Le gouvernement mise sur ses startups d'Etat pour améliorer les services publics

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Cédric O, secrétaire d'Etat en charge du numérique, en avril dernier, à l'Elysée.
Cédric O, secrétaire d'Etat en charge du numérique, en avril dernier, à l'Elysée. (Crédits : Reuters)
L'Etat a lancé fin 2018 un programme de pré-incubation de trois mois à destination des collectivités. Le but : permettre aux agents territoriaux de travailler en "mode startup" pour améliorer les services publics grâce au numérique. 8 appels à projets ont été retenu. Bilan.

Transformer les agents territoriaux en startuppers ? C'est l'idée du programme de pré-incubation lancé fin 2018 par Beta.gouv. L'incubateur de services publics numériques présentait le bilan de sa première promotion mercredi 5 juin sous les dorures de l'Hôtel de Lassay, à Paris.

« Aujourd'hui, le numérique est vécu encore trop souvent comme un symptôme de l'abandon des territoires pour grand nombre de français », a estimé Cédric O, secrétaire d'Etat en charge du numérique, devant les représentants d'une quarantaine de collectivités territoriales. « L'expérience utilisateur des services publics n'est pas la meilleure, c'est pourquoi l'Etat doit prendre ses responsabilités pour connaître les problèmes des usagers et les résoudre. »

Ce programme de pré-incubation est géré par Beta.gouv, lancé il y a six ans. L'idée : instaurer une "philosophie startup" dans l'administration pour accélérer le développement et l'amélioration des services publics grâce au numérique. « Les agents territoriaux sont sur le terrain au quotidien : ce sont les premiers témoins de problèmes précis affectant la vie des citoyens. C'est pourquoi ils sont habilités à construire des solutions concrètes », estime Hela Ghariani, responsable de l'incubateur de services publics numériques (DINSIC).

8 appels à projet retenus sur 80

Près de 80 problèmes ont été soumis à l'appel à projets, et seulement 8 ont été retenus : 4 issus du Var et 4 de l'agglomération Pau Béarn Pyrénées. Parmi les projets, la création d'une plateforme de mise en relation pour réduire l'isolement des personnes âgées dans le Var. "Nous voulons recréer le lien social perdu. En moins de trois mois, 19 personnes se sont portées bénévoles. D'ici fin 2019, nous allons passer de 10 à 60 personnes isolées accompagnées via cette plateforme", résume la porteuse de projet. Toujours dans le Var, une "application publique de démocratie citoyenne" est en cours de développement, tout comme un projet de composteurs publics et collectifs pour favoriser la valorisation des déchets alimentaires.

Les collectivités ont formé des équipes autonomes d'agents territoriaux, détachés pendant un jour par semaine pour travailler sur ce projet d'intrepreunariat pendant trois mois. Au total, 25 agents ont été mobilisés.

"La première étape est de valider le problème : est-il récurrent ? Quelles sont les conséquences directes sur les citoyens ?", liste Inès Hijazi, co-animatrice du programme de pré-incubation. "Ensuite, il y a un prototypage de la solution via des enquêtes de terrain."

Délibération sur l'avenir des projets

Par exemple, une équipe formée dans le Var a chiffré que le délai moyen était de 8 mois pour un allocataire de RSA avant de rencontrer pour la première fois le professionnel en charge de son dossier. Elle travaille donc à la mise en place d'une plateforme de mise en relation. Autre constat, selon les travailleurs sociaux du Var : 70% des appels entrants sont "perdus" et "42% des personnes sont obligées de se déplacer pour entre en contact avec nous, ce qui peut avoir des conséquences préjudiciables pour les urgences", chiffre une agent du département. Ils travaillent au développement d'un serveur vocal à choix multiple et d'une solution de mailing pour faciliter les prises de rendez-vous.

A l'issu de trois mois de pré-incubation, une délibération est menée sur l'avenir de ces projets. "Les discussions sont toujours en cours, mais deux projets seront probablement amenés à devenir des startups de territoire", avance Inès Hijazi. Au total, Beta.gouv revendique 88 startups d'Etat incubées.

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Commentaires
a écrit le 07/06/2019 à 12:01 :
Euuuh! c'est déjà le cas, je reçois des propositions téléphoniques pour l'isolation à 1€ ou mettre à jour mon dossier santé, ils sont très gentils et très disponibles, il faut continuer...
a écrit le 06/06/2019 à 14:01 :
Par exemple, une équipe formée dans le Var a chiffré que le délai moyen était de 8 mois pour un allocataire de RSA avant de rencontrer pour la première fois le professionnel en charge de son dossier.

Réponse :

Ça c’est de la «  désinformation »
C’est absolument faux , le contrôle est très régulier
.
Réponse de le 06/06/2019 à 15:29 :
Je confirme, connaissant de nombreux travailleurs sociaux, les contrôles ne manquent pas, aliénants même, il semblerait que les fabriques de fakes news ne soient pas là où les médias nous disent de regarder hein... -_-
a écrit le 06/06/2019 à 13:50 :
O a déjà sa statut au musée Grévin ?

Un peu tôt quand même non ?!
a écrit le 06/06/2019 à 0:42 :
" 25 agents....détachés pendant un jour par semaine pendant trois mois".

Je n'ai jamais vu une start up fonctionner avec du personnel à moins de 20% de temps.
Avec ça, on va aller loin.

Le développement des projets dans les administrations locales devrait être naturel, et si ce n'est pas fait c'est parce que les français voient la numérisation à marche forcée comme une bêtise sans intérêt pour l'usager comme pour l'opérateur.

Étant donné le nombre d'échecs cuisants et ruineux subis par les administrations centrales en matière de numérique (Louvois, paie des fonctionnaires, cartes grises,...), l'Etat n'est pas en mesure de donner des cours de bonne gestion aux territoires.
a écrit le 05/06/2019 à 19:55 :
Quand on sait que les startups sont des éponges a cash, vous imaginez votre avenir!

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