Après la production de films, Amazon veut investir les salles de cinéma
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Amazon bat le consensus avec un profit record, le titre grimpe
Abhishek Chinnappa
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Amazon bat le consensus avec un profit record, le titre grimpe
Abhishek Chinnappa
Les films produits par Amazon bientôt dans les salles de cinéma ? D'après les informations de Bloomberg News, le géant du commerce en ligne est sur les rangs pour racheter le réseau américain Landmark Theatres et serait en discussion avec la société Wagner/Cuban Cos, propriété des milliardaires Mark Cuban et Todd Wagner. D'autres acquéreurs potentiels sont également en lice. Cependant, Bloomberg prévient qu'il n'est pas certain que ces négociations aboutissent.
Contacté par l'AFP, Amazon n'a pas souhaité commenter ces informations.
Le groupe de Jeff Bezos est déjà présent dans le monde du divertissement et du cinéma : il propose un service de streaming (Amazon Prime Video), investit des milliards de dollars dans la production de films, de programmes de divertissement, et a même acheté des droits pour diffuser des événements sportifs en direct. Un rachat de Landmark lui permettrait de mettre la main sur une chaîne de plus de 50 salles de cinéma, plutôt haut de gamme, à New York, Philadelphie, Chicago, Los Angeles et San Francisco, focalisée sur les films indépendants et étrangers.
A juste titre, l'analyste rappelle que Netflix, plateforme de streaming concurrente à celle d'Amazon, avait lui aussi cherché à acquérir Landmark Theatres plus tôt dans l'année. Mais le deal avait capoté, peut-être en raison du prix demandé par la chaîne de salles de cinéma d'après le Los Angeles Times.
Car posséder des salles de cinéma permettrait à Netflix de rendre ses productions originales éligibles aux Oscars. En effet, d'après le règlement de l'Académie, pour accéder à la compétition, les œuvres cinématographiques doivent faire l'objet d'une sortie dans les salles obscures au moins une semaine dans l'année. Jusqu'à présent, le "groupe aux lettres rouges" avait réussi à contourner l'obstacle en nouant simplement des partenariats avec certains distributeurs (notamment la chaîne de cinémas haut de gamme iPic) à la condition de pouvoir diffuser les films originaux simultanément en salle et en ligne. Mais les distributeurs en question sont peu nombreux, contraignant la plateforme à se contenter d'une poignée de salles seulement.
Le problème se pose aussi pour Amazon qui, malgré tout, a moins de mal à mettre ses films en salle que Netflix. Pour le cas du long métrage "Manchester by the Sea" dont il a acquis les droits en 2016 pour 10 millions de dollars, Amazon a choisi de le distribuer d'abord en salles avant de le proposer, quelques mois plus tard, sur son portail. Cela a notamment permis au film d'obtenir deux statuettes aux Oscars en 2017.
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L'accord entre Amazon et Wagner/Cuban Cos marquerait aussi la deuxième incursion du géant du commerce en ligne dans les points de vente physiques après l'achat de la chaîne de produits "bio" américaine Whole Foods pour 13,7 milliards de dollars l'an dernier - une démarche qui avait fait trembler le secteur des supermarchés. Et pour cause : par communiqué, le groupe de Jeff Bezos avait promis une "guerre des prix" à la grande distribution.
(avec AFP)
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