Enterrée par le Premier ministre Jean Castex qui avouait ne pas l'avoir téléchargée, ressuscitée par le président. L'application de traçage numérique des contacts StopCovid, globalement considérée comme un échec cuisant, fera peau neuve dès le 22 octobre pour espérer séduire enfin le public. Lors de son allocution télévisée mercredi soir, au cours de laquelle il a annoncé un couvre-feu, Emmanuel Macron a révélé que le lifting de StopCovid va même s'étendre à son nom, puisque l'application est rebaptisée Tous Anti-Covid.
Effectivement, StopCovid, sous sa forme actuelle, a été installée plus de 2,6 millions de fois depuis début juin, mais un million de personnes l'ont désinstallée. L'application compte donc seulement 1,6 million d'utilisateurs actifs, soit bien moins que les applications britanniques et allemandes, téléchargées respectivement 16 et 18 millions de fois. Or, si la plupart des personnes que l'on croise n'ont pas téléchargé l'application, le dispositif est inefficace... Et les chiffres le montrent : alors que le coût de la maintenance fait polémique (plus de 200.000 euros par mois), seulement 7.969 personnes se sont déclarées comme étant positives sur StopCovid depuis son lancement, et à peine 472 notifications ont été envoyées à de potentiels cas contacts.
Quelles différences entre StopCovid et Tous Anti-Covid ? Contrairement à ce que le changement de nom laisse croire, il ne s'agit pas d'une nouvelle application mais simplement d'une nouvelle version. Autrement dit, les fondamentaux de StopCovid restent les mêmes (stockage centralisé des données, protocole technique "souverain", enregistrement des cas contact via le Bluetooth). Le principe aussi : si un utilisateur se déclare positif au Covid-19, StopCovid informe tous les cas contact qui ont été à moins d'un mètre de lui pendant 15 minutes sur les deux dernières semaines.