Les cyberdélinquants à l'affût des données personnelles et des coordonnées bancaires

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La multiplication des données personnelles qui déferlent chaque jour sur Internet fait le bonheur des cyber-criminels ! Escroqueries, abus de confiance, falsifications, fraude à la carte de crédit ,... continuent ainsi de prospérer, rapporte l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales dans une enquête réalisée en 2010. Presqu'en toute impunité.

Pas moins de 33.905 infractions de délinquance commises par le biais d'Internet ont été enregistrées en France en 2010, indique ce mercredi le rapport annuel de l'Observatoire de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP).  Plus de 80% d'entre elles sont des escroqueries et abus de confiance tandis que le reste touche à des falsifications et usages de cartes de crédit.

Internet, une mine de renseignements pour les cybercriminels

"La multiplication des utilisations d'Internet et l'augmentation exponentielle du nombre de données personnelles qui y circulent offrent aux malfaiteurs d'innombrables possibilités d'usages illicites ou abusifs de ces données", insiste l'Observatoire. Au premier rang desquelles, les coordonnées bancaires et les mots de passe.

A ce titre, l'étude souligne que la fraude sur les paiements par carte à distance reste élevée sachant qu'ils représentent 8,6% de la valeur de l'ensemble des transactions nationales. Quant au taux de fraude sur les paiement en ligne, il continue également de progresser pour se rapprocher de son maximum historique atteint en 2007. Le butin aussi puisque ces paiements "comptent pour 62% du montant global de la fraude" contre 57% en 2009, peut-on lire dans le rapport sans plus de détail sur la somme exacte. Mais plus largement, la "cybercriminalité aurait coûté" en France "1,7 milliard d'euros" en 2010, dont 872 millions d'euros "de pertes directes".

Une réalité difficile à chiffrer

Ces chiffres ne reflètent toutefois pas complètement la réalité car elles s'appuient rarement sur des plaintes. En effet, quand les infractions sont liées aux formes de criminalité "traditionnelles"; mais facilitées par les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), elles sont recensées par les administrations; à condition que ces dernières en aient eu connaissance.

Quant aux infractions apparues avec le développement des réseaux informatiques et d'Internet et liées aux systèmes d'information et de traitement automatisé des données (Stad), leur dénombrement est encore plus "limité par le fait qu'il n'est pas toujours aisé pour un individu de prendre conscience qu'il a été victime et donc de déposer plainte". Le rapport fait néanmoins état de 626 atteintes à ces systèmes en 2010. Plus d'une fois sur trois, il est question de données modifiées ou supprimées, ou bien encore de systèmes altérés.

Rares sanctions

Malgré la multiplication des vols de données personnelles et usurpations d'identité, les experts de l'ONDRP pointent le fait, jurisprudence à l'appui, que ces infractions sont trop rarement sanctionnées. Pourtant, le code pénal les punit, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) également. Le caractère immatériel des préjudices subis et le manque de formation technique des magistrats ne sont certainement pas étrangers à cette situation.

 Les usagers pas plus inquiets que ça

Risque accru de fraudes à la carte bancaire ou pas; cela ne semble pas inquiéter les cyberacheteurs plus que cela. A peine un quart d'entre eux déclarent éprouver de l'inquiétude lorsqu'ils achètent en ligne avec leur carte bancaire.

Etudiants ou informaticiens

Il n'existe pas de profil-type du cybercriminel ou du cyberdélinquant., la cybercriminalité recouvrant des réalités très différentes (crimes sexuels, escroqueries financières,....) et peu d'études approfondies s'étant encore penchées sur le sujet. Néanmoins, s'agissant des escroqueries et autres infractions financières, "les cyberdélinquants débutent parfois avec de faibles compétences, mais pour la plupart, ils possèdent un bagage technique important.", indique le rapport. " C'est notamment le cas de certains étudiants ou spécialistes en informatique". Certains d'entre eux se définissent comme des "hackers" ou pirates et "revendiquent une action positive de développement de solutions nouvelles ou d'améliorations des logiciels et systèmes d'exploitation existants", explique le rapport. Il s'agit souvent d'"attaquants isolés, utilisant les nombreuses ressources lobrement accessibles permettant d'acquérir les techniques nécessaires".

Ce rapport s'appuie sur une enquête -la 5ème depuis 2007- réalisée en France métropolitaine entre janvier et avril de cette année durant laquelle 16.958 ménages ont été interrogés sur les atteintes aux biens dont ils ont pu avoir été victimes en 2010. A chaque fois, une personne de 14 ans et plus a répondu à des questions de victimation personnelle ou d'opinion sur la sécurité.

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