De nouvelles mobilités plus inclusives et plus intelligentes
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« Liberté, égalité, fraternité ». La devise de la République française n'est pas qu'inscrite au fronton des édifices publics. Elle se décline aussi dans les mobilités. Elle est même au cœur du contrat social. En effet, comment emmener ses enfants à l'école, aller au travail, profiter de ses loisirs, découvrir d'autres horizons - en un mot, vivre comme tout le monde - si l'on ne peut pas se déplacer ? Ainsi, « le rôle de la mobilité est de favoriser l'inclusion », a martelé Jean-Christophe Combe, directeur marketing et innovation pour Keolis et ex-ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes Handicapées, à l'occasion d'une table ronde intitulée : Inclusivité dans les transports ou comment placer l'usager au cœur des processus d'innovation. Pourtant, selon le Baromètre des Mobilités du Quotidien, plus de 13 millions de personnes étaient en situation de précarité en matière de mobilité en 2022, ce qui représentait plus de 27 % de la population totale des 18 ans et plus. Les raisons vont du manque d'argent pour se déplacer à la difficulté de le faire en raison d'un handicap ou d'un âge avancé.
Nombre d'élus locaux sont conscients de cette situation. Tel Jean-Baptiste Hamonic, maire de Villepreux (Yvelines) et vice-président chargé des transports et des mobilités durables de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines. Il multiplie les expérimentations, d'autant que dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques 2024, l'agglomération a accueilli les compétitions de VTT, sur la colline d'Elancourt, et celles de BMX, au stade de Saint-Quentin-en-Yvelines. « Nous avons décidé qu'il était nécessaire d'aller voir du vélo... en vélo », sourit-il. Si les JOP 2024 ont servi d'accélérateur, les autorités locales avaient déjà mis en place quelques 400 kilomètres de pistes cyclables dans les communes alentours, qui seront 600 en 2031. Mais au-delà des pistes cyclables, le maire parie aussi sur une navette autonome, en partenariat avec Keolis, et sur des trottinettes électriques. Il a aussi accueilli une autre initiative, des fauteuils roulants qui s'adaptent sur des trottinettes électriques, lancée par Omni, une jeune pousse qui a développé ce concept, de nature à faciliter les déplacements des personnes en situation de handicap et lauréate France-Mobilités JOP2024. De même, sa commune sert actuellement de terrain d'expérimentation pour les capsules autonomes de la start-up nancéienne Urban Loop (elle aussi lauréate France-Mobilités JOP2024). « Tous ces éléments sont complémentaires », a conclu Jean-Baptiste Hamonic. Et ils vont tous dans le même sens, l'accès à la mobilité pour tous et la fluidité des déplacements.
Et lorsqu'on parle de véhicules autonomes, on pense aussi à l'intelligence artificielle (IA). Mais si elle a souvent été mise en avant pour le fonctionnement et la sécurité de ce type de véhicules, l'IA a des applications bien plus vastes. A condition bien sûr qu'elle soit encadrée - « il faut avoir confiance dans les données et leur utilisation », a d'ailleurs souligné d'entrée de jeu Dominique Gruyer, directeur de recherche au laboratoire PICS-L université Gustave Eiffel, à l'occasion d'une autre table ronde sur les promesses de l'intelligence artificielle pour les mobilités de demain. Toujours est-il que l'IA peut jouer un rôle clé. Plusieurs, en fait. Qui vont de la décarbonation des opérations à une meilleure expérience utilisateur en passant par une réduction des coûts - pour les transporteurs, par exemple, sous forme de mutualisation du fret, sans oublier le report modal ni l'éco-pilotage.
Les exemples mis en avant lors de la table ronde ont été nombreux. Ainsi, grâce à l'IA, qui offre une analyse fine de milliers de données, et par là même, une cartographie des usages, la RATP pourra bientôt, comme l'a précisé Gilles Tauzin, directeur innovation à la RATP, recharger des bus électriques en s'adaptant aux fluctuations du prix de l'électricité. A cette certaines périodes de la nuit, en particulier. Toujours du fait de ses capacités d'analyse, une fois la collecte de données massives effectuée, l'IA peut également rapprocher des transporteurs et leur permettre de mutualiser le fret. De quoi, comme le propose Deki, une start-up lauréate du programme Propulse, rendre les opérations plus efficaces (sinon, les camions de livraison ne sont qu'à moitié plein la plupart du temps) et donc plus propres et moins chères. Même chose pour un logiciel fondé sur des algorithmes, mis à la disposition des responsables des Ressources Humaines par 1km à Pied, une start-up elle aussi primée par Propulse, qui permet, pour les employeurs multi-sites, de trouver aux salariés un lieu de travail plus proche de leur domicile. Avec, à la clé, une réduction du temps, des émissions et du budget transport, une amélioration du bien-être sous forme de moindre stress et un meilleur engagement des collaborateurs. De même, les outils à base d'IA servent à analyser les flux, pour proposer entre autres aux autorités et aux opérateurs de transport des solutions de report modal (transports en commun et voiture, train et avion...) et favoriser ainsi une manière plus verte de se déplacer. Ils servent également à guider certains utilisateurs - conducteurs ou pilotes - dans leurs activités pour, les uns, déterminer l'itinéraire le plus court et le moins gourmand en carburant, les autres pour une conduite plus sobre. Enfin, des systèmes, comme ceux qui sont développés par Lacroix - City, permettront, grâce à un module embarqué et relié aux équipements de voirie, aux bus de toujours avoir le feu de signalisation au vert. Une façon de lutter contre les émissions de particules fines dues au freinage et d'assurer un service plus rapide aux passagers.
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Autant dire que l'IA a bien des vertus et peut être mise au service des acteurs, des usagers, et bien sûr, de la qualité de la vie et de l'environnement. Et Les Mobilités innov', la caravane organisée par l'AIT à travers la France, cherche à s'assurer que les acteurs du secteur des transports comme le grand public sont non seulement conscients des enjeux et des promesses technologiques, mais seront également acteurs d'une évolution de grande envergure, vers de nouvelles mobilités plus inclusives et plus intelligentes. Prochaines étapes pour Les Mobilités innov' : Bordeaux le 20 septembre et Lille le 26 septembre). Programme et inscription accessibles sur le site du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires : https://www.ecologie.gouv.fr/rendez-vous/mobilites-innov
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