Pavel Durov, libertarien pour le meilleur et pour le pire
François Manens
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Pavel Durov, dirigeant et fondateur de Telegram, en garde à vue depuis plus de 48 heures.
Reuters
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Pavel Durov, dirigeant et fondateur de Telegram, en garde à vue depuis plus de 48 heures.
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Difficile de faire plus libertarien que Pavel Durov. Le fondateur de Telegram se présente comme un militant anti-système, refuse toute forme de censure, et n'hésite pas à donner de sa personne pour défendre ses idéaux. Cette posture l'a propulsé au rang de symbole des défenseurs des libertés en ligne, suite à de multiples oppositions au contrôle de l'appareil étatique russe. Mais cette même posture l'a aussi entraîné à son arrestation samedi soir, à la sortie de son jet privé à l'aéroport du Bourget.
La police française reproche au dirigeant l'absence de modération de son réseau social, utilisé dans des affaires de terrorisme, de criminalité ou encore de pédophilie. Sur la liste des douze chefs d'accusation reprochés à Pavel Durov, le mot « complicité » revient à six reprises. Le milliardaire de 39 ans laisse passer la liberté avant tout et considère qu'il n'est pas du rôle d'un réseau social comme le sien de trier entre le bien et le mal, le légal et l'illégal.
Pavel Durov est poursuivi dans d'autres pays pour des faits similaires, mais le couperet n'était pas encore tombé. La police française a donc pris une décision forte en passant à l'action. D'autant plus que la mise en cause intervient alors que Telegram se trouve au centre de deux dossiers sous tension.
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D'une part, l'application s'est imposée comme la principale source d'information des deux bords dans le conflit entre l'Ukraine et la Russie. De l'autre, elle fait partie des messageries qui permettent le chiffrement de bout en bout (avec WhatsApp et Signal notamment), un mécanisme de protection des conversations remis en cause depuis des années par l'Union européenne, avec le soutien de la France, sous prétexte de lutte contre la criminalité. Preuve des remous causés par l'arrestation, le président Emmanuel Macron s'est senti contraint de préciser lui-même qu'il ne s'agissait pas d'une « décision politique ».
François Manens