Au procès Meta, Mark Zuckerberg veut tourner la page du réseau social
Marine Protais
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Mark Zuckerberg à la sortie du tribunal de Washington, lors du procès de Meta contre la FTC en avril 2025
Reuters
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Mark Zuckerberg à la sortie du tribunal de Washington, lors du procès de Meta contre la FTC en avril 2025
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Une dizaine d'heures à la barre pour Mark Zuckerberg. Le patron de Meta a quitté mercredi 16 avril le tribunal de Washington, où se déroule le procès intenté par la Federal Trade Commission (FTC) contre son entreprise. Pas de révélation explosive lors des premiers jours d'audience, mais plusieurs courriels internes savoureux et échanges révélant les idées parfois farfelues du dirigeant. Surtout, un débat central : que fait vraiment Meta aujourd'hui ? Et qu'est-ce qu'un réseau social ? Car c'est cette définition qui déterminera si les rachats d'Instagram et de WhatsApp étaient légaux, ou s'ils ont permis à Meta d'imposer un monopole.
Pour la FTC, la réponse est claire : Meta domine le marché des réseaux sociaux dits « personnels », ceux qui permettent de se connecter à ses proches. Après tout, cela a longtemps été le slogan sur la page d'accueil de la plateforme : « Facebook vous aide à vous connecter et à partager avec les personnes qui font partie de votre vie. » Et sur ce terrain, seul Snapchat représente encore un rival crédible, avance la FTC. Cette définition exclut TikTok, considéré comme une plateforme de divertissement vidéo à la YouTube. Exit aussi X (ex-Twitter) ou LinkedIn, davantage tournés vers l'actualité ou le monde professionnel.
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Mark Zuckerberg — sans mettre de mot exact sur son marché — défend une lecture bien plus large de la concurrence. Une vision, selon lui, indispensable pour résister. « Seuls les paranoïaques survivent », a-t-il répondu à ses avocats qui l'interrogeaient. Son angoisse de se faire doubler l'aurait mené à certaines idées « folles », comme de songer à effacer régulièrement tous les amis Facebook des utilisateurs pour les inciter à tout recommencer de zéro, a-t-il glissé. Parmi ses principales sources d'inquiétude : LinkedIn, YouTube, iMessage... et TikTok, dont la montée en puissance aurait « considérablement ralenti » la croissance d'Instagram. En réponse, Meta a lancé Reels, une fonctionnalité directement inspirée de TikTok. Pour appuyer ce point, l'avocat principal de Meta, Mark Hansen, a même montré des captures d'écran des deux services, rapporte le Washington Post. « Je ne peux pas faire la différence », a-t-il affirmé, avant de rappeler que l'argument central de la FTC est au contraire de prétendre qu'Instagram ne serait pas un concurrent direct de TikTok.
Marine Protais