Luc Julia, l'inventeur de Siri, veut augmenter l'intelligence artificielle

Patrick Cappelli
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« Dis, Siri, qui est Luc Julia ? ». « Désolé, je ne vois pas de Luc Julia dans vos contacts ». L'assistant vocal d'Apple ne connaît pas son créateur : on est toujours trahi par les siens. Ce jeudi ensoleillé de février, Luc Julia, vice-président innovation de Samsung, est de passage à Paris pour promouvoir son livre "L'intelligence artificielle n'existe pas" (First Editions). Carrure d'athlète et chemisette à fleurs de Californien (il a la double nationalité), le quinquagénaire est une des figures françaises de l'intelligence artificielle et de l'IoT (Internet des objets).
Avant de prendre en 2012 la direction de l'innovation de Samsung (1 milliard d'objets connectés vendus par an), le natif de Toulouse a d'abord été un gamin bricoleur qui fabrique un robot avec un vieux moteur d'aspirateur, pour faire le lit à sa place. Cette découverte de l'électronique va l'amener vers sa vraie passion : l'informatique. Dès ses 12 ans, il se met à la programmation (et au piratage) sur un ordinateur Commodore. « J'ai même hacké le Minitel », évoque en souriant le docteur en sciences informatiques.
Il intègre le CNRS au début des années 1990, mais, alors qu'il veut travailler avec des collègues de Grenoble, on l'en empêche pour des raisons de budget et de concurrence interne : « Moi qui voulais collaborer et échanger avec les autres chercheurs, j'ai décidé de partir. » Direction Boston et le MIT (Massachussets Institute of Technology), où certains articles du chercheur français ont été remarqués. Mais l'hiver de la côte est est trop rude pour le Toulousain qui s'envole alors vers la Californie et le SRI, le centre de recherches de l'université de Standford.
Patrick Cappelli