Née comme un simple outil de Chat pour favoriser la communication des start-ups et des PME, la solution Crisp est très vite devenue une plateforme multicanal où ont embarqué des grands comptes, des médias, des écoles, des mairies, des Ong, des associations d'aides et d'écoute, et même des églises américaines qui ont, depuis le confinement, vu en ce support innovant un providentiel moyen pour recueillir... des confessions. Faut-il y voir une bénédiction ?
En 2020, la jeune start-up nantaise a engrangé 30.000 entreprises supplémentaires par mois. Si les fondateurs de Crips veillent à ne pas dévoiler un chiffre d'affaires qui, selon eux, « en dirait un peu trop sur nos capacités d'investissement », avec 250.000 entreprises clientes, quelques 150 millions d'utilisateurs estimés dans le monde et une croissance de 80% l'an dernier, la start-up ambitionne de devenir « l'Apple de la relation client ».
« Contrairement aux progiciels de communication pour le BtoC, type WhatsApp, Messenger, Instagram... très faciles d'accès, les solutions réservées au monde de l'entreprise étaient très souvent coûteuses, mal faites, peu pratiques, un peu Old school pour les échanges en Btob », expliquent Baptiste Jamin et Valerian Saliou, deux ingénieurs en informatique de l'Enssat (École Nationale Supérieure des Sciences Appliquées et de Technologie) de Lannion, « tombés dans le code assez tôt ». Tous deux ont sévi dans la sphère des geeks avec, pour l'un, la création du système de Chat en Open Source, Jappix, « un genre de Slack avant l'heure », très utilisé par la communauté du logiciel libre et le CERN (Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire). Et, pour l'autre, Randomail, une solution pour créer des alias de mail et éviter les spams. « Des petits succès d'ados » qui ont incité les deux ingénieurs à mêler leurs compétences pour créer Crisp en 2015. Le duo développe une plateforme collaborative où s'interfacent tous les messages en provenance de mail, SMS, Facebook, WhatsApp, Instagram, Twitter, Messenger... Un hub, en somme, qui se greffe à un site internet et centralise tous les messages. « Cela permet aux entreprises d'être beaucoup plus efficaces et d'arrêter de jongler entre dix outils différents», explique Baptiste Jamin. Très vite, la jeune entreprise décroche rapidement 10.000 à 20.000 clients.