Plus de 68.000 travailleurs de la tech ont perdu leur emploi depuis le 1er janvier. Les géants du secteur, à commencer par les Gafam (Google, Microsoft, Amazon, Meta), taillent dans leurs effectifs alors qu'ils affichent d'excellents niveaux de rentabilité en parallèle. Mais après deux années de Covid marquées par une euphorie du secteur, le ralentissement de la croissance les pousse à couper les coûts pour conserver leurs marges et envoyer un signal favorable aux marchés.Une hécatombe. Le début d'année 2023 de la tech est marqué par les licenciements massifs, à l'approche de l'annonce des résultats financiers du quatrième trimestre de 2022. Le phénomène est tel qu'un entrepreneur californien a lancé Layoffs.fyi, un site de suivi de différentes annonces de plans sociaux. Bilan : plus de 210 entreprises ont taillé dans leurs effectifs depuis le 1er janvier, et plus de 68.000 personnes ont été touchées, majoritairement aux Etats-Unis. Une première vague similaire avait touché le secteur en novembre, juste après les résultats financiers du troisième trimestre, avec plus de 90.000 départs forcés.
Parmi les causes des licenciements se trouve l'effondrement des valeurs tech en 2022, pour certaines de plus de 60%, après deux années de Covid marquées par une euphorie exceptionnelle des marchés. La faute à des conditions macro-économiques et géopolitiques défavorables qui ont causé la crise des matières premières, la chute du marché de la publicité ou encore l'inflation rampante. Mais le début d'année 2023 marque déjà un léger rebond pour la tech. « Le marché a bien corrigé les valeurs des entreprises tech l'année dernière, et il est plutôt indulgent cette année. Pour l'instant, les entreprises qui annoncent des résultats et des projections en dessous des attentes sont très peu sanctionnées », analyse pour La Tribune Jacques-Aurélien Marcireau Co-head of Equities chez Edmond de Rothschild. Alors pourquoi les géants de la tech continuent-ils de tailler dans leurs effectifs ?
Compenser la chute de croissance
Chez les Gafam, Amazon, Microsoft et Google ont annoncé le licenciement de 8.000, 10.000 et 12.000 employés, respectivement, soit 2%, 5% et 6% de leurs effectifs respectifs. Meta avait déjà coupé plus de 10.000 emplois à la fin de l'année dernière. Ces licenciements touchent des employés cadres, hautement qualifiés, pour l'écrasante majorité en poste aux Etats-Unis. Salesforce a quant à lui coupé 8.000 employés (10% de ses effectifs), IBM a fermé 3.900 postes (2%) et SAP a licencié 3.000 personnes. Autrement dit, aucune des figures de la tech ne semble épargné par la tendance.