DÉCRYPTAGE. Meta AI, l’application concurrente de ChatGPT, intègre un volet « réseau social ». Les utilisateurs peuvent partager leurs expérimentations avec l’IA et s’inspirer de celles des autres. Pour la maison mère de Facebook, l’usage de cette technologie est d’abord récréatif : une nouvelle manière de passer du temps en ligne.Le divertissement sera-t-il la « killer app » de l'IA générative ? Meta semble y croire. La firme de Menlo Park vient de lancer son application autonome Meta AI. L'agent conversationnel, déjà accessible sur Instagram, Facebook et WhatsApp, dispose désormais de sa propre interface, proche, dans son fonctionnement, de ChatGPT. L'utilisateur peut y dialoguer avec un chatbot fondé sur Llama 4, qui retient ses préférences et ses habitudes de conversation, à la manière de ceux d'OpenAI ou de xAI (Grok).
Surtout, Meta a un atout unique : l'entreprise peut, avec l'accord de l'utilisateur, puiser dans les données de ses comptes Instagram ou Facebook. Ce que vous aimez, commentez, vos connaissances ou vos intérêts, servent alors à personnaliser les réponses de Meta AI. Un mode vocal est également proposé, bien qu'il ne soit pas encore disponible dans l'Union européenne.
Mariage entre IA générative et réseau social
La principale nouveauté, toutefois, est le « discovery feed ». Dans cet espace, l'utilisateur peut partager ces créations et explorer ce que d'autres font avec Meta AI : prompts originaux, images générées, conversations audio... Le tout est présenté comme une source d'inspiration et un moyen, « comme sur toutes les plateformes de Meta », de « se connecter avec les choses et les personnes qui vous intéressent », écrit la firme sur son site.
« Cela répond à un besoin des utilisateurs de savoir comment utiliser l'IA, car il y a encore un manque d'acculturation à ces outils », observe Noesing Doeuk, directeur et associé de mc2i, cabinet de conseil en numérique. De fait, ces pratiques existaient déjà : les internautes partagent depuis longtemps des prompts ou des images IA virales sur TikTok, X ou Instagram. Des tendances comme les images inspirées des films Ghibli ou les « starter packs » façon jouets pour enfants, l'illustrent bien. Meta cherche ici à centraliser cette créativité dans son propre écosystème — et, potentiellement, à la monétiser.