspondants French Tech sont directement en lien avec la Mission French Tech, pour éviter les blocages administratifs et réglementaires, précise Kat Borlongan. Par exemple, si une startup du FT120 a un problème de Visa pour un employé aux États-Unis, le correspondant au ministère des Affaires étrangères va travailler avec la Mission French Tech pour régler vite le problème", ajoute-t-elle.

De l'étude de marché d'un pays (avec Business France par exemple), à l'aide pour les Visas, en passant par du conseil pour la levée de fonds, un accompagnement pour s'introduire en Bourse sur Euronext, ou encore l'adaptation de la cotation bancaire... "Chacun propose un service spécifique pour faciliter la vie aux entrepreneurs dont la startup présente un grand potentiel en matière d'innovation sur un marché, et d'emplois pour la France", résume la directrice de la Mission French Tech. Ainsi, L'URSSAF met en place un chargé de compte dédié et des services sur-mesure (notifications sur les dates limites de paiement, rappels pour le dépassement des seuils...), tandis que la Banque de France offre des conditions de financement privilégiées et que la direction générale du Trésor propose des assurances d'accès au marché, couvrant en cas d'échec les investissements entrepris pour conquérir un nouveau marché à l'étranger.

La durée du programme est d'un an renouvelable. Plus exactement, les membres du Next40 en bénéficient de septembre à septembre, tandis que les autres startups en bénéficient de janvier à janvier. Des processus de (re)sélection pour les deux groupes seront ouverts quelques mois avant leurs échéances respectives.

Lire aussi : Startups : l'Etat lance le French Tech 120, le guichet unique des scale-up

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