Pour se relancer, la French Tech labellise 13 Capitales et 86 Communautés

Kat Borlongan
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La mission French Tech se dépoussière. Critiqués par de nombreux entrepreneurs, les anciens écosystèmes locaux labellisés French Tech - à savoir les 13 Métropoles françaises et les 22 Hubs internationaux -, ont été enterrés. Ils sont désormais remplacés par 13 Capitales et 86 Communautés, officialisées ce matin par Kat Borlongan, directrice de la Mission French Tech, et Cédric O, nouveau secrétaire d'État en charge du numérique, depuis le campus Station F à Paris.
Si un simple changement de nom peut paraître superficiel, il vise à faire le ménage dans les initiatives locales existantes - et dont le fonctionnement est souvent rendu difficile par les luttes de pouvoir entre les différents acteurs -, pour "rendre" le label French Tech aux entrepreneurs. Il s'agissait de l'une des principales revendications de l'écosystème tech.
Situées en France, les 13 Capitales French Tech regroupent des écosystèmes locaux autour de : Aix-Marseille ; Bordeaux ; Brest ; Strasbourg ; Paris ; Grenoble-Valence-Annecy ; Lille ; Nantes ; Montpellier ; Lyon-Saint-Etienne ; Rennes-Saint-Malo ; Cannes-Grasse et Toulouse. Leur but est de valoriser localement les scale-up du territoire pour organiser le label autour d'elles.
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La Mission French Tech a aussi annoncé le nom des 86 Communautés, dont 38 se situent en France et 48 sont à l'international (dont 16 en Europe, 12 en Asie et le reste étant réparti entre l'Amérique du Nord et du Sud, l'Afrique et le Moyen-Orient). Leur rôle est de permettre le regroupement au niveau local de fondateurs de startups, d'investisseurs et de toutes les parties prenantes de l'écosystème numérique local, aussi bien en France qu'à l'étranger.
Contrairement aux anciens labels, pilotés par des acteurs publics et privés locaux ainsi que par des entrepreneurs, l'idée des Capitales et Communautés est de permettre aux entrepreneurs de reprendre la main sur l'initiative.
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Ainsi, au moins 75% des membres des boards des Communautés et Capitales devront être « des entrepreneurs (fondateurs ou ex-fondateurs) ou des dirigeants (niveau Comex, VP ou directeur) de startups, et aucun des autres membres ne doit avoir de droit de veto sur les décisions prises collectivement par les entrepreneur(e)s », souligne le communiqué de presse. Ces nouveaux labels sont décernés pour trois ans et renouvelables.
La mission French Tech a été créée en 2013 par Fleur Pellerin dans un contexte généralisé de "french bashing". Jusqu'ici, elle s'est employée à fédérer les startups tricolores sous la bannière du coq rouge pour promouvoir l'image d'une France innovante dans le monde. Sa réforme annoncée en octobre dernier s'articule autour de trois priorités : aider les startups à "passer à l'échelle" pour devenir des leaders mondiaux voire des licornes, promouvoir la "tech for good" (l'innovation qui vise à améliorer la société et résoudre les grands défis, notamment environnementaux, du XXIe siècle), et favoriser la diversité et la mixité sociale.
Et de poursuivre : « Lorsque j'ai été nommée en mai dernier, j'ai énoncé cette nouvelle vision et on m'a dit que l'écosystème n'était pas prêt. Pourtant, nous avons défini très clairement nos objectifs et le résultat est là : plus de 2.500 entrepreneurs français ont soutenu la création de ces nouveaux labels. »
Un nouveau fonds, baptisé French Tech Community Fund, sera lancé d'ici la fin du mois. Doté de 2 millions d'euros, ce fonds illustre "un changement de culture", selon Kat Borlongan. « Nous allons désormais soutenir des projets concrets avec des résultats attendus, et plus seulement le fonctionnement général de l'écosystème », souligne la directrice.
Les tickets grimperont entre 20.000 à 100.000 euros pour des projets à réaliser entre septembre 2019 et août 2020. Le fonds est accessible pour tous les nouveaux labellisés, sans aucun quota de répartition géographique.
Alors que la mixité et la diversité ont été annoncées comme des axes forts de la nouvelle mission French Tech, la marge de progression est énorme. Sur les 13 représentants de Capitales présents ce mercredi matin, il y avait douze hommes pour une femme (Sandrine Jullien-Rouquié, à la tête de la "Capitale" toulousaine, NDLR).
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C'est pourquoi elle a annoncé vouloir a minima 35% de personnes de sexe opposé pour les intervenants lors des prochains événements de la mission French Tech. Anecdote qui souligne les changements de mentalité à opérer : si un silence de messe régnait pendant l'allocution du secrétaire d'État Cédric O, Kat Borlongan a dû marquer une pause lors de son discours pour réussir à faire taire son audience.
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