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Pressé par une polémique sur les naturopathes, Doctolib montre patte blanche

Photo de François Manens

François Manens

Publié le 26 août 2022 à 07:29 - Mis à jour le 26 août 2022 à 08:35

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Depuis 2016, Doctolib accepte sur sa plateforme de rendez-vous des praticiens de « médecine douce » comme les naturopathes et les sophrologues. Mais suite à une polémique née sur Twitter, la présence de ces professions non-régulées sur la plateforme est remise en cause, tandis que Doctolib est accusé de les promouvoir. Tout en rappelant les garde-fous qu'elle a mis en place et demandant à l'Etat de trancher, la plateforme a annoncé des mesures à court et moyen terme pour tenter de sortir du bourbier.

Encore une polémique à gérer pour Doctolib. Celle-ci a été déclenchée le 19 août, comme le raconte en détails Libération, lorsqu'un utilisateur de Twitter a interpellé l'entreprise sur la présence de naturopathes sur sa plateforme de rendez-vous. Cette pratique, qualifiée de « médecine douce », de « médecine alternative » ou encore de « pseudo-science », est légale, mais n'est pas régulée par l'Etat. Elle fait donc l'objet d'un débat sur son utilité puisqu'il n'existe pas de preuve scientifique de son efficacité, et surtout, elle ne peut être qu'au mieux complémentaire à la médecine.

Dans la foulée, d'autres utilisateurs du réseau social ont déterré les comptes Doctolib de plusieurs professionnels non régulés comme des « iridologues » (qui prétendent lire la santé dans l'iris des yeux), des « thérapeutes quantiques » ou encore des « magnétiseurs ». La plateforme, qui héberge ces praticiens depuis 2016, a décidé de s'exprimer après l'exposition de comptes particulièrement suspects.

Prêt à « balayer devant sa porte », Doctolib a annoncé prendre des mesures à très court terme -notamment de modération et de communication- mais aussi engager des discussions à moyen terme avec les Ordres, les syndicats de professionnels de santé, les autorités, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) et la société civile.

Les praticiens du«bien-être»au cœur de la controverse

Doctolib accepte trois types de praticiens sur sa plateforme :

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  • Les professionnels de santé (médecins, infirmiers, sages-femmes, dentistes...).
  • Les professionnels du médico-social, comme les psychologues, les ostéopathes ou encore les podologues. Ces professions sont réglementées, c'est-à-dire qu'elles sont encadrées par des diplômes reconnus par l'Etat. Ces praticiens sont par ailleurs inscrits au répertoire Adeli, géré par les Agences régionales de santé (ARS).
  • Les professionnels du«bien-être», dont font partie les naturopathes, mais aussi d'autres praticiens comme les sophrologues ou les hypnologues. Cette troisième catégorie pose problème, car elle n'est pas réglementée par l'Etat, bien que légale. Certes, des associations, comme l'Omnes, tentent par exemple de distinguer les«bons»naturopathes des«charlatans»sur des critères comme le nombre d'heures de formation. Mais cette évaluation n'est pas validée par les pouvoirs publics, et n'a donc aucune valeur juridique. En conséquence, Doctolib ne peut que contrôler l'identité des praticiens et n'a pas d'étalon (comme le numéro Adeli ou les diplômes) pour évaluer leur légitimité.

François Manens

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