FaceApp n'est pas la seule application à aspirer vos données
Olivier Levrault, AFP

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Lancée en 2017, FaceApp a refait surface ces derniers jours avec ses outils d'intelligence artificielle qui permettent de vieillir, rajeunir, modifier le teint ou le sourire d'un visage.
Mais le succès de FaceApp, actuellement l'application gratuite la plus téléchargée sur Google Play avec plus de 100 millions d'utilisateurs, s'est accompagné d'un émoi quant à la protection de la vie privée. Jusqu'à pousser un sénateur américain à demander au FBI d'enquêter sur les "risques pour la sécurité nationale" et la Pologne et la Lituanie à annoncer qu'elles allaient examiner de près l'application.
Pourtant, des spécialistes de cybersécurité appellent à relativiser les risques, comme la société israélienne Checkpoint, qui n'a "rien trouvé d'extraordinaire dans cette application" qui "semble avoir été développée dans le bon sens" et ne présente pas de "permissions agressives".
Outre le fait que la société est russe, ce qui nourrit des fantasmes, sont en cause les conditions générales d'utilisation (CGU), qui énoncent qu'en recourant à l'application "vous accordez à FaceApp une licence perpétuelle, irrévocable, non exclusive, libre de droits, mondiale, (...) pour utiliser, reproduire, modifier, adapter, publier, traduire, créer des travaux dérivés, distribuer, exploiter publiquement et afficher" les photos et informations qui s'y attachent, dont les noms ou pseudos.
"C'est une chose tout à fait standard", nuance Baptiste Robert, expert en cybersécurité. "Dans les CGU de la plupart des sites internet tels que Twitter ou Snapchat, vous allez retrouver exactement la même chose".
Si ces usages sont standards, ils n'en seraient pas moins contraires au règlement européen de protection des données personnelles (RGPD), au moins sur un point: l'obligation pour les entreprises d'obtenir le consentement "libre, spécifique, éclairé et univoque".
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En ouvrant l'application, aucun consentement n'est explicitement demandé. "Il faut accéder à des CGU longues et fastidieuses, en anglais et uniquement sur le site, pour comprendre que les données seront conservées par l'éditeur et pourront être transférées en dehors de l'UE", détaille Sylvain Staub.
Si les CGU des géants sont davantage conformes à la loi, c'est parce qu'elles sont édictées par "des armées d'avocats, contrairement à celles de FaceApp".
Dans les deux cas, les données personnelles seront exploitées à des fins commerciales, pour mettre en place des publicités ciblées ou améliorer les algorithmes, de reconnaissance faciale en l'occurrence pour FaceApp.
L'avocat rappelle qu'en février par exemple, l'Allemagne a restreint l'exploitation par Facebook des données de ses utilisateurs, lui interdisant de piocher sans accord explicite dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales comme Instagram et Whatsapp.
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