Regenlife guérit les maladies inflammatoires du cerveau avec la lumière
Simon Prigent
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Un casque équipé de diodes diffuse de la lumière dans une zone du spectre lumineux proche de l'infrarouge afin de stimuler les cellules neuronales, par photobiomodulation.
LES GRANDS DÉFIS DES DEEPTECH (4/4). Chaque vendredi, découvrez une innovation de rupture qui pourrait résoudre un problème majeur. Cette semaine, la Montpelliéraine Regenlife utilise la stimulation lumineuse proche infra-rouge pour traiter les commotions cérébrales, certaines maladies neurodégénératives comme Alzheimer, ou encore les dépressions. Elle cherche à lever 10 millions d’euros.
Qu'ont en commun la maladie d'Alzheimer, la commotion cérébrale, ou encore la dépression? Elles impliquent, comme la plupart des maladies qui affectent le cerveau, une neuroinflammation. Pour les traiter, la deeptech Regenlife développe depuis 2016 une approche non médicamenteuse basée sur la stimulation lumineuse : la photobiomodulation.
Également utilisée en dermatologie, cette technique, telle que developpée par Regenlife, consiste à cibler le cerveau et l'intestin, qui sont très connectés, et à les bombarder de photons, particules élémentaires de la lumière, au moyen d'un casque et d'une ceinture abdominale équipés de diodes.
Modulation de la neuroinflammation
En ce qui concerne le casque, la lumière diffusée dans une zone du spectre lumineux proche de l'infrarouge a pour but de stimuler les usines de production d'énergie des cellules neuronales, les mitochondries.
« Au niveau de la membrane mitochondriale de nos cellules, il y a un cytochrome (une forme de protéine, Ndlr) qui est photorécepteur. Les photons permettent donc de déclencher une action biologique, qui active la production d'adénosine triphosphate (ATP). Cette activation biologique en cascade entraîne l'augmentation de production de cytokines anti-inflammatoires, diminue celle de cytokines pro-inflammatoires, et permet ainsi une modulation de la neuroinflammation », explique Guillaume Blivet, directeur innovation et co-fondateur de Regenlife.
L'application aux maladies affectant le cerveau de cette technologie - déjà utilisée en dermatologie - imaginée par la start-up fait l'objet de 33 brevets « délivrés ou quasi-délivrés » partout dans le monde, et répartis en quatre familles.
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La start-up de huit personnes basées à Montpellier et Paris envisage à ce stade trois débouchés pour son innovation : le traitement de la maladie d'Alzheimer, de la dépression, et des commotions cérébrales. Cette dernière application est la plus avancée et représente une opportunité énorme dans certains sports comme le rugby, où les commotions sont fréquentes, et restent à l'heure actuelle orphelines de tout traitement spécifique autre que la mise au repos.