A chaque site marchand, son moyen de paiement. Ou presque...
Virginie de Kerautem
Virginie de Kerautem
Toujours promis à un bel avenir, le e-commerce et la multiplicité des canaux sous-jacents (mobiles, tablettes, réseaux sociaux,...) ont également ouvert la voie à de nouveaux modes de paiement. Résultat, il faut presque s'y prendre à trois fois avant d'ouvrir son portefeuille. Carte bleue, porte-monnaie électronique, carte de fidélité, titre prépayé? A chaque site marchand, son mode de paiement. Ou presque. Leur potentiel de développement est prometteur. En témoigne une étude du cabinet de conseil ADN'co spécialisé dans la monétique et réalisée pour Limonetik d'après laquelle ces moyens de paiement alternatifs pourraient peser 13,8 milliards d'euros en France d'ici quatre ans en progressant de 27% en moyenne par an.
Ils devraient alors représenter un quart des transactions réalisées en ligne et grignoter des parts de marché aux moyens de paiement traditionnels.
Transfuges ou pas des moyens utilisés dans le commerce physique, ces nouveaux moyens dits alternatifs (autres que carte bancaire, espèces, chèque, prélèvement et virement), constituent un relais de croissance certain pour les acteurs du e-commerce: sites marchands, opérateurs télécoms, marques,....
65% de croissance pour le prépayé
Première catégorie de ces moyens de paiements dits alternatifs (MPA) : les "pure players". Parmi eux, on retrouve des solutions de paiement sécurisé façon porte-monnaie électronique que l'on actionne sans avoir à redonner systématiquement ses coordonnées bancaires. Plusieurs acteurs se partagent le marché : Paypal (groupe eBay) bien sûr, mais aussi Kwixo (Crédit Agricole), Buyster (opérateurs télécoms français), iTunes (Apple),.... Les transactions réalisées via ce biais devraient atteindre 7,3 milliards d'euros en 2015 contre 3,5 milliards prévus cette année. En Europe, elles sont estimées autour de 35,2 milliards d'euros.
Font également partie de cette catégorie les solutions de paiement via les opérateurs mobiles ou les fournisseurs d'accès à Internet. Celles-ci consistent à réaliser des micropaiements pour de la musique, des articles de presse, des jeux, des paris en ligne... que les opérateurs reportent au fur et à mesure sur la facture de leur client. 1,7 milliard d'euros devraient être dépensés ainsi à horizon 2015.
La seconde catégorie est qualifiée par l'étude de "transfuges". Il s'agit des acteurs traditionnels du paiement qui proposent désormais leurs solutions sur le Net. Ces acteurs disposent d'un "gisement de pouvoir d'achat encore peu exploité" sur le Net : 16,1 milliards d'euros aujourd'hui en France pour 23 milliards attendus d?ici 2015. Outre, les facilités de paiement (crédit à la consommation, paiement en plusieurs fois), la monétisation des bons et avoirs ou des points de fidélité (cadeaux, listes de mariage,...), ADN'Co souligne la "forte expansion" des titres prépayés. Ces derniers devraient connaître une croissance de près de 65% en quatre ans grâce à la dématérialisation des supports (coupons et bons d'achat) pour atteindre 14 milliards d'euros (hors titres de transport) en 2015.
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Les banques moins présentes
Même si, in fine, ce sont elles qui contrôlent tous ces modes de paiement, les banques occupent peu ce créneau. Elles laissent ainsi le champ libre aux nouveaux acteurs qui ne demandent pas mieux que d'aller trouver de nouveaux clients, améliorer le parcours d'achat du consommateur, augmenter le panier moyen de ce dernier et que d'intégrer leurs solutions plus rapidement sur le site marchand et à moindre coût.
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Ces acteurs, dont beaucoup servent d'intermédiaire entre le site marchand, le consommateur et la banque, pullulent mais il faut s'attendre à un mouvement de consolidation dans les quatre à cinq ans.
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