La loi contre la haine en ligne sera déposée en mai par Laetitia Avia

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Le président de la République a précisé que la proposition de loi contre la haine en ligne sera déposée en mai.
Le président de la République a précisé que la proposition de loi contre la haine en ligne sera déposée en mai. (Crédits : POOL)
À l'occasion d'un discours au dîner annuel du conseil représentatif des institutions juives de France (Crift), mercredi 20 février, Macron a précisé que la proposition de loi contre la haine sur internet sera déposée en mai par la députée LREM Laetitia Avia.

Le 14 février, le secrétaire d'État au numérique Mounir Mahjoubi annonçait son plan d'action contre les contenus haineux en ligne. Le président vient de préciser que le dépôt d'un projet de loi devrait se faire au mois de mai, alors que le Premier ministre se montrait plus évasif sur la date, en indiquant simplement "avant l'été". La députée de la majorité Laetitia Avia portera ce nouveau projet de loi. L'élue avait remis en septembre 2018 un rapport de lutte contre le racisme et l'antisémitisme sur Internet.

Appel à la responsabilité des plateformes

"Ce texte portera des dispositions claires imposant les retraits dans les meilleurs délais de tous les contenus appelant à la haine, mettant en oeuvre toutes les techniques permettant de repérer l'identité dans les meilleurs délais et enfin appelant les plateformes à la responsabilité, y compris sur le plan juridique", promet Emmanuel Macron.

Le plan d'action du gouvernement préconise une mise en quarantaine des contenus haineux signalés, suivi d'un délai de 24 heures pour les traiter. Ce système s'accompagnerait d'une procédure d'appel si la plateforme supprime le contenu. Le secrétaire d'État au numérique avait également appelé à une plus grande transparence des plateformes sur leur politique de modération, et souhaiterait qu'elle soit décidée en concertation avec des acteurs de la société civile. Enfin, le président veut "apporter des sanctions" aux individus en cas de publication de contenu haineux, ainsi qu'aux plateformes en cas de non-retrait de ceux-ci.

Lever l'anonymat au lieu de l'interdire

Si la députée Laetitia Avia affirme sa volonté d'empêcher l'anonymat en ligne, et donc de forcer les personnes à utiliser leur identité réelle sur les réseaux sociaux, le président ne semble pas aussi tranché. "Faut-il interdire partout sur internet l'anonymat? Je pense que cette voie pourrait nous mener à quelques égards vers le pire et il faudra donc y réfléchir à deux fois", élabore-t-il prudemment. Il précise que la question sera "évidemment posée", mais mentionne la facilitation de la levée de l'anonymat plutôt que son empêchement.

Une nouvelle définition de l'antisémitisme

Le président a déclaré que la France adopterait une nouvelle définition de l'antisémitisme, celle de l'alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA). Adoptée en 2016, elle intègre tout critique de l'état comme "collectivité juive" dans la notion d'antisémitisme, séparé d'une critique de l'état comme instance de pouvoir. Reste à savoir dans quel texte cette modification serait faite, puisque Emmanuel Macron a également précisé ne pas changer le Code pénal.

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Commentaires
a écrit le 22/02/2019 à 8:25 :
Pour qu'on ne parle pas dans le vide.
Voici la définition de l'antisémitisme portée par l'IHRA.

« L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs, qui peut s’exprimer par la haine envers les Juifs. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées contre des personnes juives ou non-juives et/ou leur propriété, contre les institutions de la communauté juive ou les lieux religieux. »

Dans le genre flou.... "une certaine perception".
Toute forme de contestation de la politique de l'état israélien peut donc entrer dans cette définition puisque ça passe par une expression rhétorique dirigée contre une institution juive. Au passage, la moitié des israéliens serait selon cette définition, antisémite.

Contester les justifications historiques d'une colonisation pratiquée par des colons blancs européens aux dépends des populations locales, relève de l'antisionisme, passible selon cette définition, de sanctions.

Méfions nous des dérives juridico-communautaristes sinon il faudra bientôt des législations particulières contre la christianophobie, l'islamophobie, l'homophobie, la grossophobie, la haine des roux, des nains et des possesseurs de twingo.

Je pense que l'état doit laisser aux magistrats le soin de trier entre ce qui est de la revendication légitime et ce qui est de la haine.

Dans tous les cas, la sanction doit porter sur les actes et pas sur les opinions.

Pour ce qui est des sanctions sur internet. L'anonymat habituel peut être conservé, ce n'est pas un problème, mais en cas de condamnation, le responsable du réseau devrait être obligé d'insérer sur la toile, à l'instar de ce qui se fait pour les procès de presse, l'avis de jugement.

"Mr (identité réelle), alias (tous les alias utilisés sur le réseau) a été condamné pour (injures, insultes, harcèlement... rayez les mention inutiles) à (une amende , de la prison, et publication du jugement)".

La levée de l'anonymat fera réfléchir et permettra aux victimes de se sentir protégés.
a écrit le 21/02/2019 à 23:20 :
L'antisémitisme est à condamner et à combattre en toutes circonstances. L'antisionisme, s'il nie l'existence d'Israël ou vise sa destruction est aussi condamnable, cependant il ne faudrait pas que la condamnation de l'antisionisme justifie l'attitude d'Israël vis à vis des Palestiniens.
a écrit le 21/02/2019 à 20:30 :
Il faut savoir que la haine est le cancer de l’humain : que c’est néfaste pour celui qui le ressent et celui qui est ciblé

Le passé devrait nous rassembler pour ne plus reproduire les mêmes bêtises humaines et apporter ,laisser aux générations futurs : le respect , la dignité, la responsabilité, la liberté pour nous mêmes et pour tous nos prochains sans distinction et sans jugement .

Je m’engage à refuser toutes formes de violence , de bannir la haine , le racisme, l’antisémitisme , l’anti- humain, toutes formes de méchanceté gratuite.

Haïr l’autre c’est s’haïr soi- même car nous sommes tous égaux nous sommes tous humains et nous sommes tous libres.
Réponse de le 22/02/2019 à 3:19 :
"Tous libres " Comme vous y allez.
a écrit le 21/02/2019 à 18:21 :
Bien vu, Citoyen. Et cela confirme aussi que nous entrons doucement en dictature.
a écrit le 21/02/2019 à 18:02 :
Pendant ce temps :
Une poignée de collaborateurs belges du régime nazi perçoivent toujours une pension de retraite versée par l'Allemagne, une situation effarante pour les députés d'outre-Quiévrain, qui réclament la fin de ces versements. "La Chambre des représentants demande au gouvernement (…) de plaider auprès du gouvernement fédéral allemand la fin du régime des pensions accordées aux collaborateurs belges", écrivent les élus dans un texte adopté mardi.
Un décret de 1941 jamais abrogé. Ces pensions sont versées chaque mois en vertu d'un décret pris par Adolf Hitler en 1941, qui accorde aux Belges collaborateurs les mêmes droits que les Allemands, en échange de leur loyauté. Et ce décret de 1941 n'a jamais été abrogé : ainsi, une vingtaine de survivants touche chaque mois des centaines d'euros de retraite complémentaire, versés par l'Allemagne d'Angela Merkel. L'association "Mémoire-Herinnering", qui a mis le sujet sur le devant de la scène belge, estime même que certains collaborateurs nazis du pays ont pu toucher un salaire plusieurs années après la fin de la guerre, ainsi qu'une retraite de base.
Réponse de le 22/02/2019 à 9:06 :
Un bon serviteur ça se récompense bien.
a écrit le 21/02/2019 à 17:38 :
Macron, loin d'être altruiste, ne cherche qu'a se protéger en imposant a la justice, par le biais du législatif, des lois "inutiles" dont il pourra personnellement se servir!
a écrit le 21/02/2019 à 17:32 :
Une Loi contre le sentiment, forcément subjectif puisque comme nous le dit Nietzsche "Il n'y a pas de phénomène moral, seulement une interprétation morale des phénomènes".

Donc c'est forcément un abus et c'est quelqu'un qui comprend parfaitement la paranoïa du peuple juif, quand on sait que les familles allemandes et européennes qui ont installé Hitler au pouvoir sont restées en place, s'enrichissant toujours plus au fil des décennies, on comprend qu'il y ait de quoi douter, qui l'affirme.

Par contre pourrions nous l'utiliser afin d'empêcher les LREM d'exprimer leur mépris constamment envers le peuple français ? La haine, le mépris...

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